Championnat du monde 2023 - Ronnie O'Sullivan chasse la légende, tout le monde chasse O'Sullivan

C'est LE rendez-vous de l'année en snooker. Qu'il s'agisse de son format digne d'un marathon ou de son prestige, le Championnat du monde demeure un événement à part. Cette année, la quête d'une possible huitième couronne historique pour Ronnie O'Sullivan est au centre des attentions. Mais le numéro un mondial, auteur d'une saison moyenne, devra faire face à une concurrence féroce et multiple.

Un sommet d'émotion : O'Sullivan en larmes dans les bras de Trump après son titre

Video credit: Eurosport

On compare souvent la Triple Couronne du snooker aux tournois du Grand Chelem en tennis. De fait, le UK Championship, le Masters et le Championnat du monde sont bien les trois événements majeurs du calendrier, à l'instar de l'Open d'Australie, de Roland-Garros, de Wimbledon et de l'US Open. Mais la comparaison a ses limites. En snooker, le Championnat du monde écrase tout. En termes d'enjeu, de prestige, de gains, il y a le "World Championship" et le reste.
Tout est d'abord affaire de format. Le rendez-vous du Crucible, qui vient clôturer la saison, est le seul à se tenir sur deux semaines. Tous les autres, y compris le UK Championship, sont organisés sur une semaine. A Sheffield, c'est un marathon qui attend les prétendants, d'une exigence mentale assez folle et totalement unique. Dès le premier tour, la victoire se joue au meilleur des 19 manches. Soit un format plus long que la plupart des finales du circuit.

Le temps est l'allié des plus forts

Voilà pourquoi, ici, il n'y a pas de surprise. Dans un tournoi classique, où les premiers tours sont disputés la plupart du temps en neuf, voire sept frames, un ténor peut rapidement se faire surprendre. Au Crucible, rien de tel. Le temps est l'allié des plus forts. L'an passé, lors de son premier tour contre David Gilbert, Ronnie O'Sullivan avait été cueilli à froid. Rapidement mené 3-0, il aurait été en grande difficulté à l'Open d'Ecosse ou au German Masters. Pas au Championnat du monde.
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Les sept merveilles de Ronnie O'Sullivan en images

Video credit: Eurosport

Il suffit de jeter un œil au palmarès pour le mesurer. Seules les légendes ou les très grands champions parviennent à aller au bout en remportant 71 frames sur cinq rencontres, sans parler de tous ceux qui ont dû passer par la phase qualificative. Depuis le début des années 90, 33 titres mondiaux ont été décernés. Les trois-quarts d'entre eux ont été trustés par seulement cinq joueurs : Stephen Hendry (7), Ronnie O'Sullivan (7), Mark Selby (4), John Higgins (4) et Mark Williams (3). Le Championnat du monde est clairement taillé pour les géants.
Il n'y a eu que trois vainqueurs inédits ces quinze dernières années : Neil Robertson, Stuart Bingham et Judd Trump. Pour le premier et le troisième, a minima, on parle là de deux des trois plus grands joueurs de leur génération. Il y a fort à parier qu'il en sera en 2023 comme des éditions précédentes. Une grande première n'est pas à exclure, mais ce n'est pas l'hypothèse la plus probable.
Comme presque toujours, tout tourne sur la ligne de départ autour du cas O'Sullivan. L'an dernier, l'Anglais a franchi un nouveau cap dans la légende de son sport en égalant le record de titres de Stephen Hendry. Après avoir à son tour grimpé au septième ciel, vingt-et-un ans (!) après son premier sacre. Il peut désormais s'installer seul dans la grande histoire du Crucible en décrochant un huitième titre. A 47 ans, la performance aurait quelque chose d'extravagant, d'autant que les doublés sont rares au Championnat du monde. Au XXIe siècle, seuls O'Sullivan (2012, 2013) et Selby (2016, 2017) sont parvenus à conserver leur couronne.
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Mark Selby, Judd Trump, Ronnie O'Sullivan, Neil Robertson : quatre des immenses favoris pour le championnat du monde de snooker 2022.

Crédit: Eurosport

Un record, déjà

Quel visage présentera à partir de ce samedi le génie de Wordsley, qui affronte pour son entrée en lice le jeune Chinois Pang Junxu, valeur montante du circuit à 23 ans ? S'il a remporté deux tournois en début de saison (mais aucun tournoi ranking), son jeu s'est ensuite avéré erratique et ses résultats minimalistes. Le "Rocket" occupe certes encore la place de numéro un mondial, mais sur le classement 2022-2023, il ne pointe qu'à un très modeste 23e rang. Comme si, inconsciemment ou pas, il avait choisi de faire "all in" sur le Championnat du monde. Pari risqué, mais si un joueur est capable de le faire, c'est bien lui.
Face à lui, tous les autres. Judd Trump rêve de doubler la mise, quatre ans après. Seul O'Sullivan l'avait stoppé en 2022, lors d'une finale d'une force émotionnelle exceptionnelle. Mark Selby, de retour à son meilleur niveau, ou pas loin, peut intégrer le cercle fermé des quintuples rois du monde. John Higgins aussi, mais l'Ecossais traverse une saison difficile. Neil Robertson aussi. Arrivé en grand favori l'an passé, le blondinet australien semble ne pas s'être remis de cet échec. Mais telle est la loi du Crucible, capable d'enterrer les ambitions les plus légitimes comme d'autoriser les renaissances les plus inattendues. C'est ce qui fait son charme et sa spécificité.
Parce que Ronnie O'Sullivan est Ronnie O'Sullivan, il a tout de même trouvé le moyen de s'octroyer un nouveau record sans même s'être présenté à la table. Samedi matin, lorsqu'il entamera son 16e de finale, il amorcera son 31e Championnat du monde consécutif au Crucible pour effacer Steve Davis des tablettes. Avant, peut-être, dans dix-sept jours, un autre record, bien plus notable celui-ci...
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