La persévérance, une bonne étoile et du talent, Mathieu Faivre a vu les astres s’aligner lors de ces Mondiaux. Dans les livres d’histoires du ski alpin tricolore, sa performance de cette semaine restera difficile à classer. Être champion du monde de manière inattendue, c’est une vieille marotte du sport français, et du sport en général. La compétition de haut niveau, surtout en alpin, se joue sur des instants, et un instant, aussi préparé soit-il, reste soumis au charme certain de la surprise.
En revanche, un double champion du monde inattendu, c’est beaucoup plus rare, voire unique. En remportant le géant à Cortina d’Ampezzo ce vendredi après son succès sur le parallèle mardi, Mathieu Faivre n’est pas seulement le premier Français champion du monde de géant depuis Jean-Claude Killy en 1968, c’est aussi le premier Français double champion du monde lors d’une même édition depuis ce même Killy cette même année.

Mathieu Faivre

Crédit: Getty Images

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L'or Faivre
19/02/2021 À 13:40
Autant dire que son doublé le fait rentrer directement dans le panthéon des skieurs français, et que personne, lui le premier, ne l’avait vu venir. "Là tout de suite je n’y crois vraiment pas. Ce sont des sensations qui sont juste incroyables" a témoigné Faivre à notre micro, ému et presque déboussolé, à l’arrivée.

Faivre était reparti de zéro

Incroyable, en effet. Non pas que Mathieu Faivre ne soit pas talentueux, au contraire, mais le Français revient de loin. Champion du monde de géant junior en 2010, victorieux à Val d’Isère fin 2016, le Niçois était deuxième du classement de la spécialité en 2017 avant que sa carrière ne se mette à patiner. "Ca va faire depuis qu’on est repassé sur le 30 m (NDLR : les skis de 30 mètres, instaurés en géant pour la saison 2018) que c’est un petit peu délicat. On a vraiment eu du mal à enclencher le bon processus avec la marque pour vraiment être performant."
Auteur de seulement deux podiums depuis le changement de skis, Faivre n’était ainsi plus remonté sur la boîte depuis octobre 2019. Une éternité pour le skieur de 29 ans qui n’a eu qu’une seule solution pour revenir au plus haut niveau : le travail, méthodique, sur et hors des pistes, sans garantie de résultat.

Faivre n'en revient pas : "Des sensations incroyables"

"On a travaillé petit à petit, a renchéri le double champion du monde. Encore en début de saison cela a été très compliqué. Après Adelboden, on s’est dit qu’on allait tout reprendre depuis le début, qu’on était passés à côté de quelque chose (…) Aujourd’hui, la deuxième manche a été compliquée mais je n’ai vraiment rien lâché. J’ai fait quelques fautes et j’ai continué à essayer de produire du ski et à m’engager pleinement sans réfléchir et sans savoir ce que ça allait produire à l’arrivée."
Croyez moi aujourd’hui j’en suis fier et je prends tout ce qu’il y a à prendre
Le Français a profité sans le vouloir de la sortie de son compatriote Alexis Pinturault pour l’emporter. Des circonstances évidemment particulières, mais qui n’empêcheront pas le Niçois de savourer ce succès, dont il connaît la valeur :
"Alexis sort, c’est toujours délicat de vraiment exploser de joie quand c’est un collègue et un athlète de la même nation. Mais, croyez moi aujourd’hui j’en suis fier et je prends tout ce qu’il y a à prendre. (…) On s’entraîne comme des malades, en tout cas on essaye de le faire, en ce qui me concerne je donne absolument tout, j’essaie de faire du mieux que je peux."

Une dizaine de secondes de course et la chute : le moment où Pinturault a tout perdu

Fier de son travail, Mathieu Faivre a surtout affiché une véritable reconnaissance envers les autres après sa victoire. Interrogé par Le Dauphiné, le skieur de 29 ans a insisté sur le rôle de son entourage, pensant "à tous les gens qui [l]’ont entouré depuis le début de [s]a carrière, qui sont importants". "Même quand ça n’allait pas, avec des moments compliqués, ils ont toujours été là, ont toujours fait en sorte que je continue d’y croire, de travailler. Ils ne m’ont jamais abandonné. J’ai envie de les remercier pour tout ça. La médaille appartient à tout le staff. On n’a jamais arrêté d’y croire et je crois que je ne pourrai jamais être assez reconnaissant envers eux pour ça."
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