ATP 250 Estoril | Luca Van Assche après son premier titre : "Je peux battre n'importe qui... mais je peux perdre contre n'importe qui aussi"

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Dans le formidable week-end pour le tennis français, il y avait Quentin Halys, et donc Luca Van Assche, vainqueur à Estoril dimanche. En battant Alexander Blockx en finale, le Français a ouvert son compteur sur le tournoi principal. Il raconte son match, et plus globalement son cheminement, ses doutes et désormais les leçons qu'il tire de cet accomplissement.

Van Assche ouvre son compteur à Estoril : le résumé de sa finale victorieuse

Video credit: Eurosport

Propos recueillis par Frédéric Verdier
Luca, première finale sur l'ATP, une finale que vous n'êtes pas près d'oublier ! Un match énorme face à un adversaire de haut niveau, Alexander Blockx, 32e mondial. Racontez-nous vous-même comment tout ça s'est passé, la fin de match est folle.
LVA : C'est sûr que le match en général était assez fou, le début de match difficile des deux côtés avec beaucoup beaucoup de vent donc surtout je trouvais ça très compliqué de servir : la balle bougeait quand je la lançais, elle partait n'importe où donc pas facile au début, puis du fond de court, je me sentais bien, mais Alex c'est un joueur assez compliqué à jouer parce qu'il peut jouer très très vite en coup droit surtout il a vraiment des séquences de jeu où il frappe vraiment très très fort. J'ai trouvé un bon équilibre entre être solide, mais aussi agressif, ne pas toujours le laisser jouer parce que ça dépend de lui.
Alors pendant un set, jusqu'à 6-4 2-0, c'était très bien, après j'ai eu un petit coup de barre, j'en ai un peu moins mis, j'étais un peu moins concentré sur ce que je devais faire, sur le jeu, et je commençais forcément un petit peu à me projeter un petit peu et lui a haussé son niveau de jeu et directement c'est devenu très équilibré. Ensuite dès le début du troisième, j'ai réussi à repartir de plus belle, avec des belles intentions. Pas toujours facile, parce qu'il y avait quand même beaucoup de vent, surtout d'un côté contre le vent, c'était dur. La balle arrivait vite, c'était dur de jouer, mais voilà, je suis très content de la manière dont j'ai géré. La fin, c'est sûr que c'est dingue.
Racontez-nous justement...
LVA : Je mène 4-2, j'ai 2 ou 3 balles de double break, où là je sens que je suis vraiment très proche de le faire coincer, mais il s'en sort bien, je mène 5-3, c'est des jeux qui sont accrochés, et puis à 5-4 le jeu est dur, j'essaie, je m'engage, j'essaie vraiment d'y aller, d'aller chercher mon match, je fais peut-être 2-3 petites erreurs, mais bon, sur un jeu assez fou aussi, je crois que je suis à 0-30, je reviens à 30-A.
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Van Assche tient son premier titre : la balle de match en vidéo

