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MONDIAUX - La descente masculine ou la glorieuse incertitude du ski

La descente masculine ou la glorieuse incertitude du ski

Le 08/02/2019 à 18:13Mis à jour Le 09/02/2019 à 11:06

MONDIAUX ÄRE – C'est l'heure des braves en Suède. Après le Super-G mercredi, les messieurs disputeront ce samedi l'épreuve-reine des championnats du monde suédois, à l'occasion de la descente. Une épreuve qui représente plus que n'importe quelle autre la glorieuse incertitude du sport. Surtout lors des Mondiaux. Et particulièrement cette année.

S'il est bien une discipline qui fait rêver, c'est sans nul doute la descente. Qui ne rêve pas de s'imposer sur la Streif ? Qui ne rêve pas de lever les bras sur le Lauberhorn ? Alors forcément, un titre mondial en descente, c'est le sacre suprême. Pourtant, la discipline a bien souvent sacré un outsider plutôt qu'un grand favori, surtout depuis dix ans. On pense notamment aux Canadiens John Kucera (2009) et Erik Guay (2011) ou encore au Suisse, néo-retraité, Patrick Kueng (2015). Bien sûr, tous font de beaux champions du monde. La descente ne peut que sacrer ce type de skieurs. Mais, au départ, ils étaient au mieux de gros outsiders.

Et la tendance a de bonnes chances de se confirmer une nouvelle fois ce samedi. La faute à une discipline qui n'arrive pas vraiment à se trouver de patron cette saison. En six courses, ils sont cinq à avoir lever les bras. Si l'Italien Dominik Paris est l'homme en forme en descente, avec deux succès sur les trois dernières courses (Bormio et Kitzbühel), le tenant du titre Beat Feuz reste le grand favori. Leader de la Coupe du monde de la discipline, le Suisse est d'une régularité folle cette saison, avec pas moins de cinq podiums. Idéal pour s'offrir un petit globe de cristal.

Switzerland's Beat Feuz performs during a training run for the men's Downhill event at the 2019 FIS Alpine Ski World Championships at the National Arena in Are, Sweden

Switzerland's Beat Feuz performs during a training run for the men's Downhill event at the 2019 FIS Alpine Ski World Championships at the National Arena in Are, SwedenGetty Images

Un Bleu, 51 ans après Killy ?

Mais un titre mondial, ça se joue sur un jour, sur une course et il s'agit de répondre présent, de tout donner le jour J. Et, forcément, personne n'est jamais à l'abri de rater sa course. C'est aussi pour ça que lors les Mondiaux, les descentes sont plus ouvertes que jamais. Encore plus cette année, sur cette piste d'Äre. Si rien ne dit que les conditions seront encore compliquées ce samedi, le dernier entraînement de vendredi s'est déroulé sous de fortes chutes de neige, sur un tracé raccourci et réduit à une cinquantaine de secondes. Impossible alors d'espérer quoi que ce soit sans une course parfaite.

Pour les Français, difficile d'espérer meilleures conditions pour briller. En pleine confiance à la vue des résultats récentes et surtout du Super-G des Mondiaux (Clarey médaillé d'argent, Théaux 5e, Roger 7e), les Bleus veulent enfin décrocher un titre mondial en vitesse. Un sacre qui échappe aux Tricolores depuis … Jean-Claude Killy en 1968 ! Plus adeptes des exploits olympiques (Crétier titré en 1998 sans jamais avoir gagné en Coupe du monde), la France n'a gratté que deux médailles de bronze en descente aux championnats du monde depuis cinquante-et-un ans : Luc Alphand en 1996 et David Poisson en 2013. Avec une médaille déjà ramenée par le groupe de vitesse, rarement les Bleus n'auront abordé l'épreuve-reine aussi libérés. De quoi tout lâcher pour tenter de s'imposer.

Johan Clarey lors du super-G des Mondiaux d'Are

Johan Clarey lors du super-G des Mondiaux d'AreGetty Images

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