US Open 2026 | Arthur Fils ne s'épargne pas après son élimination au 1er tour : "C'est presque un manque de professionnalisme"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 01/09/2026 à 08:27 GMT+2
Arthur Fils dit déjà au revoir à New York, direction le terminus des prétentieux. Arrivé gonflé à bloc et légitimement ambitieux après son titre à Cincinnati, le Français a bu la tasse lundi contre Stefanos Tsitsipas, s'écroulant inexplicablement après une bonne entame de match. Maintenant, il va lui falloir digérer cet échec cinglant et trouver à terme la clé de ses manquements en Grand Chelem.
Comment Fils est tombé dans le piège Tsitsipas dès son entrée en lice
Video credit: Eurosport
Quelque chose nous dit que celle-ci, Arthur Fils s'en souviendra. Parce que, dans la vie, si tous les coups reçus font mal, les plus douloureux sont ceux que l'on n'avait pas vu venir. Ils vous prennent par surprise et, plus encore que la douleur, c'est l'impréparation qui vous cueille. C'est une de ces claques que le numéro un français vient de recevoir en s'inclinant d'entrée à l'US Open contre Stefanos Tsitsipas (4-6, 7-6, 6-1, 6-4), un joueur qu'il avait toujours battu jusqu'ici et qu'il dominait encore assez tranquillement ce lundi avant de s'écrouler aussi brutalement qu'inexplicablement. Il va quitter New York la tête basse et les joues rouges.
"Qui va parler maintenant ?", avait titillé Fils pas plus tard qu'il y a huit jours sur la caméra de Cincinnati quelques instants après avoir conquis le premier grand titre de sa carrière. Ces mots revanchards s'adressaient à ceux qui, à son goût, le critiquent trop, lui sautant dessus à la moindre occasion. Chacun appréciera le choix du timing pour exprimer ce (re)sentiment dans un tel moment de joie, mais le retour du boomerang fait mal et on peut imaginer que la clique des pisse-froid dégustera le plat de sa revanche à la même température ce lundi après un tel fiasco. Car c'en est un, sur le fond comme sur la forme.
On peut perdre. Toujours. Mais la façon dont celui qui était supposé jouer désormais dans la cour des grands, y compris dans une cour aussi imposante que Flushing Meadows, a disparu corps et âme à la première anicroche constitue une réelle déception. On le croyait à l'abri de ça. Reconnaissons-lui au moins, à chaud, une lucidité dans les mots qu'il n'avait pas eus sur le court dans le feu de l'action. "Une fois que l'énergie a baissé à la fin du deuxième set, je ne l'ai jamais retrouvée. À mon niveau, faire une telle erreur, c'est presque un manque de professionnalisme", a-t-il lancé dans une nette autocritique.
Aucune excuse
Physiquement, mentalement, il s'est évaporé avec une décevante soudaineté. Il a tenté de se battre, pourtant, il le jure. "J'essayais, vraiment, j'essayais, clame-t-il. À un moment donné, j'ai débreaké dans le quatrième, dont je tentais vraiment de trouver une façon de m'en sortir, mais je n'étais pas assez précis au service et la balle n'est pas bien sortie de ma raquette. Donc c'était difficile. Même si je me suis battu, c'était dur."
Mais comment expliquer une telle faillite ? Un excès de confiance ? La fameuse pression, celle qui engloutit même les plus confiants ? Arthur Fils balaie ce dernier argument. "Si j'avais vraiment ressenti la pression, j'aurais mal débuté mon match, juge-t-il. Mais je ne me sentais pas trop mal, plutôt détendu. J'ai plutôt bien commencé. Ce n'était pas du très haut niveau, mais c'était plutôt solide. Je m'étais mis dans une excellente position." A 6-4, 3-0, il avait effectivement toutes les cartes en main. Puis ce fut le néant.
Alors, quoi ? Les conditions ? Un souci physique ? La hanche va très bien, rassure-t-il. Mais sous l’humidité de Big Apple, il est apparu amorphe. "Oui, il y a de la fatigue, ça a été une tournée intense entre Montréal et Cincinnati, mais il n'y a aucune excuse, concède le Français. Je dois simplement travailler beaucoup plus dur pour être capable de jouer ce genre de tournois." Ce genre de tournois, à savoir les Grands Chelems, ceux qui comptent le plus et ceux où, pour l'instant, il n'existe pas. Il y a eu les blessures, c'est vrai, mais elles n'expliquent pas tout. Elles ne justifient en tout cas rien la catastrophe new-yorkaise.
La question, maintenant, n'est pas tant de savoir qui va parler maintenant, mais qui comment il va réussir à digérer un tel camouflet. Autant sa défaite au deuxième tour de Wimbledon contre Matteo Berrettini, alors qu'il revenait à la compétition, pouvait se comprendre, autant celle-ci constitue un vrai pas (et même un bond) en arrière. Berrettini. Tsitsipas. Deux anciens finalistes en Grand Chelem, pâles copies aujourd'hui de leur passé le plus glorieux. Mais deux joueurs qui ont été ce qu'Arthur Fils n'est manifestement pas encore. Telle est la rude leçon du jour.
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Tsitsipas douche les espoirs de Fils dès le 1er tour : la balle de match en vidéo
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