Avec trois podiums en autant de courses dont une victoire, Marco Odermatt est assurément l’homme du début de saison. Deuxième à Solden, troisième samedi lors du premier des deux géants de Santa Caterina, le Suisse a un peu plus épaté le circuit ce lundi en remportant le géant italien avec plus de sept dixièmes d’avance sur la concurrence. Il avait pourtant la pression : porteur du dossard rouge de leader pour la première fois de sa carrière, il refermait le portillon en seconde manche et avait à portée de spatules une première victoire dans la discipline, à la fois pour lui et son pays, la Suisse n’ayant plus remporté de géant depuis près de dix ans.

Dix ans après Janka, Odermatt n'a pas craqué sous la pression : sa seconde manche triomphante

Mais le contexte n’a pas fait craquer Odermatt. Enfin si, seulement quand ça ne comptait plus, lorsqu’il s’est livré à la première interview télévisée après l’arrivée : “Il y a beaucoup d’émotion, regardez mes yeux”. A 23 ans, aussi symbolique soit-il, ce succès ne vient pas révéler le prodige helvète. Il confirme juste encore plus l’ampleur de son talent.
Santa Caterina
Sept centièmes : Pinturault a manqué le podium d'un souffle à Santa Caterina
07/12/2020 À 13:46

Un super polyvalent

Champion du monde juniors dans quatre disciplines différentes en 2018 (descente, super-G, géant et combiné), auteur d'une première victoire dès l’hiver dernier en super-G (sa seule victoire avant celle en géant ce lundi), le prodige marque aussi des points en descente (12e des finales d’Are en 2018, 24e à Kitzbühel en 2019, 17e à Lake Louise et 25e à Kvitfjell l’hiver dernier). Il s’agit donc d’un super-polyvalent comme il en existe peu. Un talent brut armé pour régner, pourquoi pas, sur le circuit d’ici quelques années.

Marco Odermatt

Crédit: Getty Images

Oui mais voilà, le début de saison semble avoir accéléré le processus d’intronisation. Seulement 17e au général l'hiver dernier, le voilà en tête après les quatre premières courses du nouvel exercice, à égalité avec Alexis Pinturault (240 points). Un bilan d'autant plus flatteur qu'il a manqué le parallèle de Lech à cause d'un test positif au covid. Faut-il dès lors le considérer comme un prétendant au gros globe dès cette hiver, un égal du Français et des Norvégiens Henrik Kristoffersen et Aleksander Kilde Aamodt ? Gauthier De Tessières n’en est pas convaincu, relevant à juste titre que le classement général actuel est essentiellement celui du géant. “Il a vraiment passé un cap dans la discipline, note notre consultant chez Eurosport. On l’a vu très bon sur deux terrains complètement différents, à Solden et Santa Caterina, ça montre sa polyvalence. Pour le petit globe du géant, oui, il est vraiment dans la course pour le remporter.

Val d’Isère en dira plus

Mais pour le gros, il préfère attendre les épreuves de vitesse pour se faire une plus juste opinion. “On aura un bon indice le week-end prochain à Val d’Isère (descente le samedi, super-G le dimanche). La piste n’est pas très technique, on va pouvoir jauger s’il peut être bon aussi sur les super-G et les descentes cet hiver.”
Modelé pour limiter les risques relatifs à la pandémié, le nouveau calendrier ne lui est pas spécialement favorable. Les combinés ont disparu. Et le slalom demeure la discipline la plus disputée cette saison (11 slaloms, 10 géants, 7 super-G, 9 descentes et un parallèle déjà disputé), un vrai désanvatage alors qu’Odermatt ne s’est encore jamais aligné sur cette épreuve en coupe du monde.
"En vitesse, les pistes proposées cet hiver ne sont globalement pas très techniques, notamment en super-G, ajoute Gauthier De Tessières. Ce n’est pas pour rien s’il a gagné à Beaver Creek (un site d’ailleurs absent du programme cette saison, ndlr). Là-bas, il y a de la pente, du virage, il arrive à bien jouer là-dessus. Mais peut-il rivaliser face à des très gros descendeurs sur la glisse et des pistes plus faciles ? Je suis impatient de voir. Si Pinturault et Kilde sont capables de scorer dans beaucoup de disciplines, on n’en est pas sûr pour Odermatt. Je pense que le week-end prochain nous en dira plus. Mais pour l’heure, je le mets un cran en-dessous dans la course au gros globe.”
Santa Caterina
Dix ans après Janka, Odermatt n'a pas craqué sous la pression : sa seconde manche triomphante
07/12/2020 À 13:15
Santa Caterina
Odermatt vainqueur magnifique, Pinturault tout proche du podium
07/12/2020 À 12:56