Il a été N°1 mondial chez les juniors

Avant de faire du grabuge sur le grand circuit, Lorenzo Musetti s'est fait la main chez les Juniors, non sans succès. En 2018, il s'inclinait en finale de l'US Open face au Brésilien Thiago Seyboth Wild, qui a lui aussi déjà montré un bout de son talent chez les pros depuis. Quatre mois plus tard, Musetti mettait dans le mille à Melbourne en décrochant son unique titre du Grand Chelem chez les juniors, au terme d'une finale épique, remportée 14-12 au super tie-break du 3e set contre l'Américain Emilio Nava, en sauvant deux balles de match. Il n'avait pas encore 17 ans et trônait tout en haut de la hiérarchie mondiale juniors, mais très vite, il allait passer à autre chose.

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Son coach est comme son deuxième père

Lorenzo Musetti n'a connu qu'un seul entraîneur dans sa vie : Simone Tartarini. Ce coach basé au club de La Spezia, ville de la côte méditerranéenne entre Gênes et Livourne, s'occupe de lui depuis qu'il a sept ans. "Il est comme un deuxième père pour moi, a-t-il encore répété cette semaine à Acapulco, et Tartarini, qui a deux garçons, considère Musetti comme son "troisième fils".
Il est un peu tôt pour dire si le tandem restera indissociable ad vitam aeternam, mais Musetti n'envisage pas de travailler sans Tartarini. "Je ne m'imagine pas travailler sans lui et je ne pense pas être un jour avec un autre entraîneur", assure-t-il. Simone Tartarini, lui, reçoit depuis deux ans de multiples demandes de parents pour qu'il prenne en charge l'entraînement de leur fils ou de leur fille. "Beaucoup de parents pensent que je peux réussir avec leur enfant ce que j'ai fait avec Lorenzo, mais je suis juste un coach normal...", dit-il modestement.

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Roger Federer est son idole

Il n'avait que 16 mois quand Roger Federer a remporté son premier titre du Grand Chelem à l'été 2003, mais en grandissant, c'est bien vers le Suisse que Lorenzo Musetti a porté son affection de jeune supporter. "Federer a toujours été mon joueur préféré, j'ai grandi en regardant la rivalité entre Nadal et lui, il a très vite été ma référence et continue de l'être", avait confié l'Italien l'an dernier au magazine Lifestyle Enquire, allant même jusqu'à dire : "Il est l'être humain que j'admire le plus. Il est mon idole." Début 2020, à l'Open d'Australie, il était comme un gamin lorsque le clan Federer lui a proposé d'être son sparring-partner pour une séance d'entraînement. Mais il n'avait pas osé lui dire un mot.

Stefanos Tsitsipas est son modèle

S'il adore Federer, et s'il avoue que Novak Djokovic est celui qui "l'impressionne le plus" sur le circuit, tennistiquement parlant, c'est d'un troisième larron, davantage de sa génération, que Lorenzo Musetti s'inspire le plus. "Avec Stefanos Tsitsipas, nous avons des jeux qui se ressemblent un peu, alors je regarde beaucoup ce qu'il fait et j'essaie de lui ressembler, a confié récemment le jeune joueur transalpin dans le Corriere della Serra. Bien sûr, il est beaucoup plus puissant et très en avance par rapport à moi, mais notre approche du tennis est similaire et j'espère que je serai capable de suivre la même trajectoire que lui dans ma carrière."

A 8 ans, il avait déjà un revers à une main

Voilà un point commun entre Lorenzo Musetti, son idole Federer et son modèle Tsitsipas : le revers à une main. Si beaucoup de joueurs optent pour cette technique à l'adolescence, lui a presque toujours joué avec un revers à une main. Dès l'âge de huit ans, d'après Simone Tartarini. "Il manquait encore de puissance, mais il possédait déjà une dextérité incroyable pour son âge", a expliqué le technicien italien au site UbiTennis. Sous l'influence de son entraîneur, il a toutefois changé de prise quelques années plus tard, pour mieux exploiter son potentiel sur ce coup, notamment dans la diagonale. "Aujourd'hui, il peut encore faire beaucoup mieux, dans l'utilisation de ses pieds pour le placement, juge Tartarini, mais c'est une arme intéressante." Et un signe de plus du retour en grâce de ce geste longtemps en perdition.

