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Le coup de massue
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Publié 11/12/2005 à 20:15 GMT+1
Tapis vert sur le Cirque blanc. Pour une histoire de millimètres, Didier Defago a été privé de la victoire sur le Super Combiné de Val d'Isère. Tout le monde en est désolé, de l'intéressé à l'Autrichien Michael Walchhofer, pourtant principal bénéficiaire
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"Jamais je n'aurais imaginé une telle chose." Didier Defago n'avait pas la tête ni le coeur à s'étendre. Bien des choses peuvent priver un skieur d'une victoire. La blessure, la méforme, ou même un centième. Mais perdre une course pour des skis trop longs, on a rarement fait plus cruel. Les plaques de fixation des skis du Suisse étaient trop hautes de quelques millimètres. Le règlement, c'est le règlement. La FIS l'a appliqué à la lettre.
Une intransigeance qui a surpris un peu tout le monde, notamment Michel Vion, directeur des compétitions chez Rossignol, qui équipe Defago. "C'était tellement limite, en considérant que les plastiques se dilatent au froid, que j'ai demandé pour l'athlète le bénéfice du doute. Günther Hujara, le directeur de la Coupe du monde messieurs, a appliqué strictement, et je dirais un peu bêtement, le règlement. Il y avait la règle et l'esprit. Le ski n'a pas besoin de ça", estime-t-il.
Pour être précis, la hauteur maximale entre la semelle du ski et le point le plus haut de la fixation est de 55 millimètres. Selon Michel Vion, "les différentes mesures effectuées indiquaient entre 54,9 et 55,2 millimètres." Didier Defago aurait donc perdu le bénéfice d'une victoire en Coupe du monde pour moins d'un millimètre. Cela semble presque surréaliste.
Le règlement, c'est le règlement
Le résultat est pourtant là. "Les officiels ont examiné ses skis et sont arrivés à la conclusion qu'ils n'étaient pas conformes aux règles de la Fédération internationale de ski ", a répliqué froidement une porte-parole de la FIS. Dans le clan helvétique, on accuse le coup, mais on l'encaisse. "Le règlement, c'est le règlement. Didier a pris la décision très sportivement. Mais il se demande comment cela a pu se passer", lance Patrice Morisod, entraîneur de l'équipe de combiné.
Si l'erreur est minime, ses conséquences sont catastrophiques pour Defago, en quête d'une deuxième victoire en Coupe du monde depuis qu'il a inauguré son palmarès lors du Super G de Val Gardena, voilà maintenant trois ans. Rossignol, évidemment en première ligne dans cette histoire, assume. "Nous acceptons la responsabilité de cette erreur et nous sommes surtout désolés pour Didier, qui a fait une course magnifique et qui n'y est pour rien", note Michel Vion.
Walchhofer: "Je suis désolé"
Dans ce genre de circonstances, le malheur des uns ne fait pas forcément le bonheur des autres. Promu vainqueur, Michael Walchhofer restera dans les livres comme le grand triomphateur du week-end, avec ses deux victoires en descente et donc en combiné. "Je suis désolé de ce qui est arrivé à Didier, qui est un gars très sympa , a confié l'Autrichien. J'étais déjà heureux avec la deuxième place. Je me suis quand même surpris aujourd'hui."
Ce succès inattendu et presque inespéré vient enrichir son palmarès déjà bien étoffé. Pas sûr en revanche qu'il en garde un grand souvenir. "Bien sûr que je me réjouis pour cette victoire, mais personne n'aime gagner comme ça", confirme Walchhofer, qui précise toutefois: "Il y a quelques années, Hermann Maier a lui aussi été disqualifié après une victoire. Mais à l'évidence, ce genre de décisions ne sont jamais bonnes pour le monde du ski." Didier Defago ne le contredira pas...
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