"Je ne suis pas rassasiée" : Tessa Worley, les ressorts d’une motivation intacte, avant le géant d'ouverture à Sölden
Eurosport sur GoogleSÖLDEN - Elle aurait pu achever sa remarquable carrière sur un triomphe. Mais à 33 ans, Tessa Worley déborde toujours de motivations, dont le désir de briller en super-G et le plaisir de participer à la dynamique du ski français, au féminin. La tenante du petit globe de géant prévient cependant : gagner dès samedi en Autriche n’est pas une obsession, avec des Mondiaux en France à l’horizon.
Worley, "encore des objectifs à remplir" et un groupe à mener : "J’ai ressenti une émulation"
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Tessa Worley n’est pas arrivée au bout de la piste. "Impatience" et "excitation" sont les premiers mots qui lui sont venus à l’esprit, le 10 octobre, lors de la présentation des équipes de France de ski. La géantiste de 33 ans a pourtant de quoi ressentir une certaine lassitude. Elle écume les mers givrées du cirque blanc depuis 2006 et sort d’une saison forte en émotions, entre sa mission de porte-drapeau tricolore aux Jeux Olympiques et le deuxième petit globe de sa carrière.
Sans être totalement inhibée par le costume de chef de file, la Bornandine a échoué à remporter une première breloque lors des Jeux en Chine, mais elle a donc terminé l’exercice 2021-2022 en beauté avec une "récompense hyper symbolique". Elle s’est offert le classement mondial de sa spécialité devant la championne olympique Sara Hector, au bout du suspense, lors des finales qui se tenaient en France, à Courchevel et Méribel. Un finish en apothéose qu’il a fallu digérer.
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Un petit globe pour une Worley géante : la consécration de la Française
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Un garant de motivation : les Mondiaux à la maison
"Était-ce important de faire un break ? Oui, assure Worley. J’ai eu une grosse chute de pression. J’ai un peu tout relâché, physiquement, mentalement. J’ai été très fatiguée, je suis tombée malade." Un contrecoup qu’elle considère "normal" et qui n’a pas entraîné de retard dans sa montée en puissance, en vue de ce nouvel opus de la Coupe du monde : "J’ai mis un bon mois et demi à me remettre de tout cela… et c’était la reprise. Tout s’est vite enchaîné, j’ai réussi à gérer."
La fatigue physique et mentale évacuée, il ne reste que du positif de cette consécration : "Terminer sur un tel résultat donne beaucoup d’énergie, d’envie et de motivation pour la suite." Et d’ajouter, fermement : "Je ne suis pas rassasiée." D’autant plus que la saison s’annonce "super excitante avec les Championnats du monde en France" : "C’est toujours un objectif… mais à la maison, c’est décuplé. J’ai eu un petit avant-goût lors des finales, j’ai trop envie de revivre ce genre d’émotions."
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Courchevel : Interview of Tessa Worley after leg 2 of Giant Slalom
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Envie de briller (aussi) en super-G et émulation
Sans cette "carotte", aurait-elle trouvé la force de continuer, à fond, comme elle l’a fait au long d’une épopée marquée par seize podiums en Coupe du monde et deux titres mondiaux (hors "team event"), et ce après avoir affirmé ne pas participer aux prochains JO ? La réponse est oui. D’une part parce qu’il lui reste des preuves à faire : "J’ai encore des objectifs à remplir en super-G, dans ma deuxième discipline (cinq "Top 5" sur le circuit principal… mais aucun podium, NDLR)."
D’autre part grâce à une dynamique qui inspire la "leader" Tessa Worley. "Il y a aussi cette émulation au sein du ski féminin, que j’ai ressentie sur la fin de saison dernière, se réjouit-elle. Le staff, les filles… je sens qu’on est sur une super bonne voie. Tous les efforts mis en place depuis de nombreuses années commencent à payer. Il y a eu de beaux résultats, avec la victoire de Romane [Miradoli] (en super-G) notamment." Elle insiste : "Faire partie de ce collectif est super motivant."
Un discours optimiste qui promet, avant le géant d’ouverture à Sölden (finalement annulé ce samedi matin en raison des mauvaises conditions météo en Autriche), qui lui "correspond bien" selon ses dires. "C’est une très belle course, une piste que j’apprécie beaucoup", raconte celle qui compte trois podiums dans la station autrichienne, dont un succès en 2018. Mais samedi, il ne faudra pas s’inquiéter pour Worley, si la rentrée n’est pas victorieuse : "Ma préparation n’est pas totalement aboutie (…) Mon pic de forme ne peut plus durer aussi longtemps qu’avant."
De fait, conserver le petit globe de géant n’est pas son principal dessein. "Je ne me pose pas la question (…) comme objectifs, j’ai beaucoup plus les Coupes du monde, à titre individuel, et les Mondiaux en France", nous confirme-t-elle, avant de glisser malicieusement : "(Ce globe), je le garde dans un coin de la tête." La sagesse de l’expérience et une motivation intacte : outre son talent, Tessa Worley a en magasin les ingrédients pour réaliser une belle saison. Une de plus.
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Worley prudente avant Sölden : "Ma préparation n’est pas totalement aboutie"
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