Mpetshi Perricard, tant de progrès et tellement de marge pour avancer encore

Giovanni Mpetshi Perricard a frappé un immense coup en décrochant le titre à Bâle. Son deuxième de la saison. Son premier 500. Si le phénoménal serveur tricolore manque encore de constance au plus haut niveau, quand il sort une grosse semaine, il ne fait pas semblant. Outre son engagement destructeur, il avance dans le reste du jeu. Mais il possède encore une énorme marge de progression.

Deux aces pour conclure : revivez la balle de match de Mpetshi Perricard face à Shelton

Video credit: Eurosport

Une finale sans concéder une seule balle de break. Une semaine entière sans céder une seule fois son service. 109 aces en cinq matches, dont 22 pour la seule finale. Giovanni Mpetshi Perricard, ce n'est pas qu'une première (et une seconde) balle, mais c'est tout de même en grande partie ça. Une arme destructrice, souvent fatale. Elle l'aura été en tout cas tout au long de la semaine à Bâle, où il a décroché le plus grand titre de sa toute jeune carrière, battant en finale Ben Shelton (6-4, 7-6). L'Américain, grand serveur devant l'éternel lui aussi, a trouvé son maître.
"Il m'a presque tué sur un de ses services !", a tout de même trouvé la force de plaisanter l'Américain, qui s'est comme toujours montré chaleureux avec son adversaire, pointant le gigantesque bond en avant effectué par le jeune Français de 21 ans ces derniers mois. "Tu as tellement progressé dans plein d'autres domaines de ton jeu, a-t-il dit au cours de la cérémonie protocolaire en s'adressant directement à son bourreau du jour. T'es un talent énorme. Tu es passé de 200e à 30e mondial en 10 mois, tu peux en être très fier."

Un petit côté tout ou rien

"Je suis très fier de ce que j'ai fait aujourd'hui et de ces cinq derniers jours", a répondu Mpetshi Perricard mais Shelton a raison. C'est tout ce qu'il a accompli ces derniers mois qui mérite d'être mis en avant. Personne n'a davantage progressé que le Lyonnais au classement en 2024. 205e au 1er janvier, encore hors du Top 100 à la mi-mai, il sera 31e lundi matin, soit en position de figurer parmi les têtes de série lors du prochain Open d'Australie. Cela valait une sacrée cote voilà six mois.
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Le jeu qui résume tout : Quand "GMP", dos au mur, claque trois aces et un service gagnant

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Pour l'heure, en termes de résultats, Mpetshi Perricard a capitalisé sur deux coups d'éclat. Son titre à Lyon (ATP 250), sur terre battue, juste avant Roland-Garros, et celui de dimanche, à Bâle (ATP 500), juste avant Bercy. La perspective des gros rendez-vous français l'inspire, visiblement. Il n'a pas encore la constance, loin de là. En réalité, le Français a remporté 13 de ses 15 matches (ce qui est peu pour un 31e mondial) sur le circuit principal cette saison en… trois tournois. Lyon, Bâle et Wimbledon, où il avait atteint les huitièmes de finales, une première pour lui en Grand Chelem.
S'il veut s'ancrer durablement dans le Top 30 et même bien au-delà, il lui faudra à coup sûr se montrer plus régulier sur l'ensemble d'une saison et ne pas dépendre de deux ou trois semaines. Avant de casser la baraque chez Roger Federer ces derniers jours, il restait tout de même sur huit défaites sur ses neuf derniers matches depuis la fin juillet. Reste un potentiel assez effarant, tout particulièrement sur surface rapide, quand tout "clique" et que tout se met en place. Mais il y a encore un petit côté "tout ou rien" chez lui jusqu'ici.

Un "produit" pas encore fini

Si son service écrase tout dans la façon de le voir, il a effectivement progressé par ailleurs. Dimanche, ce fut frappant notamment dans la façon d'aborder tactiquement sa finale contre Ben Shelton. Avec son coach Emmanuel Planque, qui confirme encore et toujours sa superbe capacité à faire avancer les jeunes, Giovanni Mpetshi Perricard, également plus mobile qu'il n'en a l'air, avait bien préparé son affaire. Il n'y a eu que peu d'échanges mais, dans ceux-ci, il a subtilement utilisé à foison son revers slicé, perturbant largement l'Américain. Il est beaucoup mieux entré dans son match, mentalement et tactiquement, et l'a fini royalement.
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2m03 et plus de 100 kg : l'atypique et rarissime Mpetshi Perricard

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Il y a chez lui une forme de calme, même dans les moments chauds, qui promet. Notamment pour aborder la suite. Car il sera beaucoup plus attendu ces prochains mois. Il sera scruté, aussi. Tout le monde va tenter de trouver des solutions pour mieux lire son service (bon courage, tout de même).  Mpetshi Perricard reste évidemment encore très perfectible, il n'est pas un "produit" fini, ce qui est une excellente chose, mais sa seule arme numéro un suffit à en faire une menace. Et ses progrès, plus ou moins sensibles, dans les autres compartiments du jeu, continuent de renforcer l'arsenal global.
Il sera forcément une des attractions du début de semaine à Bercy. A Roland-Garros, débarquant de Lyon auréolé de son sacre lyonnais, il avait disparu dès le premier tour, victime en cinq sets de David Goffin. Mauvaise nouvelle, sa mission ne s'annonce pas plus simple cette fois à l'Accor Arena, puisqu'il va devoir se coltiner Frances Tiafoe d'entrée. Mais demain est un autre jour. "Je ne pourrais pas être plus heureux", a-t-il dit à Bâle, trophée sous le bras. Qu'il profite déjà de ça avant de penser à la suite. Il l'a bien mérité.
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