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Vaultier : "J'ai du mal à ne pas pleurer"

Vaultier : "J'ai du mal à ne pas pleurer"

Le 15/02/2018 à 10:50Mis à jour Le 15/02/2018 à 11:44

JO PYEONGCHANG 2018 – Désormais double champion olympique de snowboardcross, Pierre Vaultier est passé par plusieurs sentiments ce jeudi. Victime d'une chute en demi-finale, le Français s'est même vu éliminé. Avant de "tout fracasser" en finale.

Quel point commun unit désormais Pierre Vaultier à Martin Fourcade et au couple de patineurs des année 1930, Pierre Brunet et Andrée Joly ? Tous ces athlètes français sont parvenus à conserver leur titre olympique. Des exploits rares. Et donc précieux. Au moment de monter sur le podium lors de la cérémonie des fleurs, l'implacable maître du snowboardcross en avait-il conscience ? Probablement pas. Son bonheur était ailleurs.

A chaud, le Haut-Alpin de 30 ans a eu toutes les peines du monde à retenir ses larmes. "Ce sont des émotions particulières. Depuis que j'ai franchi la ligne d'arrivée, j'ai du mal à ne pas pleurer, a-t-il avoué, très ému, au micro de France Télévisions. Après des qualifications survolées et conclues avec le meilleur chrono, Vaultier a dû éviter les pièges lors des tours à élimination directe. "C'était une journée compliquée. Finalement, les qualifications ne signifient pas grand-chose. J'ai pensé que ça allait être une compétition facile, mais ce ne fut pas le cas du tout", a commenté celui qui suit actuellement une licence (L3) en géographie à l'Université Grenoble Alpes.

Pierre Vaultier aux JO de Pyeongchang

Pierre Vaultier aux JO de PyeongchangGetty Images

" J'ai pensé que c'était perdu"

Surpuissant dans un premier temps puis stratège quand il a fallu skier avec sa tête, Vaultier est passé tout proche d'une immense catastrophe en demi-finale. "L'Australien Jarryd Hughes prend une mauvaise ligne dans le virage et nous met tous par terre, explique-t-il. J'ai déchaussé ma fixation. C'est un coup de malchance et un coup de chance que je puisse repartir." Au bout de tout ça, une troisième place synonyme de finale. "C'était totalement inattendu et un sacré bazar, ajoute-t-il. Tomber et se qualifier, c'est rare. Tomber, déchausser et se qualifier, c'est rarissime. Je n'étais pas sûr du résultat. J'ai pensé que c'était perdu. J'ai même compté le nombre de mecs qui étaient à l'arrivée. Je me suis dit : 'Oh ! Je suis chez les fous !"

Miraculé, Vaultier a lâché les chevaux en finale. "Mon coach m'a gentiment stipulé que j'avais une bonne étoile aujourd'hui et qu'il n'y avait pas moyen de flancher sur le dernier run", explique-t-il. Que c'était un coup de chance mais que je méritais cette finale. Ça m'a motivé. Je me suis dit : 'Maintenant, tu te redresses, et tu fracasses tout". De bout en bout, et malgré une petite frayeur sur un saut, il a écrasé la finale. "Aujourd'hui (jeudi), j'ai été acteur de cette sentence. Là, je suis rassuré et détendu désormais."

" Pierre a vraiment un truc sous les pieds que personne n'a"

Pour le sportif de Serre-Chevalier, ce nouveau triomphe a une saveur particulière : "Si on doit comparer avec ma victoire à Sotchi ou ma première expérience olympique à Vancouver, j'ai eu un état d'esprit différent et une construction bien plus progressive toute la journée. Et à Vancouver ? "J'y étais pour gagner la médaille, qu'on me la donne, sans penser à construire, en me voyant lever les bras en l'air à l'arrivée. Ici, j'étais dans un esprit constructif, à avoir une gestuelle la plus proche possible de la perfection." Mission réussie.

Dans le camp tricolore, les compliments ont étayés ces propos. Pour Merlin Surget, éliminé en quart de finale comme les autres Français Loan Bozzolo et Ken Vuagnoux, "Pierre a vraiment un truc sous les pieds que personne n'a". Kevin Strucl, le chef d'équipe du snowboardcross français, est stupéfait par le sérieux de son ouaille : "C'est un acharné de l'entraînement. S'il ne s'entraîne pas pendant une semaine, il pense qu'il a tout perdu. Il s'entraîne plus que les autres et il a eu une petite chose de plus que les autres dès le berceau."

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