Remplacements, temps pour les buteurs, arbitrage video : les nouveautés du Top 14

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Passage de douze à huit remplacements par match, 45 secondes et non plus une minute pour les buteurs, et arbitrage vidéo facilité, via un prestataire extérieur : pour ce millésime 2026-2027, le Top 14 innove pour accélérer le jeu. Tour d'horizon.

L’arbitre français Luc Ramos fait un geste lors de la finale du Top 14 entre le Stade Toulousain (Toulouse) et Montpellier Hérault Rugby (MHR), au Stade de France à Saint-Denis, le 27 juin 2026.

Crédit: Getty Images

De 12 à 8 remplacements par équipe

Terminée la valse des remplacements dans les dernières minutes. Le Top 14 se met à l'heure internationale, avec huit changements par équipe, autant que le nombre de joueurs sur le banc, contre douze depuis huit saisons.
Et un joueur sorti ne pourra plus revenir, excepté pour les premières lignes et dans les cas de commotion ou de saignement. La réforme rendra intelligible les fiches techniques mais va surtout profondément modifier le coaching.
"Il faut des joueurs plus polyvalents, et que les joueurs soient en capacité de tenir plus longtemps, donc ça change la donne", a commenté Xavier Sadourny, manager de Castres, auprès de l'AFP. "C'est sûr que ça aura un impact, notamment sur les 20 ou les 30 dernières minutes, où on faisait rentrer tout le monde et c'était presque un nouveau match".
Fini aussi le côté "stratégique du banc à douze, où on pouvait faire rentrer des profils complètement différents. Là, il va falloir de vrais athlètes capables de tenir 80 minutes".
"C'est pourquoi nous avons mis le focus sur 'le fitness' dans notre présaison", a confirmé à l'AFP le manager du Stade français, Paul Gustard: "Maintenant les entrants devront tenir 50 ou 60 minutes, la condition physique va être très importante. Et il faudra davantage de joueurs polyvalents", comme Tani Vili par exemple, alternativement centre ou flanker depuis la saison dernière. "C'est la nouvelle norme dans le rugby", insiste-t-il, prévoyant des bancs en 4-4, "pour pouvoir changer plus de trois-quarts et garder de la vitesse".

Vers un arbitrage vidéo autonome

Via la société Vogo, les arbitres vidéos devraient prochainement avoir la maîtrise du flux des images des matches. Cela permettra "un contrôle en off, pour nous éviter des appels vidéos inutiles", a expliqué Mathieu Raynal, patron des arbitres français, lundi, lors de la conférence de rentrée du Top 14, en annonçant cet "arbitrage vidéo autonome".
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"Gailleton est le cocu de l'histoire"

Video credit: Eurosport

"Quand cet outil sera maitrisé, il nous permettra de gagner cette minute 50 qu'on perdait en moyenne pour un appel vidéo officiel. Et de pouvoir contrôler toutes les images et décider en amont quel angle de caméra on montre à l'arbitre, pour décider plus vite. On peut espérer qu'on aura moins d'appels vidéo, et qu'ils seront plus courts".
"Cette réforme, ajoutée à l'abandon des douze changements, qui cassaient le rythme des matches, (...) c'est une somme de petites choses, mais les deux minutes d'écart de temps de jeu effectif (avec le niveau international), on va les retrouver en faisant ces modifications. Et cela évitera d'avoir les deuxièmes mi-temps les plus longues au monde avec le temps de jeu effectif le plus faible au monde."

Les buteurs sous pression du chronomètre

Passé de 90 à 60 secondes en 2023, le temps offert aux buteurs va encore diminuer, à 45 secondes, dans le cadre d'une expérimentation accordée par World Rugby. Pour une pénalité, le compteur débute au moment où le capitaine décide de tenter les trois points ; pour un essai quand l'action est validée par l'arbitre.
Sous pression, les buteurs vont devoir s'adapter. Comme Louis Carbonel, dont la pénalité avait été annulée pour dépassement du temps en 2020 à l'UBB, alors qu'il portait les couleurs de Toulon, ou qui n'avait même pas pu tenter sa transformation contre La Rochelle à la 36e minute en barrage la saison passée.
"C'est certain que 45 secondes sur une transformation ça peut être court", a commenté pour l'AFP Jonathan Wisniewski, ex-buteur du Racing 92, de Grenoble ou du LOU, désormais directeur sportif de Valence-Romans en Pro D2 et consultant Canal +. "Ce sera une habitude à prendre, pour le porteur de tee, d'arriver vite et avec un ballon. Et pour certains buteurs qui ont des routines un peu longues, il va peut-être falloir les revoir".
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