Gaël Monfils s'est encore pris les pieds dans le tapis : pour la 17e fois de suite, le Français a été battu par Novak Djokovic sur le circuit ATP. Ce vendredi, le théâtre était la demi-finale du tournoi ATP 500 de Dubai. Celle-là fait d'autant plus mal que le Français a eu trois balles de match dans sa raquette, dont deux sur son service dans le jeu décisif de la deuxième manche, avant finalement de rendre les armes dans le troisième set, expédié en un quart d'heure (2-6, 7-6, 6-1). Le Serbe affrontera Stefanos Tsitsipas pour décrocher un 5e titre aux Emirats Arabes Unis.

Il ne pourra donc pas reprendre à son compte la célèbre maxime de Vitas Gerulaitis. Et pourtant, Gaël Monfils est passé près, très près même, de briser enfin sa série noire contre Novak Djokovic. Avant cette demi-finale, le Français estimait avoir été solide sans jouer un "gros tennis" depuis le début de la semaine. Et face au numéro 1 mondial, il a pu constater qu’il était capable d’élever son niveau de jeu d’un, voire de deux crans, pour rivaliser voire dominer pendant deux sets les débats. Oui mais voilà, il n’a pas réussi à concrétiser cette performance par le résultat qu’il attendait tant, et c’est bien le "Djoker", toujours invaincu en 2020, qui poursuit son début de saison parfait (17 victoires).

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A Monfils les regrets : ses 3 balles de match vendangées contre Djokovic

Monfils a tremblé, mais n'a pas failli

Le constat est là : Monfils a eu trois occasions, dont deux sur son engagement, d’achever la bête blessée quand il a mené 6 points à 3 dans le tie-break du deuxième set. Et indéniablement, le 9e joueur mondial a tremblé, prenant d’abord un risque démesuré dès la deuxième coup de raquette en revers long de ligne, puis en voyant la balle lui échapper en longueur à l’échange. Sur sa troisième chance en revanche, sur le service adverse, il n’a pas grand-chose à se reprocher : Djokovic a bien avancé en coup droit d’attaque derrière sa première balle.

Il serait bien tentant dans ces circonstances de pointer du doigt une éventuelle faillite mentale du Parisien. Mais d’autres joueurs, aux qualités et à la carrière bien plus impressionnantes que lui, ont parfois joué "petit bras" au moment de conclure contre le Serbe, Roger Federer ne le sait que trop bien. Il serait donc plus juste de souligner qu’avant de rater le coche, Monfils avait résisté sur ses deux derniers jeux de service de la manche, avec cran et talent, à l’immense pression que lui avait mise Djokovic.

Ecartant pas moins de cinq balles de break synonymes de balles de set à 5-4 puis 6-5 contre lui, il s’était battu comme un lion pour obtenir le droit de rêver. Et il en a même sauvé deux autres dans le jeu décisif (sept en tout donc), avant de céder sur une double faute, apparemment gêné par des spectateurs.

Longtemps dominé, Djoko est resté à l'affût

Mené d’un set et d’un break (6-2, 3-1), le "Djoker" n’en menait pas large avant ce retournement de situation, comme il l’a lui-même concédé sur le court après sa victoire. Sans solution à l’échange, il a été longtemps très gêné par la longueur et le poids de la balle du Français. Contraint de forcer son jeu vers l’avant, il a commis pas moins de 17 fautes directes dans le premier acte (29 en tout) pour seulement 6 coups gagnants. Mais comme le prédateur à sang-froid qu’il est sur un court de tennis, il a attendu son heure et une baisse physique de son adversaire pour se relancer. Moins performant sur première balle, Monfils a concédé le débreak (6-2, 3-3) avant d’entrer en résistance et de frôler l’exploit.

Il n’en reste pas moins que son effondrement dans le dernier acte de ce match pose question. S’il s’est rassuré quant à sa capacité à jouer d’égal à égal avec ce qui se fait de mieux sur la planète tennis en ce moment, le Français a montré des limites physiques et mentales rédhibitoires dans ce troisième set à sens unique. Il lui reste donc encore un sacré chemin à parcourir pour rêver d'un titre en Grand Chelem. Si cet énième échec sera difficile à avaler à court terme, il montre néanmoins que Monfils est sur la bonne voie. A lui de continuer à la suivre.

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