C'est un protocole auquel on est habitué à s'astreindre, hélas. Clément Noël s'est présenté à nous en extérieur ce vendredi, devant son hôtel, en respectant la distance réglementaire que la crise sanitaire impose. Pas d'interview dans un cosy salon autrichien, donc. Mais un skieur détendu face à nous, tout de même. Fort de bons résultats à Kitzbühel, où il a déjà gagné et où il reste sur un podium.
Samedi, il tentera d'accrocher un deuxième succès cette saison en Coupe du monde (dossard N.1, première manche à 10h15). Mais depuis le premier, glané le 12 décembre à Val d'Isère, il y a eu l'échec frustrant de Madonna di Campiglio, puis un nouveau "zéro" à Adelboden, avant une 8e place à Wengen. Toujours dans la course pour le petit globe de la spécialité, Noël, 24 ans, a encore deux opportunités d'impulser une bonne dynamique avant les Jeux olympiques de Pékin (4-20 février). Mais est-ce vraiment si important ?
Kitzbühel, c'est la Mecque de la descente. Est-ce aussi un slalom pas comme les autres ?
Kitzbühel
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Clément Noël : "Cela doit dépendre des gens, de leur ressenti. Le mien, c'est que c'est une course mythique. Pas autant que la descente, certes, mais on est quand même dans le lieu le plus connu du ski alpin. Ce n'est pas une course comme les autres, ça c'est sûr.
Vainqueur en 2019, 3e en 2020, lors du dernier slalom de Coupe du monde disputé ici : vous êtes plutôt en réussite à Kitzbühel. Est-ce la piste qui vous convient ?
C. N. : J'aime cette piste. C'est l'une des plus belles de la saison, après Wengen et Madonna (di Campiglio), qui sont pour moi les deux plus jolies. Mais il y a toujours une ambiance particulière ici, j'aime cet endroit. Est-ce que cela me convient plus qu'ailleurs ? Je ne sais pas…
Quelles sont les particularités de cette piste qui correspondent à vos qualités ?
C. N. : C'est une piste difficile, et j'aime plutôt ça. Cela ajoute du challenge. Il y a beaucoup de mouvements de terrain, de dévers… Il faut le savoir, s'y préparer, s'adapter et skier juste. Sur des pistes avec beaucoup de mouvements de terrain, je m'en sors en règle générale pas trop mal, si j'arrive à être dans le rythme (il insiste là-dessus)."
Tant que le sol est bon, la visibilité peut être moyenne en slalom
Le slalom a été avancé d'une journée, de dimanche à samedi, en raison des conditions atmosphériques qui laissaient craindre l'annulation de la descente prévue samedi. A quel point cela change-t-il la donne pour vous ?
C. N. : "Ce n'est pas un problème. On avait déjà eu le cas en 2019. On a l'habitude, en slalom, d'avoir de la neige. Ce n'est pas ça qui rend la course moins belle. Tant que le sol est bon, la visibilité peut être moyenne en slalom, ce n'est pas très important, tant que c'est régulier pour tout le monde.

La chute au pire moment : Largement en tête, Noël a tout gâché sur la dernière porte

Le week-end dernier, vous avez qualifié de "nulle" votre deuxième manche à Wengen, tout en précisant ne pas encore l'avoir revue. C'est peut-être chose faite, maintenant… Etes-vous toujours si critique ?
C. N. : Je ne sais plus si je l'ai revue (il réfléchit). J'ai dû la regarder très rapidement. Je ne l'ai pas analysée plus que ça. Elle n'était pas bonne, ça c'est sûr. Ce n'est pas mon meilleur ski, loin de là. Je ne peux pas être positif sur cette manche. Après, si on regarde la globalité de la journée, je peux être un peu plus positif qu'à chaud, en me disant qu'il y a eu de bons secteurs, et surtout deux manches en bas. Puis je ne suis pas loin du podium, à deux dixièmes (0"22, NDLR).
Je répondrai à cette question après les deux courses
Deux manches en bas, justement... Malgré deux "zéro" en slalom, vous restez dans le coup pour le petit globe de la spécialité (6e, à 48 points de Sebastian Foss-Solevaag, le leader, NDLR). Vous avez terminé deuxième de ce classement trois saisons de suite. Paradoxalement, c'est peut-être votre année.
C. N. : Je ne me dis pas ça. Je n'en sais rien. Je suis toujours dans le coup ? Oui et non. On est tellement en peu de points que tout le monde est dans le coup, quasiment comme en début de saison. Tant mieux pour moi, oui. Mais pour être "dans le coup" jusqu'à la fin de saison, il va falloir changer quelque chose et skier mieux, je vais me focaliser là-dessus.
Il vous reste deux opportunités (à Kitzbühel samedi, donc, puis à Schladming mardi, NDLR) d'engranger de la confiance avant les JO. A quel point est-ce primordial ? Peut-on attaquer des Jeux en se disant qu'ils sont tellement grands, uniques, qu'ils sont déconnectés des performances récentes ?
C. N. : Je répondrai à cette question après les deux courses. Si elles sont bonnes, je me dirai : 'Oui, c'est important, ça m'a mis en confiance'. Si elles ne sont pas bonnes, je me dirai : 'Les Jeux, c'est quelque chose de différent, il faut que j'arrive dans un état d'esprit conquérant'. Mais oui, idéalement, j'aimerais bien me remettre en confiance sur ces courses, et skier mon meilleur ski."

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