Le constat est implacable. Sans compter la double championne du monde de géant Tessa Worley (29 podiums en carrière), le dernier podium de l'équipe de France féminine en Coupe du monde date de mars 2016, avec la 2e place de Taïna Barioz sur le géant de Saint-Moritz (Suisse). En vitesse, cela remonte à plus de six ans, lorsque Marie Marchand-Arvier avait terminé 3e de la descente de Méribel en février 2013.

"Les résultats ne sont pas fantastiques, pas aussi bons que ceux des hommes, mais on aimerait un peu plus d'encouragements, de retours sur le travail, demande l'entraîneur du groupe technique Lionel Pellicier. Car ça ne vient pas d'un seul coup, les filles doivent passer les étapes, d'abord les courses FIS (sorte de 3e division), puis Coupe d'Europe (2e division) puis Coupe du monde. Certaines bossent beaucoup pour passer ces paliers, il leur faut du temps et elles ont parfois l'impression que quoi qu'elles fassent il n'y a rien qui va."

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Blessures et retraites

Alors que l'équipe manquait déjà de résultats, plusieurs de ses valeurs sûres des derniers mois manquent à l'appel: fatiguées par les blessures, Taïna Barioz (31 ans, deux podiums en Coupe du monde) et Adeline Mugnier (27 ans, sept top-10) ont pris leur retraite alors que Nastasia Noens (31 ans, trois podiums en Coupe du monde) s'est blessée en stage de pré-saison. Les Bleues comptent donc sur Romane Miradoli, en pleine progression, pour réaliser de belles courses (cinq top-10 la saison dernière en descente, super-G et combiné), sans que la skieuse de Flaine ne parvienne encore à briser le plafond de verre des trois premières places.

La Française Romane Miradoli à l'échauffement

Crédit: Getty Images

Conséquence du manque de densité et des absences, les groupes d'entraînement sont extrêmement réduits. Seules six skieuses (dont une blessée longue durée) font partie aujourd'hui de l'équipe de France "A", contre seize chez les garçons. "Être un petit groupe permet d'avoir un encadrement aux petits soins, note Romane Miradoli. Mais les garçons par exemple, très nombreux, c'est comme une famille, ils se tirent vers le haut. Nous, parfois, nous manquons un peu d'émulation..."

Une relève encore timide

"On n'a pas les résultats qu'on devrait avoir. Mais à qui doit-on des résultats ?, assène la géantiste Clara Direz. On fait de notre mieux, je ne vois pas pourquoi on nous met plus bas que terre. On essaie de progresser, et de ne pas trop regarder ce qui s'écrit." "On sait qu'il y a un trou générationnel, assume le directeur de l'équipe Alberto Senigagliesi. Il y a des cycles dans toutes les nations, des hauts et des bas, chez les garçons, chez les filles. Mais je ne crois pas que le réservoir (de talents) soit moins grand qu'avant. Simplement, le ski de haut niveau est très exigeant financièrement, physiquement, il y a des risques de blessure. Il ne faut pas l'oublier."

Clara Direz (France)

Crédit: Getty Images

Un coup d'oeil sur les catégories de jeunes ne se veut pas forcément plus rassurant. Les derniers podiums obtenus à la compétition annuelle des Mondiaux juniors sont signés... Romane Miradoli (2013 et 2015), Adeline Mugnier (2013) et Jennifer Piot (2013) qui n'a pas encore réussi à faire mieux que 13e en Coupe du monde. "Nous on est là pour construire, on est reparti avec des jeunes intéressantes nées en 1999-2000-2001, des années où il y a une belle densité, assure Alberto Senigagliesi. Il faut être patient, on espère qu'elles seront à un très bon niveau lors du Mondial 2023 à Courchevel et Méribel." Pour espérer de nouveau briller à la maison.

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