Top 14 - Le Stade Toulousain champion pour la quatrième fois d'affilée : L'extraordinaire banalisé
Eurosport sur GoogleVainqueur de la finale du Top 14 à l'expérience face à une équipe montpellieraine vaillante mais pas assez tueuse (28-20), le Stade Toulousain a encore agrandi son armoire à trophées en remportant son 25e titre national, le quatrième de rang. Au coup de sifflet final, l'effusion de joie fut limitée. La force de l'habitude ne doit pas masquer l'extraordinaire.
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Antoine Dupont l'a dit sans amertume ni regret. Sa troupe n'avait pas été brillante mais elle a, comme toujours, terminé gagnante. Histoire d'entrer encore un peu dans l'histoire du rugby et du sport français en général. Pourtant, sur la pelouse, l'effusion de joie fut limitée. Et, en tribunes, ce fut presque poli. "Il y avait plus d'ambiance il y a quelques années mais nous on le prend comme si c'était le premier", s'est marré le demi de mêlée star sur France 2.
Il a raison. Ce Bouclier de Brennus, le quatrième de rang, ne sera pas le plus fêté de l'histoire de Toulouse. La force de l'habitude, évidemment. Mais surtout pas de lassitude, contrairement à ce que la saison toulousaine pouvait parfois dessiner. Inlassablement, tous les héros du soir ont répété leur fierté de faire partie de cette histoire.
"Personne n'est blasé, au contraire, on vit des moments incroyables, a ainsi appuyé Julien Marchand sur Canal +. On a des mecs incroyables, même ceux qui ne sont pas sur le terrain. Il y a une forte émotion, surtout avec nos familles en tribunes. Montpellier a été très fort avec son pack d'avants, il a fallu que tout le monde tienne bon. On a déjà perdu des matches comme ceux-là cette saison." La précision mérite d'être faite : oui, Toulouse a parfois décroché cette saison, laissant filer des points imprévus avec des cadres, dont Dupont, pas toujours au niveau.
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Toulouse règne sans partage sur le Top 14
Crédit: Getty Images
On n'écoutait pas trop ce qu'il se disait autour
Mais tout ceci n'était qu'une étape du processus. Ce qui compte, c'est la finalité. "Ça [les critiques, NDLR] nous a nourri, a avoué le héros Peato Mauvaka, auteur de deux essais dans cette finale. On savait qu'on était haut dans le classement, qu'on pouvait regénérer nos mecs et prendre du temps pour nous. On n'écoutait pas trop ce qu'il se disait autour." Ils ont bien fait.
Quand fut venu le temps de faire la différence, Toulouse est redevenu ce monstre au sang froid effrayant et à la maestria hallucinante, comme lors de cette demi-finale féerique face au Racing (71-17). Ce samedi, ce ne fut pas du rugby champagne mais dans la gestion des temps forts, et encore plus dans les faibles, Toulouse fut intouchable d'efficacité.
C'est là que sa présence répétée en finale prend tout son sens. Ces détails qui n'en sont pas ont fait basculer la finale du bon côté. "L'expérience sert toujours quand ça devient serré, a expliqué Dupont. C'est une belle équipe qui n'était pas là par hasard et a mis plus d'envie et de motivation que nous sur la deuxième mi-temps. Nous, on a voulu gérer, mais parfois un peu trop en oubliant de jouer au rugby, tout simplement. On s'est fait peur, mais on a été très solidaires" Ce fut une erreur, sans conséquence.
Toulouse, c'est encore autre chose
Au moment de soulever le Brennus, certains Toulousains arboraient ainsi leur casquette "Back 4 Back", comme pour souligner un peu plus la folie de cette série. Dans une saison où ils ont signé le record d'essais et le record de points, les Toulousains ont su garder leur identité première : la gagne.
"Honnêtement, il faut mesurer la chance qu'on a d'être ici tous les ans et de gagner ce trophée quatre années d'affilée, a noté un Dupont soudainement solennel. On ne se rend pas trop compte de ce qu'on a fait aujourd'hui et ça nous motive pour les saisons prochaines. On ne fait pas le match de l'année mais on s'en fout, c'est un Bouclier de plus, ça marque notre génération dans le club et dans le rugby français."
La génération Dupont se fait une place au soleil en égalant notamment le Toulouse des années 90, référence d'un autre temps, surtout dans un rugby en pleine accélération professionnelle depuis. L'UBB, La Rochelle, Montpellier : tout le monde est plus fort ? Oui, c'est vrai. Mais Toulouse, c'est encore autre chose. Une forme d'extraordinaire normalisé.
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Mauvaka célèbre son essai en finale face à Montpellier
Crédit: Getty Images
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Stade Toulousain
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