Masters 1000 de Cincinnati | Convaincant, Arthur Fils peut avoir de l'appétit

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Voilà Arthur Fils en demi-finale du Masters 1000 de Cincinnati, après une rencontre maîtrisée face à Thiago Tirante. Dans la chaleur de Cincinnati, le Français paraît très dur à bouger, et tient peut-être là sa meilleure chance d'atteindre sa première finale d'un tel tournoi, d'autant qu'il connaît bien Flavio Cobolli. Mieux, Fils est aujourd'hui à sa place.

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Video credit: Eurosport

Il n’apprécierait sans doute pas cette position, ou, en tout cas, il faudrait le forcer pour qu’il la soutienne. Discret dans ses prises de parole, moins sur le terrain, Arthur Fils a pourtant, qu’il le veuille ou non, une bonne tête de favori de ce Masters 1000 de Cincinnati. Impressionnant de puissance et de solidité, le Français a ce qu’il faut pour imaginer aller au bout, même si rien n’est fait.
A vrai dire, lui-même doit quand même en avoir un peu conscience. A voir son sourire à l’évocation de sa demi-finale à venir contre Flavio Cobolli, l’appétit de Fils était palpable. "Cela va être un bon match. Je suis pressé de le jouer, on a eu quelques bons combats. A chaque fois ça a tourné à mon avantage… mais ça va être cool”, s’est réjoui le Tricolore. 
On ne doute pas de son fair-play, de son appétit compétitif et du fait qu’il se serait réjoui de n’importe quelle demi-finale, lui qui est devenu le premier Français à en atteindre une troisième sur une saison depuis Guy Forget en 1991. On se permettra néanmoins de penser que la deuxième partie de la citation est peut-être la plus importante. 

Le meilleur des autres ?

Effectivement, en deux rencontres répertoriées par l’ATP, le Français a battu deux fois l’Italien, sans jamais concéder de set. Une stat' à tempérer car la première des deux confrontations date du masters next gen de 2023, où les sets s’arrêtent à quatre jeux remportés. La deuxième est peut-être plus représentative et date des 16es de Monte-Carlo l’an passé. Sur terre battue, surface favorite de l’Italien, Fils avait gagné tranquillement (6-2, 6-4).
Certes, c’était avant la mue de l’Italien au printemps resplendissant, auréolé de sa finale à Roland-Garros. Cela vient cependant donner de la consistance aux chances de Fils. Déjà satisfait de son tournoi à Miami avant d’être sorti par Jiri Lehecka, forcément outsider contre Jannik Sinner à Madrid, il est cette fois-ci complètement à sa place, apparaissant même comme un favori pour atteindre sa première finale en Masters 1000, voire viser son premier titre.
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Arthur Fils à Cincinnati.

Crédit: Imago

Des derniers survivants du tableau, aucun n’a de bilan positif face à lui, alors que les premières têtes de série n’ont pas tenu leur rang. Taylor Fritz ? Battu à Miami cette année dans leur seule confrontation. Lorenzo Musetti ? 2-1 pour Fils, qui l’a battu à Barcelone, sur la surface préférée de l’Italien. Frances Tiafoe ? 1-0 pour le Français, qui l’a vaincu à Miami l’an passé. Seul Brandon Nakashima tient le 2-2, même si la dernière en date, là aussi à Barcelone, est revenue au Français.

Le roi du bras de fer

Au classement, c’est pourtant avantage Fritz et Cobolli, 9e et 10e mondial, l’Italien étant même 4e à la Race. Mais doit-on encore rappeler que le Français, dorénavant 7e dans la course à Turin, a raté deux tournois du Grand Chelem ? Et que, promis au moins à la 14e place mondiale à la sortie du tournoi, il n’a aucun point à défendre jusqu’en février prochain ? Derrière les chiffres, qui n’ont jamais gagné de points sur un court de tennis, il y a l’impression laissée par Fils, qui n’a concédé aucun break cette semaine dans l’Ohio.
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Video credit: Eurosport

Toujours aussi puissant, il est dur à bouger, surtout dans la moiteur de Cincinnati. Il fallait voir l’état de Tirante, après seulement une heure de jeu, à la fin de la rencontre, pour comprendre le défi physique que l'Essonnien représente dans ces conditions. "Le soir c’est plus lent, c’est très physique, mais j’aime bien", a jugé le vainqueur. L’Argentin, qui avait pourtant fait sauter le caisson d’un certain Novak Djokovic au premier tour, a peut-être moins apprécié. Que ce soit lui, un outsider, ou un favori comme le top 10 Alex de Minaur au tour précédent, le numéro 1 français a appliqué la même sentence, avec une rigueur qui donne de la confiance.
Tout cela n’est pas pour dire qu’Arthur Fils va gagner ce tournoi. D’autres comme Cobolli, dans la saison de sa vie, peuvent y croire autant que lui. Après tout, il n’a jamais disputé de finale de Masters 1000 et la France, qui n’a pas eu de vainqueur depuis Jo-Wilfried Tsonga à Toronto en 2014, n’est pas très bien placée pour être exigeante. Mais le joueur de 22 ans a une chance, comme il en avait une à Barcelone. Il avait su la faire fructifier. Notre certitude, en revanche, c’est que ses adversaires vont devoir travailler dur pour le faire dérailler, et que la demi-finale promet un sacré combat.
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