JO Milan-Cortina 2026 I Un père en larmes et une "honte" : Vladislav Heraskevych, la disqualification qui ne passe pas

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La disqualification aux Jeux Olympiques de l'athlète ukrainien Vladislav Heraskevych pour port d'un casque honorant ses confrères tués lors de l'invasion russe est une "honte" pour le Comité international olympique, a lancé jeudi le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga. Le porte-drapeau de son pays, lui, ne regrette pas sa décision. Son père est apparu dévasté.

Coventry très touchée par l'exclusion de Heraskevych

Video credit: Eurosport

Le porte-drapeau ukrainien Vladislav Heraskevych, engagé en skeleton avec une chance réelle de médaille, devait s'élancer à partir de 9h30 sur la piste de Cortina. Mais, malgré des pourparlers jusqu'à la dernière minute, il a finalement été disqualifié par le CIO.
En cause, sa ferme intention, malgré l'opposition de l'instance olympique, de porter un casque honorant plusieurs coéquipiers tués lors du conflit avec la Russie, comme il l'avait fait lundi lors des premiers entraînements. Le CIO, soucieux de maintenir une neutralité politique "conforme à la règlementation", lui avait proposé de porter un brassard noir à la place de ce casque. En vain.
Le CIO a disqualifié sa propre réputation
"C'est le prix de notre dignité", a réagi sur X après sa disqualification Vladyslav Heraskevych, 27 ans, qui a reçu le soutien du président ukrainien Volodymyr Zelensky. "C'est une honte" pour le Comité international olympique, a lancé jeudi le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga.
"Le CIO n'a pas seulement disqualifié l'athlète ukrainien, il a disqualifié sa propre réputation. Les générations futures s'en souviendront comme d'un moment de honte", a-t-il ajouté sur les réseaux sociaux. Le père de l'athlète ukrainien, dévasté, n'a pu retenir ses larmes au moment d'apprendre la disqualification de son fils.
Il s'agit d'une mauvaise interprétation de la part du Comité international olympique
"Je crois toujours que je n'ai enfreint aucune règle", s'est défendu l'Ukrainien, pour qui sa disqualification. "Depuis le début, je crois vraiment qu'il s'agit d'une mauvaise interprétation de la part du Comité international olympique de son règlement, c'est complétement erroné de prendre cette décision aujourd'hui (jeudi)", a-t-il déclaré devant des journalistes en marge des épreuves de skeleton.

La colère de Volodymyr Zelensky

"Le sport ne rime pas avec amnésie. Le mouvement olympique doit contribuer à mettre fin aux guerres, non pas faire le jeu des agresseurs. Malheureusement, la décision du Comité international olympique de disqualifier le skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych dit le contraire", a pour sa part réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur X.
"Je remercie notre athlète pour sa position claire. Son casque parle d'honneur et de commémoration. C'est un rappel au monde entier de ce qu'est l'agression russe et du prix du combat pour l'indépendance. En cela, aucune règle n'a été violée", a appuyé Zelensky, qui rappelle que 660 athlètes et coaches ukrainiens ont été tués depuis le début de l'invasion russe, en février 2022.

Et maintenant, le TAS saisi ?

Heraskevych s’était entretenu ce matin avec la présidente du CIO, Kirsty Coventry, qui a essayé de le faire changer d'avis. Après sa discussion avec le natif de Kiev, la patronne du sport mondial a quitté en larmes la piste de bobsleigh. "En Ukraine en ce moment, il y a aussi beaucoup de larmes (...) Je veux la remercier pour ces mots gentils mais comme je lui ai dit, cette situation va dans le sens de la propagande russe, et ce n'est pas bien", a regretté l’athlète de 27 ans.
"Des athlètes presque dans le même cas ont été traités différemment et n'ont pas été sanctionnés. Par exemple, lors des épreuves de snowboard, un athlète a arboré un drapeau russe, selon la réglementation du CIO, le drapeau russe est interdit, mais cet athlète n'a pas été sanctionné", a-t-il poursuivi.
On peut le considérer comme une forme de discrimination
Le CIO a décidé de lui retirer son accréditation pour les JO-2026, car selon l'instance olympique, l'Ukrainien enfreint l'article 50 de sa Charte olympique qui proscrit toute forme "de propagande politique, religieuse ou raciale" sur les lieux de compétition. "Je ne voulais pas créer ce scandale et il y a ce scandale parce que certaines personnes au sein du CIO ont une très étrange interprétation de leurs règles, ce qu'on peut considérer comme une forme de discrimination", a-t-il ajouté, assurant avoir reçu le soutien de plusieurs athlètes et équipes nationales : "C'est une erreur terrible de la part du CIO".
Vladislav Heraskevych envisage maintenant de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) : "C'est l'une des options, c'est quelque chose de sérieux de saisir le TAS, il faut qu'on en discute encore". "C'est vraiment difficile à vivre, vous vous préparez pendant plusieurs années pour être prêt pour ces compétitions et on vous retire tout ça, sans égard et avec aveuglement", a-t-il conclu.
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