Marcel Hirscher et le retour sur du velours : "Cette règle est injuste"

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Ce sera l'une des curiosités de la saison de Coupe du monde, qui s'élance le week-end prochain à Sölden (26-27 octobre) : cinq ans après sa retraite, et à 35 printemps, Marcel Hirscher va faire son retour. L'homme aux huit gros globes de suite va skier sous pavillon néerlandais et surtout profiter d'une règle écrite sur-mesure pour lui pour un retour en douceur.

Pinturault : "La wild card est une bonne idée... mais elle est trop permissive"

Video credit: Eurosport

Le grand cirque blanc ne pouvait, semble-t-il, pas s'empêcher de dérouler le tapis rouge à l'un de ses plus célèbres représentants. Huit ans durant, de 2011 à 2019, Marcel Hirscher fut même le boss de la Coupe du monde. Personne dans l'histoire du ski mondial n'a décroché plus de gros globes que lui. Est-ce pour ça que la Fédération internationale a dégainé une règle qui paraît écrite pour Hirscher quand elle a appris qu'il pouvait revenir à la compétition ?
Cette nouvelle ligne au règlement, quelle est-elle ? L'article 3.2.1 prévoit une "wild-card" pour un skieur ayant gagné le général de la Coupe du monde, un globe de la spécialité ou un titre olympique ou mondial souhaitant revenir à la compétition. Mieux, l'athlète en question peut s'élancer juste après le Top 30 mondial. Avec le dossard 31 si aucun skieur avec 500 points en Coupe du monde ne veut aussi participer, juste derrière lui dans ce cas et ainsi de suite.

Une bonne idée, mais…

Un immense avantage pour Marcel Hirscher donc, puisque c'est de lui dont il s'agit. L'ex-Autrichien, désormais Néerlandais, répond à tous les critères et la règle a été révélée l'été avant son retour. Il n'en a pas fallu plus pour que la majorité y voie un coup de pouce pour lui, même si cette règle pourrait profiter à d'autres, Lindsey Vonn par exemple dont le retour bruisse en coulisses. Alors qu'il aurait dû partir en toute fin de course, sur des pistes très, très abîmées, l'octuple vainqueur de la Coupe du monde partira juste après les 30. De quoi remonter plus facilement dans la hiérarchie.
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Hirscher, un géant enfin en or

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"Très honnêtement, ça ne me dérange pas plus que ça, répond, pour Eurosport, Mathieu Faivre qui reculera d'une place dans la liste de départ dimanche à Sölden. Je n'ai pas de souci avec ça. On voit ça dans énormément de sports, le tennis par exemple." La petite balle jaune permet en effet à des joueurs qui se sont blessés d'utiliser un classement dit "protégé" pendant un certains temps. Mais dans le ski, ni le double champion du monde de géant, ni Victor Muffat-Jeandet, ni Alexis Pinturault ne bénéficieront d'un tel avantage. 
Ce dernier, lourdement blessé en janvier, ne sera protégé que pour trois descentes "seulement" quand Hirscher pourra demander une invitation pour chaque course après que la FIS a rétropédalé sur son invitation annuelle. "Je trouve qu'il y a une bonne idée derrière, a commenté Pinturault au micro d'Eurosport. Mais la blessure devrait être beaucoup plus permissive que la wild-card. Le statut de blessé est important, les wild-card je pense que ce n'est pas une mauvaise idée mais tout doit être structuré parce que ce n'est pas normal qu'un athlète avec ça ait plus d'avantages qu'un autre qui a été blessé."
On sait que ce règlement est fait pour Hirscher en priorité
Ce qui gêne surtout, c'est que ce règlement n'aurait sans doute jamais vu le jour sans ce retour de Marcel Hirscher. La nouvelle règle évoque deux ans de retraite, ce qui pousse certains skieurs à le trouver "un peu flou".  "Il a fait les beaux jours du ski alpin, il a explosé tous les compteurs, rappelle Faivre. Je me dis que si je n'avais pas envie d'être impacté, je n'avais qu'à être devant." Ce dernier oublie sans doute de rappeler qu'il a dû mettre fin à sa saison dès le mois de janvier. Hirscher lui s'entraîne de son côté, et plutôt dur selon les athlètes qui l'ont cotoyé, depuis quelques mois déjà avec la certitude d'un retour bien encouragé.
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Pinturault confiant pour Hirscher : "Il n'a pas perdu 4 secondes en 2 ans"

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"Je pense que c'est injuste pour d'autres athlètes qui sont là, qui n'ont pas fait de pause, qui se sont simplement blessés, lance Thibaut Favrot. On sait que ce règlement est fait pour Marcel en priorité. C'est bien aussi de l'accompagner. Il partira derrière moi et le but c'est qu'il parte tout le temps derrière moi. Après on verra ce que ça donne, Marcel ça reste une intrigue." Une fois la grogne passée, ne restera donc que la performance et chacun pourra s'étalonner face à une légende du ski alpin.

(Propos recueillis par François-Xavier Rallet)
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