Les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément pour Alexis Pinturault. C’est en tout cas ce qu’il souhaite. Battu de justesse (54 points) l’an passé par Aleksander Aamodt Kilde, le Français espère bien cette fois accrocher un premier gros globe de cristal à son palmarès. Une victoire au classement général de la Coupe du monde que la France attend depuis 1997 et Luc Alphand. Et le Tricolore est parfaitement parti pour cela puisqu’il possède avant ce week-end de slalom à Flachau (qui remplace ceux de Wengen et Kitzbühel) pas moins de 129 points d’avance sur le tenant de titre, qui est aussi son dauphin. Une marge conséquente principalement construite en géant.

214 points en trois courses, Wengen annulé : ça ressemble à la voie royale pour Pinturault

Pinturault y fait déjà mieux après six courses que sur l’ensemble de la saison passée, avec quatre victoires et 440 points au compteur. Le Français a parfaitement su exploiter une première moitié de saison favorable aux techniciens (11 épreuves techniques, 6 de vitesse) et, même si la deuxième le sera un peu moins (11 et 10), le calendrier est à l’avantage du Tricolore. C’est aussi le cas par rapport à l’an passé, avec un Super-G de moins au programme et trois géants supplémentaires, venus remplacer numériquement les combinés. Un vrai avantage, à condition que Pinturault parvienne à performer en slalom, discipline clé comme en 2020, dans la course au gros globe. Seulement, c’est là que le bât blesse.
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Insuffisant en 2021 pour le moment

Le champion du monde du combiné peine à trouver cette régularité entre les piquets serrés et cela avait déjà été le cas l’an dernier, où ses trois sorties de pistes à Wengen, Kitzbühel et Chamonix lui avait coûté la victoire au général. Cette année, il n’en a pas encore connue mais il n’a pas non plus marqué de gros points avec une 6e place à Madonna di Campiglio comme seul top 10 en quatre courses (11e à Alta Badia, 18e à Zagreb et 19e à Adelboden). A cet instant, l’an dernier, il comptait quatre top 10 en cinq courses dont une victoire à Val d’Isère. Autant dire que ses résultats en slalom n’inspirent pas vraiment la confiance en ce mois de janvier pourtant décisif, déjà, avec encore cinq slaloms au menu, pour deux descentes et un Super-G.

Pinturault savoure sa belle moisson à Adel : "Briller sur cette piste était magnifique"

"Le slalom, c'est une discipline où j'ai connu beaucoup de déchet, estimait d’ailleurs Pinturault avant Zagreb. J'ai manqué de régularité, surtout à la période où on avait mis l'accent sur le super-G il y a quatre ou cinq ans, je me retrouvais moins techniquement". Pourtant, le Français, qui a déjà gagné à trois reprises dans la discipline (Val d’Isère x2 et Wengen), a tout pour y briller. "C'est un garçon qui a toutes les qualités requises pour faire du slalom, notamment l'explosivité", analyse David Chastan. Le Français n’a d’ailleurs jamais été aussi bon dans la discipline que ces deux dernières saisons, avec ses deux meilleurs totaux dans la discipline (453 et 286). Mais il peine à s’y exprimer avec régularité, 2020 étant le meilleur des exemples. Le Tricolore est capable de gagner comme à Val d’Isère mais aussi de ne pas se qualifier (Levi) ou de partir à la faute en seconde manche

Briller en slalom pour conserver la tête

Pourtant, l’épreuve est la seule délaissée par Kilde et c’est justement pour cela que cette discipline est si importante. Supérieur au Tricolore en Super-G comme le Français l’est en géant (38pts d’écarts en moyenne en Super-G, 43 en géant), Kilde peut aussi compter sur la descente – dont il est d’ailleurs le leader de la spécialité – pour marquer de gros points (190 en trois courses) dans la quête du général. Alexis Pinturault, lui, doit donc briller en slalom pour compenser. Ou au moins y marquer de gros points régulièrement. "S'il arrive à être régulier dans le top 5 du slalom, ce sera la clé pour le classement général, expliquait début janvier le directeur de l’équipe de France David Chastan. Il a tout pour jouer avec les meilleurs".

Alexis Pinturault lors de la première manche du slalom de Madonna di Campiglio

Crédit: Getty Images

Il serait temps de le montrer de nouveau en slalom, afin de continuer à faire la course en tête dans la quête du gros globe qui devrait une nouvelle fois se jouer en slalom et en fonction du Covid-19. Nulle étape n’est à l’abri d’une annulation, comme Wengen puis Kitzbühel -pour son premier week-end - l’ont récemment constaté. Et la Coupe du monde pourrait ne pas aller à son terme, comme l’an dernier. D’où la nécessité pour Alexis Pinturault de parfaitement négocier ce mois de janvier riche en slaloms pour mettre toutes les chances de son côté.
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