"C'est quelque chose d'exceptionnel, il faut en être conscient" : Toulouse, une raclée pour "se rassurer"

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Alors que ses récentes performances pouvaient laisser planer l'ombre d'un doute, le Stade Toulousain a répondu de la plus belle des manières en infligeant un très lourd 71-17 au Racing 92. En demi-finales du Top 14. Au Vélodrome. Un carton pour "se rassurer", dixit Teddy Thomas, et pour envoyer un message. Toulouse est là, et bien là. Malheur à qui s'y frottera. 

Romain Ntamack.

Crédit: Getty Images

D'aucuns les ont dit "prenables". Ils ont répondu par une raclée. Au Vélodrome, le Stade Toulousain n'a fait qu'une bouchée du Racing 92. Le costume des très grands soirs, trop souvent resté au placard en cette fin de saison contrastée. Dix essais toulousains, contre deux anecdotiques pour le Racing en fin de rencontre. Domination incontestée. Symbiose retrouvée, à l'image du retour à la compétition réussi d'Antoine Dupont (un essai). Message envoyé. À huit jours d'une finale qui opposera ce Toulouse-ci, sans doute, à Montpellier ou au Stade français.
Si c'est bien ce Toulouse-là, celui qui roule, qui déroule et qui écrase, qui foulera le pré du Stade de France, malheur à son futur adversaire. Le Racing en a fait les frais. Rien qu'à la mi-temps, le demi d'ouverture Antoine Gibert annonçait qu'il faudrait "faire le contraire de la première mi-temps, c'était catastrophique, franchement je n'ai rien à dire". Toulouse menait alors 38-3. 
Il n'y a pas d'excuses
Cinquante-cinq minutes plus tard, son coéquipier Maxime Baudonne ne trouvait "pas d'excuses" à la défaite des siens. 71-17. En demi-finale du championnat de France. Au Vélodrome. "Je pense qu'il n'y a pas d'excuses, que ce soit nous, eux, la fatigue… Pas d'excuses, retenait-il, dépité, au micro de Canal+. Quand on propose une performance comme ça en demi-finales, je ne pense pas que l'on puisse se trouver d'excuses. On ne peut se cacher derrière rien aujourd'hui. Individuellement on n'a pas été à la hauteur, collectivement non plus. Il n'y a rien qui excuse cela. On est très déçus aujourd'hui."
Elle n'aura pas tardé à se dessiner, la déroute marseillaise des Racingmens. Après la première pénalité de la rencontre, signée Gibert, les Ciel et Blanc n'ont plus inscrit le moindre point 67 minutes durant. Jusqu'à ce que Toulouse relâche un peu son étreinte. Neuf essais étaient déjà passés par là. Le dixième, de Capuozzo, est venu ensuite. 
"Il faut reconnaitre la supériorité du Stade toulousain aujourd'hui, admettait après le match Patrice Collazo, le manager du Racing. Sur la maitrise de l'évènement, l'approche, la manière de poser une empreinte sur le match, ils nous ont pris dès les premières minutes. On ne peut pas avoir de la déception quand on perd contre plus fort. Cette saison, quand on a perdu, on a toujours existé, rivalisé. Ce soir, on n'a pas pu. On n'a rien enclenché de positif. Notre projet était collectif et ce soir, le collectif du Racing n'a pas su rentrer dans ce match. Et Toulouse a tout bien fait pour nous laisser en dehors."

Montpellier ou le Stade français pourra trembler

Le plan toulousain était de "mettre de l'intensité", dixit Julien Marchand. Euphémisme. Toulouse a fait "des choses incroyables", comme l'a dit Ugo Mola à ses joueurs après le coup de sifflet final. Teddy Thomas était aux anges. "Fier de notre rugby, a-t-il dit, de notre discipline, de notre envie de ne rien lâcher. Le score a été fait rapidement, mais on voulait continuer à produire notre rugby et à se rassurer entre nous." 
Se "rassurer", parce qu'il y avait comme un doute, oui, avant la rencontre. Depuis, notamment, la récente défaite toulousaine face au… Racing. En toute fin de saison régulière (20-31, le 6 juin dernier). C'est un autre Toulouse, digne triple champion en titre, qui était de sortie vendredi. "Ce match de ce soir, c'est en effet quelque chose d'exceptionnel, il faut en être conscient, a précisé Thomas. Mais la semaine prochaine, ce sera un tout autre match et on ne pourra pas, je pense, faire la même chose que ce soir." Si ce même Toulouse est de sortie, gare au futur prétendant. Ce sera Montpellier ou le Stade français, qui s'affrontent samedi soir pour aller défier l'ogre. Que l'on disait malade. Qui ne l'est plus du tout. Sauf d'une indigestion d'essais, peut-être. À la bonne heure.
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