Top 14 - Castres n'a pas oublié les années Dupont (Toulouse) : "Il était prédestiné à être le meilleur joueur du monde"

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L'un des chocs de la 21e journée de Top 14 aura lieu samedi soir au stade Pierre-Fabre entre Castres et le Stade Toulousain. Cette rencontre sera particulière pour Antoine Dupont, qui a porté les couleurs du club tarnais entre 2014 et 2017. Pour Eurosport, Rodrigo Capo Ortega, Julien Seron et Frédéric Charrier font revivre de l'intérieur les années castraises de l'actuel capitaine des Bleus.

Lafond : "On sort de ce Tournoi avec plus de doutes que de certitudes"

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Les années passent mais les souvenirs restent intacts. Pour le Castres Olympique (huitième), la réception du Stade Toulousain (premier) samedi soir sera synonyme de gros choc en Top 14 dans la course pour les phases finales. Mais cette rencontre sera aussi spéciale pour les supporters du stade Pierre-Fabre. Car ce sera le retour aux sources d'Antoine Dupont, ancienne jeune pépite du club tarnais devenue star mondiale de l'ovalie.
Entre 2014 et 2017, le demi de mêlée, aujourd'hui âgé de 29 ans, a porté les couleurs castraises à l'occasion de 62 matches toutes compétitions confondues. Avant d'être élu révélation lors de la nuit du rugby il y a neuf ans et de partir dans la foulée à Toulouse, l'actuel capitaine de l'équipe de France a exposé son talent avec les Bleu et Blanc.
Aujourd'hui chargé des relations publiques au Castres Olympique, Rodrigo Capo Ortega ne va pas bouder son plaisir lorsqu'il croisera son ex-coéquipier. "On garde de très bons souvenirs d'Antoine ici, nous confie l'ancien international uruguayen. Il n'a pas changé. Il se comporte de la même façon que lorsqu'il était à Castres et n'oublie pas d'où il vient. Malgré sa notoriété, c'est quelqu'un qui est resté toujours très simple et ancré avec ses valeurs. Je pense que c'est lié à l'éducation de sa famille qui a toujours été proche de lui." 
Je garde le souvenir d'un gamin pétillant qui avait envie de réussir
L'ex-demi de mêlée Julien Seron, passé par Castres entre 2015 et 2017, le rejoint. "Je garde le souvenir d'un gamin pétillant qui avait envie de réussir. Dix ans après, je ne suis pas surpris de sa réussite. Sa force de caractère lui a permis de devenir ce qu'il est car il n'a pas été épargné par les blessures", nous glisse l'actuel entraîneur de Narbonne.
Avant les performances du joueur sur le rectangle vert, c'est avant tout l'homme qui a marqué les esprits. "Très sérieux", "réservé", "timide", "humble", "respectueux" et "travailleur" : ces mots reviennent en boucle en interrogeant ceux qui ont croisé la route de l'actuel numéro 9 de Toulouse lors de la précédente décennie. "Antoine était coquin quand même, ajoute avec le sourire Julien Seron. Il était capable de déconner. Mais en général, il était calme et ne se mettait pas beaucoup en avant. Il est devenu un leader par les performances qu'il a eues au fur et à mesure des années."
Pour parler du joueur de rugby, là aussi les éloges tombent en rafales. "Il avait déjà cette vision du jeu et sur le plan physique, par rapport à son âge, il était différent", note Rodrigo Capo Ortega. "Il faisait partie des jeunes joueurs à fort potentiel sur lequel on avait beaucoup d'espoirs, enchaîne Frédéric Charrier, l'ancien entraîneur des 3/4 de Castres, désormais à Clermont depuis 2023. Il a commencé à enchaîner pendant la période de la Coupe du monde 2015 quand Rory Kockott a été sélectionné. Après, il devait progresser dans sa relation avec les avants. Comme c'était quelqu'un de très introverti, il ne les haranguait pas assez. Organiser le jeu, ce n'était pas encore naturel chez lui. C'est un secteur sur lequel on lui avait demandé de travailler. Depuis ses années castraises, il a énormément évolué là-dessus."
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"Il y avait le dimanche des Rameaux, il y a le samedi du Ramos"

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La capacité de l'actuel quintuple champion de France, également capable d'évoluer à l'ouverture ('un jour, le coach l'a mis à ce poste contre Oyonnax et il a été le meilleur. C'est un joueur qui pue vraiment le rugby, il est capable d'être bon à n'importe quel poste. Arrière, centre ou ailier, il se débrouillerait', dixit Frédéric Charrier), à ne pas se cacher l'avait particulièrement marqué. Le coach de 48 ans glisse une anecdote pour illustrer son propos : "A l'occasion de son dernier match avec Castres (quart de finale de barrage à Toulon, 26-22), il était remplaçant. Je lui avais dit : 'tu vas rentrer en fin de rencontre, les adversaires vont te surveiller, ils savent que tu vas prendre des initiatives. Donc fais-toi oublier quand tu rentres. Tu auras deux ou trois situations ensuite pour faire basculer la fin du match. Je n'oublierai jamais son premier ballon car le naturel est revenu au galop : il a pris directement l'initiative, s'est fait attraper autour d'un ruck et s'est fait tordre la cheville."
A Castres, on voulait construire autour de lui dans les années futures
La "puissance physique" du natif de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) a beaucoup "impressionné" Julien Seron. "Ce qui était choquant et éloquent, c'était sa capacité à battre des défenseurs, se remémore-t-il. À 18 ans, il était déjà prêt." Il est difficile de prédire l'avenir mais l'actuel coach narbonnais voyait déjà un avenir doré pour Antoine Dupont. "Pour moi, il était déjà prédestiné à être le meilleur joueur du monde, confie-t-il. À son âge, il n'était pas le meilleur demi de mêlée du monde mais c'était le seul au monde à faire des choses à son poste avec cette capacité à gagner des duels, casser des plaquages, à se sortir de situations complètement cadenassées. Avec le talent, il a développé son QI rugby qui était déjà très élevé. Tout ça, c'était édifiant."
Le souvenir de ses années castraires sont aussi liées à l'année 2017, celle de son départ pour Toulouse. Frédéric Charrier encore. "A Castres, on voulait construire autour de lui dans les années futures. Forcément, il s'est posé beaucoup de questions parce qu'il sentait qu'il y avait un nouveau projet. D'ailleurs, on a été champions en 2018. Après, le destin lui a montré qu'il avait bien fait de partir à Toulouse. Il a complètement explosé et a remporté beaucoup de titres." Le voilà désormais en course pour une sixième couronne nationale. Avant de viser le Graal mondial un an plus tard en Australie.
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