C'est un terrien instinctif

Comme tous les joueurs italiens, le natif de Carrara a grandi sur terre battue. C'est sa surface de prédilection (même si son rêve est de gagner... Wimbledon), mais il n'a pas le profil du limeur de l'ocre. Musetti est un joueur plutôt offensif et créatif, à la palette technique déjà très variée, qui aime autant distiller les amorties que prendre le filet. Un joueur d'instinct. A l'occasion, il est même capable d'enchainer directement à la volée derrière sa première balle. "Il a toujours été comme ça, relevait son entraîneur jeudi après la victoire de son protégé contre Frances Tiaoe en huitièmes de finale à Acapulco. Je veux structurer son jeu, mais surtout pas le brider, il doit rester un instinctif. Ce n'est pas toujours bon pour mon cœur, mais j'aime ça."

Lorenzo Musetti lors du Masters 1000 de Rome en 2020

Crédit: Getty Images

Il a gagné près de 200 places en six mois

Lorsque le circuit a repris en août dernier après la longue pause forcée par la pandémie mondiale du Covid-19, Lorenzo Musetti pointait à la 284e place au classement ATP. La nuit prochaine, à Acapulco, contre Grigor Dimitrov, il jouera pour intégrer le Top 100. Qualifié pour les quarts de finale au Mexique, où il a pour la première fois épinglé un membre du Top 10 en la personne de Diego Schwartzman, l'Italien est assuré de toucher son meilleur classement lundi prochain. Au pire, il sera 109e.
Mais son ascension, qui a vraiment démarré lors du Masters 1000 de Rome en septembre dernier (il avait atteint les huitièmes de finale en battant notamment Stan Wawrinka et Kei Nishikori), a quelque chose de météorique. Parmi les 200 premiers mondiaux, seul l'Espagnol Carlos Alcaraz est plus jeune que lui. Mais à tout juste 19 ans (il les a fêtés le 3 mars), Musetti serait le plus jeune pensionnaire du Top 100. Ce n'est de toute façon qu'une question de temps.

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C'est un grand émotif

Passionné, courageux, pas du genre à lâcher un match (contre Frances Tiafoe, il était mené 3-0 dans la dernière manche avant de s'imposer), le jeune Italien est toutefois encore sujet au stress dans certaines circonstances. Il travaille sur ce point avec son coach. Un développement essentiel alors quil arrive sur le grand circuit. "Chaque année, relève Simone Tartarini, cité par l'ATP, il y a de plus en plus de pression et d'attentes. Lorenzo est très, très émotif, que ce soit sur le court ou dans la vie, c'est pareil. Pendant l'US Open ou l'Opend 'Australei (chez les juniors, NDLR), j'ai dpu faire enir deux fois le médecin parce qu'i ln'arrivait plus à respirer à cause du stress qui était trop important."

Fognini, le grand frère

Après des années de vaches maigres, le tennis masculin italien a retrouvé des couleurs depuis quelques années déjà. Malgré son inconstance, Fabio Fognini a longtemps tenu la baraque, mais l'avenir s'annonce plus brillant encore, avec Matteo Berrettini et surtout les deux joyaux de la couronne italienne, Jannik Sinner (19 ans et déjà 32e mondial) et Musetti. Deux profils très différents mais aussi prometteurs l'un que l'autre. Les deux joueurs de moins de 20 ans les mieux classés à l'ATP. "Musetti est un grand, grand talent, a commenté Sinner depuis Dubaï, où il a atteint les quarts de finale. Il peut faire tout ce qu'il veut avec la balle et physiquement, il est déjà très fort."
Et qu'en pense l'aîné Fabio Fognini ? Que du bien, lui aussi : "Il va y avoir de grandes attentes autour de lui. Battre Diego (Schwartzman) comme il l'a fait, c'était une étape importante, ça veut dire qu'il grandit vite." Fognini ne se contente pas d'être un observateur. Il joue avec un certain plaisir les grands frères. Très proche du clan Musetti, on l'a même vu venir en tribunes lors de son match contre Schwartzman pour le soutenir et il n'est jamais avare d'un conseil. "Il est très gentil avec moi, confirme Musetti. Cela fait longtemps qu'il me suit, on s'entraîne ensemble parfois, on est vraiment très proches et c'est devenu un ami, un peu mon grand frère sur le circuit."

Fabio Fognini lors du tournoi d'Acapulco en 2021.

Crédit: Getty Images

Il s'est fait tatouer une raquette de tennis sur le bras

Les plus observateurs l'ont remarqué cette semaine à Acapulco : Lorenzo Musetti a une petite raquette de tennis tatouée sur le triceps gauche. C'est tout nouveau, puisque cela date d'il y a à peine six semaines. "Comme vous pouvez l'imaginer, le tennis est une partie très importante de ma vie et j'aime tellement ça que j'ai décidé de me faire ce tatouage, a-t-il expliqué jeudi. Je le trouve très cool, je l'aime beaucoup."
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