Top 14 | A Toulouse, la data "au service du rugby"

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Armé de ses internationaux, son palmarès et son savoir-faire en phase finale au moment de défier le Racing 92 en demie vendredi (21h05), le Stade toulousain peut également compter sur son utilisation de la data, mise "au service du rugby" pour travailler et sans cesse "se remettre en question".

Naoto Saito lors de Racing 92 - Toulouse en Top 14, le 6 juin 2026

Crédit: Getty Images

Armé de ses internationaux, son palmarès et son savoir-faire en phase finale au moment de défier le Racing 92 en demie vendredi (21h05), le Stade toulousain peut également compter sur son utilisation de la data, mise "au service du rugby" pour travailler et sans cesse "se remettre en question". Mètres parcourus, plaquages réussis ou ratés, mètres gagnés au pied : "L'idée, ce n'est pas de faire du chiffre pour faire du chiffre", assène Saad Drissi, le responsable datas du club rouge et noir.
Le triple champion de France en titre a, depuis plus de dix ans, une cellule en charge du travail sur les données générées tout au long de la saison, en match comme à l'entraînement.
Arrivé au club en 2004, d'abord dans la préparation physique, Saad Drissi a connu toutes les phases de la montée en puissance de ces datas, d'abord établies manuellement, puis peu à peu automatisées, notamment grâce à l'arrivée des GPS dans les équipements des joueurs, jusqu'à l'usage de l'intelligence artificielle aujourd'hui répandu.

Méthodologies

"Peu importe les évolutions qu'il y a eu, il y a toujours des choses à faire évoluer, c'est un petit peu notre façon de faire au Stade : il y a la data comme outil d'aide à la décision et la data comme outil de remise en question", explique-t-il à l'AFP. "On a fait évoluer le process en fonction de l'évolution du jeu tout simplement, en fonction des technologies aussi, parce qu'on a vraiment de plus en plus d'outils qui génèrent de la donnée", juge-t-il.
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Antoine Dupont lors de Toulouse - Racing 92 en Top 14, le 29 novembre 2025

Crédit: Getty Images

Ces chiffres, qui concernent absolument tous les domaines de la vie de l'équipe première, mais aussi de l'équipe féminine et de certaines équipes de jeunes, permettent d'affiner les connaissances sur les secteurs physiques, médicaux, tactiques, techniques...
Le tout en gardant à l'esprit qu'ils doivent être clairs et significatifs pour être mis "au service du rugby". "Je suis d'abord issu du terrain, je ne suis pas mathématicien ou chercheur, donc on essaye de se servir des méthodologies statistiques, mathématiques, qu'on peut retrouver dans le monde de la recherche pour répondre à des besoins de terrain en étant pragmatique, pour que ça apporte de la précision et de la clarté aux coachs et aux personnes qui sont dans le staff", développe Saad Drissi.
Les entraîneurs, justement, profitent des rapports rendus par la cellule data, composée de trois personnes, dont Virgile Lacombe, en charge des avants dans le staff d'Ugo Mola.
une ouverture d'esprit pour continuer à innover
"Je m'en sers beaucoup sur le travail qui est en lien avec les joueurs du cinq de devant essentiellement, notamment en terme d'activité et de répétition des tâches", estime l'ancien talonneur, évoquant des "indicateurs de performance précieux".
"C'est quelque chose qui m'a aidé et qui m'a permis de construire des séances d'entraînement pour différents panels de joueurs : ceux qui jouent moins, ceux qui ont des besoins particuliers, cela permet de mieux cibler les individus par rapport à ce dont ils ont besoin en vue du match du week-end", ajoute Lacombe.
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Pita Ahki lors de Toulous - Racing 92 en Top 14, le 29 novembre 2025

Crédit: Getty Images

L'interprétation des chiffres faite par le staff est centrale dans l'utilisation des données selon Saad Drissi : "les coachs font des retours data parce qu'il faut beaucoup contextualiser, ce n'est pas parce qu'un joueur a fait six passes ou dix plaquages que forcément les six passes sont efficaces".
À mi-chemin entre l'entraîneur et le scientifique, il prône "une ouverture d'esprit pour continuer à innover" et profite du riche environnement toulousain, stimulé par un secteur aéronautique omniprésent, pour aller piocher des méthodologies qu'il transpose ensuite au monde du rugby.
"On échange beaucoup avec de gros partenaires technologiques, on a des conventions avec les universités pour le côté recherche, on échange avec des géants de la tech et avec des labos de recherche, que ce soit de la physio, de la biomécanique, de la physique, de la médecine...", mais aussi avec le Toulouse FC, où la data a été érigée comme marque de fabrique.
Avec, au final, une seule ligne de données dans le viseur : celle ajoutée au palmarès en fin de saison.
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