ATP 250 Buenos Aires - Alexander Zverev veut garder la foi, mais est-il vraiment prêt à changer ?

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Alexander Zverev repart au charbon. Battu pour la troisième fois en autant de tentatives en finale de Grand Chelem, l'Allemand a même pris une gifle monumentale cette fois contre Jannik Sinner à Melbourne (6-3, 7-6, 6-3). C'est à Buenos Aires qu'il a décidé de relancer la machine. Il veut continuer à croire en lui. Mais peut-il encore gommer ses défauts pour chasser ses démons ?

Zverev toujours fanny en Majeur : "Il est pris en sandwich entre deux générations de champions"

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Loin de l'Australie. Loin de l'Europe aussi. Loin de tout ? Alexander Zverev a choisi Buenos Aires pour reprendre la compétition, deux semaines après son nouvel échec en finale de Grand Chelem, à Melbourne. Tout a mal (re)commencé pour l'Allemand. À son arrivée à l'aéroport dans la capitale argentine, il a eu la mauvaise surprise de constater que ses valises ne l'avaient pas suivi. Elles sont même parties dans une direction opposée pour atterrir… aux Maldives, à 14 000 kilomètres de l'Argentine. Quand ça ne veut pas... "Puisque je ne peux plus jouer au tennis, je vais prendre des vacances", a-t-il préféré sourire.
Exempté du premier tour, le numéro 2 mondial aura eu le temps de tout récupérer. Il va bien jouer au tennis cette semaine à Buenos Aires. Un retour sur terre plutôt que dans les salles européennes. Pas totalement une surprise puisqu'il avait rappelé en Australie qu'il n'aimait pas Rotterdam, où il avait toujours eu des sensations détestables. Va donc pour la douceur argentine. A Buenos Aires, il a une bonne tête de favori. Pas d'autre membre du Top 10 à l'horizon et seulement deux joueurs du Top 20 en plus de lui, Holger Rune et Lorenzo Musetti.
Je regrette un peu d’avoir dit que je n'étais peut-être pas assez bon
Mais comment se motiver ? Comment retrouver la force de retourner au combat ? Quand on ne vit que pour la victoire en Grand Chelem, qu'on vient de se faire dérouiller violemment en finale de l'Open d'Australie comme ce fut son cas contre Jannik Sinner, et que la prochaine échéance majuscule est encore dans plus quatre mois, il faut un peu de structure mentale pour trouver la détermination adéquate dans un 250 terrien. Mais Zverev n'a pas le choix.
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"S'il ne fait pas évoluer son jeu, ce sera la même histoire pour Zverev en Grand Chelem"

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Sur la Rod Laver Arena, quelques minutes après sa lourde défaite, il ne s'était pas épargné. "Je ne suis tout simplement pas assez bon, c'est aussi simple que ça", avait-il lancé. Une volte-face radicale après des propos volontaristes des jours et des semaines précédentes. Il se disait convaincu que son tour allait venir. Que le travail allait payer. Il est tombé de haut, le grand Sascha, le 26 janvier dernier, en voyant son ambition se fracasser de la sorte. Cette défaite-là a fait plus de mal que n'importe quelle autre. Pas tant parce que c'était la troisième que pour l'énormité de son ampleur. Elle lui a asséner en pleine face des manquements qu'il refusait de voir.
A Buenos Aires, à défaut d'entamer le premier tournoi du reste de sa vie, celle d'un vainqueur en Grand Chelem, l'Allemand doit évacuer ce passé récent. Même si c'est une mission presque impossible. Première étape, prendre ses distances avec ses propres paroles. "Je regrette un peu d’avoir dit que je n'étais peut-être pas assez bon, a-t-il concédé lors de sa conférence de presse de rentrée. Je dois continuer à croire en moi et à croire que je suis assez bon pour gagner des tournois du Grand Chelem et pour devenir numéro 1 mondial si je continue à m'améliorer."

L'ambition et le courage

Mais dans son cas, la vraie question est : que signifie s'améliorer ? Zverev a voulu croire qu'en alignant les séances d'entraînement après chaque match cet automne et en ce début d'année aux antipodes, comme un pianiste fait ses gammes, il comblerait ce qui le sépare de Sinner et Alcaraz. Il a travaillé d'arrache-pied physiquement. Sauf que si la finale de Melbourne devrait lui avoir appris quelque chose, c'est que le problème est autre part.
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Zverev : "Cela m'énerve de passer à côté de ce trophée sans pouvoir le toucher"

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Arnaud Clément, sur Eurosport, avait évoqué un blocage psychologique pour définir son incapacité à réellement changer sa façon d'être sur le court. Rentrer dans le court et dans le lard. Agresser, encore et toujours. Avancer, en permanence. Pas seulement sur deux ou trois points déterminants en demie ou en finale, comme il semble le croire. Faire de cette attitude un état constant, y compris contre des adversaires face auxquels sa marge est telle qu'il n'en a pas réellement besoin. Pour habituer son corps et son esprit à agir ainsi, tel un pilote automatique, quand cela comptera le plus.
A 21 ans, Carlos Alcaraz, avec déjà quatre Grands Chelems sous le bras, a pris le risque de modifier son geste au service afin de gagner en fluidité et, in fine, en efficacité. Quitte à passer par un délicat temps d'adaptation. Pas question pour lui de jouer la carte du statu quo, même si, en l'état, il se construit déjà un palmarès effarant pour son âge. Cela demande à la fois ambition et courage. "Je savais que je devais changer quelque chose, a-t-il expliqué à Melbourne. Il y a des moments où je ne le fais pas à l'entraînement ou en match, mais ça va venir. Avec le temps, mes doutes disparaîtront et ce sera plus naturel. Je dois être plus précis au service."

Le changement, pas des ajustements

Dans le cas de Zverev, il ne s'agit pas de gestuelle et de technicité, mais d'attitude. Reste que le processus n'est pas si différent. Lui aussi doit avoir pour objectif de faire de cette agressivité un état d'esprit permanent. Pour que ces doutes disparaissent et que cela devienne plus naturel, comme le dit Alcaraz de son nouveau mouvement au service. Jusqu'ici, il n'était pas dans cet état d'esprit. Il veut croire que les raisons de ses échecs répétés sont ailleurs, jusqu'à évoquer une absence de "chance", comme il l'avait fait avant la finale contre Sinner.
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L'image de la finale : Quand Sinner réconforte un Zverev déconfit

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Le fait d'avoir pris une énorme claque en finale de "l'Australian" va-t-il agir comme un révélateur chez lui ? Est-il vraiment déterminé à changer ? Le Hambourgeois avait perdu ses deux premières finales majeures en cinq sets. C'était finalement peut-être la pire des choses pour lui, en le confortant d'une certaine manière dans sa certitude d'être tout près du but.
Zverev s'en sortira par le changement. Pas par des ajustements. Et le changement, ça commence maintenant. Dès Buenos Aires. Puis à Rio et Acapulco, ses deux prochaines destinations. Gagner ou échouer en Argentine, au Brésil ou au Mexique ces prochaines semaines ne changera rien à sa vie. Mais s'il aborde la suite en se disant qu'il verra bien à Roland et que, d'ici là, autant continuer comme si de rien n'était, il court le risque de persister dans l'erreur. Et de rester ce qu'il est : un numéro 2 mondial, à la carrière enviable pour le commun des joueurs, mais un éternel frustré des sommets. A lui de savoir non pas ce qu'il veut, car il le sait, mais s'il est prêt à changer pour l'obtenir enfin.
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