ATP Barcelone | Arthur Fils domine Andrey Rublev (6-2, 7-6) et remporte le tournoi avec la manière
Par Rémi Bourrieres
Mis à jour 19/04/2026 à 18:48 GMT+2
Arthur Fils est allé au bout de sa semaine à Barcelone. Malgré une frayeur à la conclusion, le Français a globalement dominé Andrey Rublev, 15e joueur mondial, pour remporter le titre en Catalogne (6-2, 7-6), le quatrième de sa carrière et le troisième en ATP 500. Costaud physiquement, solide mentalement et impressionnant tennistiquement, il s'affirme un peu plus à un mois de Roland-Garros.
Du show, des sueurs froides et la victoire : le résumé de Fils-Rublev en finale
Video credit: Eurosport
On a d'abord vibré passionnément. Puis transpiré abondamment. Et on a tous ressenti avec Arthur Fils ce sentiment de délivrance lorsque Andrey Rublev a expédié un revers hors limites, scellant ainsi la victoire et le titre pour le Français après une finale en deux temps, 6-2, 7-6(2), lors de laquelle il aura montré différentes facettes de son talent. D'abord impressionnant dans le jeu puis solide dans la tête pour maîtriser ses nerfs dans une fin de partie à haute tension, Fils est finalement devenu le deuxième joueur tricolore à remporter le toujours très "select" tournoi de Barcelone, après Thierry Tulasne en 1985.
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Ces ultimes frayeurs de fin de partie ne font peut-être, après tout, que donner au scénario un caractère absolument parfait. Car dans cette finale, Arthur Fils, qui redeviendra lundi numéro 1 français (et top 25 mondial), a prouvé toutes les qualités qui en font un si grand espoir. Il a d'abord été, on l'a dit, magistral dans le jeu, et le mot est faible. Malgré un petit retard à l'allumage et un break concédé d'entrée, il a ensuite roulé littéralement sur un adversaire - qui, malgré le plafond de verre qu'on lui connaît, n'est tout de même pas né de la dernière pluie - pour se détacher 6-2, 5-2. Ce n'était pas une domination. C'était une démonstration.
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Du show, des sueurs froides et la victoire : le résumé de Fils-Rublev en finale
Video credit: Eurosport
Coup droit d'une lourdeur à assommer un bœuf, revers d'une précision diabolique, service chirurgical… Il n'y avait rien à jeter, vraiment. Juste à admirer ce spectacle rare d'un jeune Français de 21 ans donner une leçon de tennis, presque en marchant, au 15e joueur mondial quasiment réduit au rôle de punching-ball, au point d'encaisser notamment une série de dix points d'affilée, et sept jeux consécutifs. Pour chipoter, disons que Fils aurait pu, peut-être, "tuer" le match encore un peu plus tôt s'il n'avait pas perdu le plus long et le plus intense jeu de la finale, le quatrième du deuxième set, malgré sept balles de break (2-2). Mais comme il a ensuite aligné les trois jeux suivants, on pensait que cela resterait anecdotique.
Fils au presque parfait
Peut-être que, d'ailleurs, cela n'a eu aucune influence sur la suite. Mais il n'en reste pas moins qu'à 5-2, à l'approche du titre, le bras d'Arthur s'est soudainement grippé. Un horrible jeu de service à 5-3 lui a coûté le débreak. Et le "pire" restait à venir : trois balles de match d'affilée manquées à 5-4, 0-40, puis un nouveau break concédé dans la foulée avec de grosses fautes et une tension désormais impossible à masquer. On connaît plus d'un tennisman, et pas forcément amateur, qui se serait alors liquéfié. Voire sabordé.
Mais pas Fils. Si l'on voulait jauger ce qu'il avait dans le ventre, c'était le moment. Et on a vu. Le protégé de Goran Ivanisevic a retrouvé ses esprits en débreakant illico, le tout en lâchant une paire de "Vamos" tonitruants qui ne laissaient guère de doutes sur son moral retrouvé. Derrière, malgré un début de jeu décisif là encore timide (0-2), il a réenclenché le mode "rouleau compresseur" pour remporter les sept derniers points et conclure une victoire archi-méritée.
À quel point faut-il s'enflammer de ce succès ? On laissera à chacun le soin d'en juger. Bien sûr, Arthur Fils n'a pas battu le gratin mondial cette semaine (Lorenzo Musetti en quarts, tout de même). Bien sûr, Carlos Alcaraz était blessé, Jannik Sinner n'était pas là. Bien sûr, il a failli passer à la trappe d'entrée avec ces deux balles de match sauvées contre Terence Atmane. Reste qu'on ne gagne jamais à Barcelone par hasard. Arthur Fils a rappelé, cette semaine, qu'il avait vraiment tout d'un grand. Peut-être très grand. A lui désormais de suivre son chemin, et il est balisé : c'est tout droit jusqu'à Roland-Garros.
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