Finale du Top 14 | Stade toulousain-UBB : Quid de Toulouse sans Dupont ? On va être fixé pour de bon

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Toulouse doit faire sans Antoine Dupont en cette fin de saison. Ugo Mola n'a pas caché ses craintes à ce sujet en avril, opérant une analogie avec le ballon rond. Depuis, les Toulousains ont échoué en demi-finale de Champions Cup et se sont qualifiés pour le dernier acte national. Face à l'UBB samedi au Stade de France (21h05), l'intérim de Graou passera au révélateur ultime : la finale du Top 14.

Paul Graou (Toulouse) face à l'UBB en Champions Cup en 2025

Crédit: Getty Images

On parie qu'Ugo Mola avait potassé sa formule. "Je ne sais pas ce que serait devenu Aimé Jacquet sans Zinedine Zidane. Je ne sais pas trop ce que je vais devenir sans Antoine Dupont", avait déclaré le coach du Stade toulousain début avril. Il se savait alors privé de son incontournable n°9 – blessé au genou droit face à l'Irlande lors du Tournoi – pour les phases finales de Champions Cup et de Top 14. "On a souvent gagné avec le meilleur joueur du monde, avait-il poursuivi. Peut-être qu'on perdra sans lui, mais peut-être que d'autres joueurs se révèleront, notamment en termes de leadership."
Deux mois et demi plus tard, l'heure du bilan approche. En Champions Cup, Toulouse a atteint le dernier carré, remportant notamment un quart de finale serré sur la pelouse du RCT (18-21). Mais le champion sortant y a surtout été blackboulé par l'Union Bordeaux Bègles, qui espère s'imposer comme le nouveau chérif à l'échelle de l'Hexagone, comme les Girondins l'ont fait sur la scène (inter)continentale. Samedi au Stade de France (21h05), Mola et les siens voudront endiguer cette révolution. Pour cela, ils devront faire sans Peato Mauvaka, Alexandre Roumat, Ange Capuozzo... et, donc, Antoine Dupont.
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Antoine Dupont et Zinedine Zidane

Crédit: Eurosport

Le match que fait Paul [Graou], si c'est Antoine [Dupont] qui le fait, c'est lui qui a le trophée
Quantifier l'impact de l'absence de la star du rugby tricolore, voire mondial, est difficile, tant "Toto" a peu joué cette saison avec Toulouse (7 victoires en 7 matches avec lui, 18 succès, un nul et 8 défaites sans lui). D'autant plus que son aura échappe à toute statistique et que les rencontres dites "couperet" n'ont pas la même teneur que la plupart des joutes de phase régulière. On peut, tout de même, s'aventurer à estimer que faire sans Dupont représente le principal défi de cette armada amoindrie pour la finale du Top 14.
Le forfait de Mauvaka est préjudiciable, mais le Stade toulousain a le luxe d'avoir, en Julien Marchand, un autre membre du gratin planétaire des talonneurs. En outre, la profondeur de l'effectif haut-garonnais à ce poste est remarquable. En troisième ligne, Roumat est un élément important sans pour autant être indiscutable dans le XV de départ. Quant à Capuozzo : ne pas l'aligner n'empêche pas la "ville rose" de s'appuyer sur un triangle arrière reluisant (Mallia-Ramos-Kinghorn). A la mêlée, la montée en grade de Paul Graou s'accompagne de moins de certitudes. Ce n'est pas lui faire injure que de constater que l'écart entre le titulaire patenté et son remplaçant est plus frappant.
En demi-finale contre Bayonne (32-25), Graou a réalisé "une performance XXL", selon son coach en conférence de presse. "Certes, Thomas [Ramos, crédité du titre honorifique d'homme du match, ndlr] fait 100% au pied, mais le match que fait Paul [Graou], si c'est Antoine [Dupont] qui le fait, c'est lui qui a le trophée", a considéré Mola, comme rapporté par Quinze Mondial. Face aux Basques, le demi de mêlée toulousain a inscrit un essai, mais il a aussi, par exemple, envoyé le ballon directement en touche, juste avant la pause, tentant une passe au pied hasardeuse à cinq mètres de la terre promise.
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Video credit: Eurosport

Plus de responsabilités offensives pour Ntamack ? 

"Franchement, Paul [Graou] et Romain [Ntamack], depuis quelques semaines, ils ramassent fort…" a aussi dit Ugo Mola, dans ce que l'on pourrait interpréter comme un aveu. Celui de la nécessité de "défendre" une charnière qui n'aurait pas besoin du moindre soutien si elle marchait sur l'eau. Cela illustre un problème intimement lié à l'absence du capitaine du XV de France. Ce dernier prend une place prépondérante dans l'animation, réduisant les responsabilités de son ouvreur, en termes de conduite du jeu. Graou, certes pas avare en fulgurances, n'est pas en mesure d'assumer le poids d'une rencontre autant que Dupont n'a l'habitude de le faire.
Dans ce contexte, le retour d'un Ntamack en cannes et tranchant offensivement ne serait pas de trop, pour contrarier l'excellente dynamique de l'UBB. Or, le n°10 de 26 ans compose avec un genou récalcitrant. "Tout au long de la saison, ça m'a marqué mentalement. Je n'arrivais pas, physiquement, à trouver le rythme", a-t-il déploré en zone mixte après la demie. Et l'international français (40 sélections) de rassurer, timidement : "Je me sens plutôt bien, l'infiltration fait plutôt effet, donc ça ne m'embête pas trop. Il reste un dernier match, je vais serrer les dents et je me ferai opérer après." Le sourire aux lèvres ou le moral dans les chaussettes ? Réponse samedi soir.
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