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Ledecka : "Beaucoup m’ont dit qu'il n'était pas possible d'arriver au sommet dans les deux sports"

Ledecka : "Beaucoup m’ont dit qu'il n'était pas possible d'arriver au sommet dans les deux sports"

Le 24/02/2018 à 12:11Mis à jour Le 24/02/2018 à 13:16

PYEONGCHANG 2018 - Ester Ledecka sacrée en Super-G puis, samedi, en géant parallèle, c’est l’histoire assez extraordinaire d’une jeune femme qui n’a jamais renoncé à ses rêves. Pourquoi choisir un sport aux dépens d’un autre quand on a la faculté de faire les deux ? Forte d’une capacité de travail hors du commun, la Tchèque n’a jamais renoncé. A raison.

La vengeuse masquée a encore frappé. Une semaine après avoir triomphé lors du Super-G, Ester Ledecka a remis ça sur le géant parallèle, en snowboard. Et comme la semaine dernière, la Tchèque a débarqué en conférence de presse masque de ski sur le nez. Pour son sponsor ? Par coquetterie ? Un peu des deux. Quoi qu'il en soit, Ledecka (22 ans) a fait impression devant le parterre de journalistes. Mais largement moins que sur les pistes où elle a réussi un exploit exceptionnel, unique dans l'histoire moderne des Jeux d'hiver : remporter deux titres dans deux sports différents lors d'une seule édition des JO.

De par sa domination sur le circuit mondial, sa victoire du jour était évidemment plus attendue qu'en Super-G mais la mutation de l'alpin au snowboard n'a pas été aussi évidente que ça. "Hier à l'entraînement, ça n'allait pas, a-t-elle révélé après son deuxième titre olympique. Mais aujourd'hui j'ai retrouvé la snowboardeuse en moi."

Ester Ledecka

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Sacrée bosseuse

La semaine qui a séparé ses deux titres n'a pas non plus été de tout repos puisque Ledecka a dû effacer la skieuse couronnée. Non sans mal. "J'ai porté un fardeau la semaine dernière. Après le Super-G, beaucoup de gens sont venus me féliciter. J'ai eu du mal à passer au snowboard car on me rappelait constamment que j'étais une skieuse. (…) J'ai dû changer pour le snowboard rapidement."

S'entraîner pour le snowboard, l'alpin et dormir, ça demande plus que vingt-quatre heures, non ? "J'ai connu beaucoup de jours où je devais faire les deux en même temps. Mais mes entraîneurs m'ont interdit de faire ça parce que c'est assez dur pour mon corps de passer de l'un à l'autre. Après, ce qui est bien c'est qu'à l'arrivée, je peux être aux JO dans les deux sports et en profiter."

Des deux médailles d'or, laquelle lui fait le plus plaisir ? "Ma plus grande satisfaction est d'avoir été capable de gagner les deux." Derrière ce non-choix, un message pour les jeunes skieuses et skieurs du monde entier dont les rêves restent immaculés : "Faites ce que vous voulez. Si vous voulez choisir un sport, allez-y donc. Moi, je voulais faire les deux et beaucoup de monde m'a dit que ce n'était pas possible d'arriver au sommet dans les deux." Ça n'a pas été simple, comme elle l'a concédé, mais c'était possible.

Ester Ledecka

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" Elle serait capable de mourir sur la piste."

Parce qu'Ester Ledecka est une athlète à part. Elle est capable d'endurer des entraînements d'une intensité folle et partage son temps entre alpin et snowboard, à raison de périodes de trois semaines d'entraînement pour chacune des disciplines. "On essaie parfois de la sortir de l'entraînement, parce qu'elle serait capable de mourir sur la piste. Mais c'est le seul problème qu'on ait jamais eu avec Ester", explique son père Janek Ledecky.

Son coach Justin Reiter a confirmé les dires du papa : "Par le passé, c'était toujours entrainement, entrainement, entrainement et pas suffisamment de repos. On a tenté de prioriser la santé à l'entrainement cette saison." Bonne idée, on peut dire que cela a plutôt bien fonctionné. La suite ? Les deux disciplines, évidemment. Mais pour l'heure… "Je vais juste aller au lit, a-t-elle confié. Je suis assez fatiguée."

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