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Troisième titre mondial pour Marcel Hirscher en slalom, Alexis Pinturault 4e

Les lauriers pour Hirscher, les regrets pour Pinturault

Le 17/02/2019 à 15:19Mis à jour Le 17/02/2019 à 16:26

MONDIAUX ARE – Marcel Hirscher était bien trop fort. L’Autrichien s’est adjugé le titre mondial du slalom pour la troisième fois de sa carrière, dimanche, à Are. Il égale la légende Ingemar Stenmark, également titrée à trois reprises. Ses compatriotes Michael Matt et Marco Schwarz complètent le podium. Alexis Pinturault, auteur d’une faute en seconde manche, se classe 4e.

Marcel Hirscher reste le roi du slalom. Après avoir fait le ménage en première manche, l'Autrichien a assuré lors du second tracé pour décrocher son 3e titre mondial entre les piquets et égaler Ingemar Stenmark, unique skieur masculin à avoir déjà été sacré trois fois dans la discipline.

La Wunderteam, qui a donc dû patienter jusqu'au bout de la quinzaine à Are pour accrocher une médaille d'or, a signé un triplé, puisque Hirscher s'est imposé devant ses compatriotes Michael Matt (+0''65) et Marco Schwarz (+0''76).

Immense frustration pour Alexis Pinturault, seulement 4e (+0''93) à cause d'une faute majeure en seconde manche. Très decevant lors du run initial, Clément Noël n'a pu refaire son retard et se contente de la 7e place (+1''09). Tout près du podium lui aussi.

Pinturault a pris tous les risques

Pinturault aura tout tenté. Après avoir été le seul à tenir (à peu près) tête à un incroyable Hirscher en 1re manche (56 centièmes de retard, quand le suivant pointait à 1''22), le Français a pris tous les risques pour essayer de faire vaciller l'Autrichien.

Délesté de toute pression au terme de cette quinzaine déjà réussie (or en combiné, bronze en géant), le skieur de Courchevel aurait pu la jouer petit bras en assurant le podium et se contenter d'une 3e médaille, qui aurait fait de lui le premier triplé médaillé français sur un Mondial depuis Jean-Claude Killy. Mais il a voulu jouer l'or, ce qui est tout à son honneur.

Hirscher savait où Pinturault était parti à la faute

Tout allait bien jusqu'au 2e inter, où son avance de huit dixièmes au départ était intacte sur Michael Matt. C'est alors qu'une faute d'intérieur est arrivée. Cruelle et rédhibitoire. Pinturault a ainsi lâché une grosse seconde dans l'histoire pour accuser à l'intermédiaire 49 centièmes de retard. Pas résigné, il a ensuite repris du temps sur la dernière section (deux dixièmes). Mais pas suffisamment pour accrocher le podium, qui lui échappe au final pour 23 centièmes.

Mis au courant par cette péripétie, Hirscher savait qu'il avait un boulevard devant lui. Il n'a ainsi pas eu besoin de forcer son talent pour mettre au fond. Parti avec 1''35 de marge sur Matt, il a contrôlé sa seconde manche pour s'imposer avec une marge suffisante sur le tracé réalisé par l'entraîneur de l'équipe de France.

Noel trop prudent en 1re manche

Clément Noel aussi n'est pas passé loin d'une breloque. 33 centièmes précisément. Mais les regrets sont moindres, les espoirs s'étant envolés bien plus tôt dans la journée, dès la 1re manche. Parti avec le dossard 1, la nouvelle vedette du slalom, récent vainqueur à Wengen et Kitzbuhel, a pêché de prudence sur une neige qui a surpris bon nombres de skieurs. Relégué à 2''18 de Hirscher et à près d'une seconde du podium à la mi-temps (8e chrono), le Vosgien de 21 ans n'a pas su trouver la formule lors du dernier acte (6e chrono quand même), ne reprenant qu'une place pour se classer 7e. Le comble est qu'il a été le plus régulier sur les deux manches, personne d'autre que lui ne s'étant classé dans le top 10 sur chacun des deux runs, Hirscher ne signant d'ailleurs que le 25e temps du run final.

En l'absence du double champion du monde Jean-Baptiste Grange, le bilan français est complété par la 16e place de Victor Muffat-Jeandet et l'enfourchage de Julien Lizeroux en 1re manche. La réussite n'était pas du côté des Bleus, qui finissent donc cette quinzaine avec trois médailles, deux pour Pinturault et une pour Johan Clarey (argent du super-G).