Deux mains. Voilà ce qu’il suffit pour compter toutes les nationalités des membres du top 50 mondial de snooker. Il y a bien sûr les Anglais en nombre de 25. Puis les autres membres du Royaume-Uni - 5 écossais, 2 nord-irlandais, 3 gallois -, la colonie chinoise (8), 3 thaïlandais. Ensuite, on retrouve un Australien, un Belge, un Iranien et un Norvégien.
S’il existe donc 10 nationalités différentes parmi les membres du top 50 mondial, ce chiffre est encore plus petit lorsque l’on regarde cette édition 2021 des Championnats du monde où seulement 7 nationalités sont représentées. Il y a bien entendu les 4 pays du Royaume-Uni, la Chine, l’Australie de Neil Robertson et...la Norvège. Une prouesse rendue possible par un homme : Kurt Maflin.

La Norvège par amour

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Kurt Maflin a beau représenter le pays d’Erling Haaland et se faire surnommer "The Viking", il n’en reste pas moins que lorsqu’il est né du côté de Londres, il ne s’imaginait pas devenir norvégien dans le futur. Cette nationalité, celui qui a appris sa nouvelle langue en mettant les sous-titres en norvégien des séries qu’il regarde la doit à un coup de foudre lors des Championnats d’Europe amateur en 2001.

Kurt Maflin en pleine réflexion

Crédit: Eurosport

Celle dont il tombe amoureux se nomme Anita Rizzuti. Tout comme Kurt Maflin, la Norvégienne est là pour la compétition de snooker où elle s’arrête en demi-finale sur le circuit féminin. Et si son futur mari s’incline, lui, en finale, les deux tourtereaux n’auront pas tout perdu à Riga. Tous deux doués canne en main, le couple aura même l’occasion de briller ensemble lors de la Coupe du monde par équipes où chaque pays est représenté par deux joueurs. Et vu que Kurt et Anita sont les seuls en Norvège à savoir jouer au snooker, et bien c’est ensemble qu’ils s’inclinent dès la phase de poule malgré deux victoires en 5 matchs. Pas mal pour la seule équipe mixte de la compétition.

Trop fort pour les petits, trop faible pour les grands

Mais si Kurt Maflin a pris la nationalité norvégienne, ce n’est pas seulement pour pouvoir jouer en duo avec sa femme. C’est aussi car ce pays lui a offert une seconde vie dans le snooker. Il faut dire que sa première apparition sur le circuit professionnel n’a pas marqué grand monde. Pourtant, "Metal man" - surnom qu’il doit à un accident de voiture qui lui a laissé une plaque de métal de 15 cm et 7 vis dans l’épaule - a longtemps été considéré comme le meilleur espoir d’Angleterre. Logique lorsque l’on réalise un break de 25 à 5 ans et que l’on apparaît dans le programme de la BBC, Junior Big Break: Stars of the Future.
Sauf que tout ne va pas se passer comme prévu. Alors qu’il obtient son ticket pour le circuit principal pour la saison 2001-2002, il perd sa place à la fin de l’année faute de résultats. Un schéma qui va se reproduire lors de la saison 2003-2004. Comme si Kurt Maflin était trop fort pour le circuit amateur, mais trop faible pour le main tour. Conscient de ce constat, ce supporter de Chelsea stoppe sa carrière et déménage en Norvège avec sa femme.
Un changement de vie qui ne suffit pas à lui faire oublier le snooker. Et alors qu'Anita souhaite participer à un tournoi à Porsgrunn, Kurt l’accompagne pour y jouer aussi. Là-bas, "The Viking" rencontre Knut Pedersen, un homme d’affaires norvégien. Après quelques mots échangés, les deux hommes font un pacte : si Maflin fait un century break en finale, Perdersen sera son sponsor pour l’aider à retrouver le circuit principal. Un 137 lors de la première frame plus tard et revoilà Kurt à la chasse au World Snooker Tour.

Au top de sa forme à 37 ans

Comme dans sa première carrière, Kurt Maflin ne va pas mettre beaucoup de temps à intégrer le main tour qu’il rejoint pour la saison 2007-2008. Un bonheur qui ne durera, une nouvelle fois, qu’un an avant de retourner à l’échelon inférieur. Sauf que cette fois-ci, le néo-Norvégien ne va pas baisser les bras et va finalement retourner dans le circuit principal en 2010 pour enfin réussir à s’y installer.
Malgré quelques bons résultats - une demi-finale au Players Championship en 2013, une autre à l’Open de Chine en 2015 ou encore une qualification aux Championnats du monde 2015 -, Kurt Maflin n’a jamais semblé aussi fort que depuis deux ans où il est désormais un joueur qui compte sur le circuit. À l’image de son quart de finale aux championnats du monde l’an dernier après avoir battu John Higgins au second tour au terme d’une des plus belles rencontres de la saison. Désormais 21e mondial - son meilleur classement en carrière -, Kurt Maflin sait qu’il va avoir du mal à faire aussi bien que l’an dernier à Sheffield. Et pour cause, face à lui se dresse Mark Selby pour un duel qui démarre ce mercredi à 15h30. L’homme qui l’avait battu au premier tour en 2015. Sauf que Maflin n’est plus vraiment le même joueur.
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