Fabien Saguez : "C'est le bon moment pour qu'on se remette en question"
Eurosport sur GooglePrésent aux Championnats de France nordiques, aux Tuffes, le week-end dernier, Fabien Saguez a pris le temps de nous répondre pour dresser un bilan de la saison. Le président de la Fédération française de ski se projette également sur la suite avec les élections à venir ainsi que les JO de 2030.
La Ministre des Sports Marina Ferrari aux côtés du président de la Fédération française de ski Fabien Saguez au Grand Bornand
Crédit: Imago
Fabien, la saison 2025-2026 vient de s’achever. Quelques mots sur cet hiver qui a été riche pour l'ensemble des disciplines ?
Fabien Saguez : Sur les disciplines nordiques, je ne sais pas comment le décrire. J'ai eu beaucoup d’échanges avec des dirigeants de club et on disait : "Même pas en rêve, on avait imaginé une razzia du biathlon comme ça s'est passé cette année, notamment aux Jeux Olympiques." Et puis le ski de fond qui passe des paliers, des caps, la médaille individuelle de Mathis Desloges au combat avec Klæbo sur le 10 km. Un relais assez fantastique avec des athlètes renouvelés. Valentin Foubert qui joue la médaille sur le petit tremplin. Quelle saison !
C’est toujours particulier de terminer une olympiade mais celle qui commence est encore plus importante car elle se terminera en France !
C’est toujours particulier de terminer une olympiade mais celle qui commence est encore plus importante car elle se terminera en France !
F. S. : Dans les débriefs, on s'est déjà un peu projeté. On amorce des changements, les stratégies évoluent avec des athlètes qui sont à différents niveaux de carrière et de maturité. On sent d'ailleurs dans les commentaires ces derniers jours qu'ils sont déjà tous sur cette projection. J'entendais les fondeurs qui disaient : "On a été en bronze pendant 20 ans, maintenant on a l’argent, il faut changer de métal pour 2030." C'est cette ambition qu'on essaie de pousser et d'accompagner. Mais effectivement, des Jeux à domicile, c'est forcément quatre ans qui vont être particuliers dans le sens où tout le monde sait quel est l'objectif au bout de l'olympiade et ce que ça peut engendrer aussi.
On a le sentiment qu'il y a une famille qui est un petit peu plus en difficulté, l'alpin. Y a-t-il une réflexion particulière ?
F. S. : C'est le bon moment pour qu'on se remette en question sur le dispositif. C'est pour ça que j'ai annoncé les états généraux du ski alpin. Ça veut dire avoir une réflexion avec l'ensemble de la filière pour ressortir tout un tas d'éléments. La saison de Coupe du monde a été relativement correcte, avec des podiums un peu dans toutes les disciplines. Un groupe slalom qui, jusqu'à mi-janvier, survolait la Coupe du monde. On était en train de se dire que ça allait passer un cap, notamment avec l'avènement de Paco Rassat et un Clément Noël toujours aux affaires, qui finit d'ailleurs encore deuxième slalomeur au monde cette année. Mais il faut penser à la "transformation" avec l'échec de Saalbach puis celui Milan-Cortina. La médaille de Romane Miradoli a été un vrai rayon de soleil, mais des constats sont à faire.
Comment on arrive à transformer mieux ?
F.S. : En faisant en sorte que l'ensemble de la filière soit plus costaude, plus forte, plus dense. Des choses ont un peu bougé. On a créé un groupe "Excellence 2030" l'année dernière. Très rapidement, on a vu les résultats aux Championnats du monde junior. Et on a aussi vu ce qui ne marchait pas à la fin. On va se fixer six mois pendant lesquels on va consulter l'ensemble des acteurs. On va donner la parole à tous les étages de la pyramide pour ensuite dégager un document de stratégie pour le ski alpin, avec à la fois les constats et les propositions. On ne débutera pas la saison prochaine sans avoir l'ensemble de cette feuille de route pour le ski alpin, parce qu'elle est très importante à l'échéance 2030 mais aussi au-delà de 2030.
Qu'est-ce qu'on veut faire du ski alpin demain en France et comment on approche toute la stratégie globale ?
F.S. : À titre personnel, il y a des élections aussi pour la Présidence de la fédération française de ski. Comment on gère ça ? Parce qu'il faut préparer un cycle qui, éventuellement, ne vous concernera pas forcément.
C'est une période un peu spéciale ?
F.S. : C'est le rôle du président qui, après un premier mandat de quatre ans, se présente à une échéance politique. On doit faire le constat des quatre ans et voir ce qu'on en retire. Et puis moi j'avais un travail à faire à titre personnel, dans mon rôle de président, dans mon amour du ski, parce que c'est ce qui m'anime tous les jours. Mon énergie vient de là, je vibre toujours autant, que ce soit sur les courses et quel que soit le niveau. Donc oui, comme je l'ai annoncé, je serai candidat à un nouveau mandat. Je dois d'abord passer la barre des élections du comité de ski du Mont-Blanc, et ensuite constituer une liste fédérale pour aller vers ce nouveau mandat.
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