Getty Images

Team Event : Coup de blues final pour les Bleus de Pinturault et Worley

Le coup de blues final

Le 24/02/2018 à 09:51Mis à jour Le 24/02/2018 à 20:58

JEUX PYEONGCHANG 2018 – Championne du monde en titre et prétendante, a minima, à une médaille, l'équipe de France a déçu samedi en terminant quatrième du Team Event. A 12 petits centièmes du bronze. Les Bleus finissent ces Jeux sur une grosse frustration.

Cela aurait pu être la médaille du record pour la délégation française. Cela aura finalement constitué une des plus grosses frustrations de cette quinzaine. Championne du monde en titre, la France arrivait avec de légitimes ambitions sur ce Team Event, dont c'était la grande première aux Jeux Olympiques. Le podium était largement dans les cordes du quatuor tricolore. Raté. Il a échoué à la quatrième place de cette nouvelle épreuve par équipes. Une grosse déception.

"C'est dommage, on finit encore sur une 4e place", peste David Chastan, directeur de l'équipe de France masculine. Encore, car les skieurs Français ont donné dans ce domaine en Corée du Sud. Il y avait eu la quatrième place de Blaise Giezendanner lors du Super-G, celle de Clément Noël en slalom, sans parler des places d'honneur en géant et en slalom de Victor Muffat-Jeandet, Matthieu Faivre ou Alexis Pinturault. Mais ce chocolat du Team Event a peut-être un goût plus amer encore car les Bleus comptaient vraiment dessus.

Pâques avant l'heure pour Noël

Si Alexis Pinturault avait déjà glané deux médailles, c'est une grosse déception pour Adeline Baud-Mugnier, et plus encore pour Tessa Worley et Clément Noël. Abattue après sa 7e place en géant alors qu'elle briguait l'or, Worley n'a pas pu se consoler samedi. "C'est décevant d'échouer si près du podium, c'est malheureusement ce qu'on va retenir de tout ça", regrette la double championne du monde. Elle est persuadée qu'il y avait beaucoup mieux à faire : "Je ne pense pas que le tableau était plus difficile qu'aux Mondiaux, on évitait quand même la Suisse au départ, et la Suède".

Pour Clément Noël, la pilule est également dure à avaler. C'est la deuxième fois en l'espace de 48 heures qu'il termine quatrième. "Ma 4e place en slalom était belle, je n'avais rien à me reprocher. Cette 4e place est plus dure à digérer", estime le benjamin de l'équipe. A 20 ans, le Vosgien restera pourtant comme la révélation française de ces Jeux. Même si, sur le coup, il s'en moque un peu. "Si on m'avait dit au début des JO que j'allais faire 4e en slalom et en Team Event, bien sûr que j'aurais trouvé ça cool. Je me suis fait un nom sur ces Jeux ? Oui, peut-être, mais ce qui compte ce sont les médailles, pas le nom", tranche-t-il.

La tentation Lizeroux

A tort, Clément Noël culpabilise, aussi. Parce que c'est lui qui a cédé dans le tout dernier duel du jour, celui qui aurait pu permettre aux Français d'arracher le bronze, face au Norvégien Nestvold-Haugen. "J'ai été bon sur les premiers tours, au contact contre la Suisse, mais moins en petite finale. C'est comme ça", déplore-t-il. Mais globalement, sur la journée, il est apparu moins en dedans qu'Alexis Pinturault. Le leader tricolore était peut-être un peu émoussé après avoir beaucoup donné (combiné, géant, slalom). Le staff s'est posé la question de la titularisation de Julien Lizeroux, le capitaine du groupe. Mais la nature du tracé a apporté la réponse.

"Lors des runs d'essais, témoigne David Chastan, c'était Alexis et Clément les plus rapides, mais ça se jouait à pas grand-chose avec Julien. Sur un parcours qui allait aussi droit, il fallait absolument croiser les portes (les boxer avec les deux poings) et Julien ne peut pas le faire. Plus petit et plus bas sur ses skis, il tape les piquets plus bas et ça l'amène à la faute". 'Si on ne croise pas, on est morts', nous a dit Julien. On a alors décidé de mettre Clément (plus grand). Julien a été très bon et objectif, un véritable capitaine. C'est ça l'esprit d'équipe".

La France va donc quitter les pistes coréennes avec trois médailles dans les valises. Même sans titre, c'est un bilan dans les clous des objectifs fixés. Mais ce Team Event, qui aurait pu consacrer la densité tricolore et donner un autre relief à cette campagne 2018, n'aura pas été le bouquet final espéré. Plutôt un pétard mouillé.

Clément Noël lors du Team Event.

Clément Noël lors du Team Event.Getty Images

0
0
Nouvelles vidéos