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À 30-A il y a ce point où je monte, il fait un passing, je fais une volée amortie, il la met un peu sur moi, je suis en volée réflexe un peu, mais je la mets dans le filet. C'était pour avoir balle de match, je ne la fais pas, donc c'est quand même dur. Après à 5 partout, là où j'ai déjà perdu un peu le même match la semaine dernière à Umag contre Titouan Droguet, où je menais là aussi 3-0 double break au 3e, puis 5-4 service et il revient à 5 partout et l'erreur un peu que j'avais faite, c'est que je me disais : « ah j'ai pas réussi à finir ».
Vous avez douté ?
LVA : Là contre Blockx, en fait c'est un peu le même scénario mais cette fois, à 5 partout, j'ai changé un peu de mentalité, je me suis dit « 5 partout en gros on est juste à égalité quoi ! » Donc, même si j'ai mené 5-3, à 5 partout, égalité, c'est pas lui qui est plus devant que moi, donc voilà, je suis reparti.
J'ai eu une petite pensée à un moment, je crois, à 5 partout 0-15, je me suis dit, il doit quand même penser que cette semaine, il peut pas perdre, parce qu'il a l'impression qu'à chaque match il s'en sort ric-rac, il sauve deux balles de match contre Kyrian Jacquet au deuxième tour, son quart de finale est aussi en 3 sets, et contre Darderi, il s'en sort par miracle. Mais là j'ai essayé de me concentrer vraiment sur mes intentions, sur ce que je faisais qui me rapportait des points. Et c'est ce que j'ai réussi à bien faire sur le jeu à 5 parties pour le breaker, pour faire 6-5.
Et après 6-5 j'ai plutôt bien géré, c'est le jeu où je suis contre le vent donc pas facile. Mais en général, tout le tournoi et surtout la demi-finale et la finale, il y avait vraiment beaucoup de vent. Donc il fallait bien gérer un peu tout ça. Mais c'est ce que j'ai bien fait, donc je suis très content.
Il y a un truc dingue entre vous et le Portugal. Vous pouvez nous rappeler tous ces signaux positifs avec le Portugal, que des bons souvenirs quasiment et des victoires symboliques ?
LVA : Exactement. En fait, au plus jeune âge, quand j'étais je crois en U14, j'avais déjà fait un tournoi junior à Maïa et j'avais fait, je crois, finale, c'était une de mes premières belles performances en U14. Ensuite j'étais retourné au Portugal pour des challengers, c'était vraiment mes débuts en Challenger, et j'avais fait ma première finale à Lisbonne, j'avais fait qualifié-finale là-bas, sur terre extérieure aussi. Et la même année, en toute fin d'année, j'ai gagné mon premier Challenger à Maïa, donc que des bons souvenirs, et enfin en 2023, j'ai gagné mon premier match ATP à Estoril, donc c'est vrai que le Portugal, je n'ai que de bons résultats.
C'est assez fou qu'à chaque fois les premières se fassent là-bas. C'est quand même une terre un peu comme en France, plutôt sèche, rapide. Donc, c'est des conditions qui me vont bien. Cette année, je ne m'attendais pas forcément à gagner directement le tournoi dès ma première fois. Mais je suis très à mon aise là-bas au Portugal, c'est des conditions qui me plaisent bien.
Malheureusement, il n'y a jamais eu de Masters 1000 au Portugal, mais il y a eu déjà un Masters au Portugal, gagné par Kuerten, en 2000.
LVA : Ah oui, s'il y a eu un Masters, ce serait une super idée qu'il y ait à nouveau un Masters 1000 organisé au Portugal. Je leur ai dit pendant la cérémonie, quand j'ai fait ma petite interview à la fin, moi le Portugal franchement j'adore, parce que j'ai toujours bien joué là-bas et je leur ai dit : "vous devez penser à faire un tournoi de catégorie supérieure" !
Votre trajectoire est singulière : des résultats très jeune, Roland Garros junior en 2021, puis une progression rapide jusqu'aux portes du top 50, avant cette prise de conscience que votre jeu de l'époque ne garantissait pas une place stable dans le top 20. Racontez-nous ce cheminement, rare à cet âge et à ce niveau.
LVA : En fait, j'ai passé pas mal de différentes étapes dans ma carrière, en junior en 2021, j'ai gagné Roland Garros en effet. Pour moi, c'était génial. Ça m'a permis de clôturer cette partie junior dans ma carrière. Et après, je me suis lancé complètement chez les pros j'ai bien joué très très rapidement donc pour quelqu'un de normal moi là sur le moment je trouvais ça normal mais avec le recul c'est vrai que c'était incroyable : en 2023 voilà l'année de mes 19 ans j'étais top 100, je suis même monté 63e mondial, après c'était quelque chose vraiment de tout nouveau pour moi, j'avais très très bien joué en challenger surtout, j'étais encore très jeune et je me rendais pas trop compte, je ne réalisais pas encore que j'avais vraiment le niveau pour rivaliser avec les tout meilleurs, même si j'avais eu des victoires franchement très correctes, c'était très nouveau tout ça. Je ne me sentais pas encore forcément à ma place. Et c'est sûr que j'ai été beaucoup, beaucoup, beaucoup habitué à gagner, dès les juniors.
Et en arrivant chez les pros aussi, tout le monde me disait « la transition va être compliquée ». Et au final, en un an et demi, deux ans, j'étais dans le top 100, donc plus facile que prévu ! D'habitude quand t'arrives sur le circuit ATP, à part les 20 premiers, le ratio général d'une année, c'est quand même souvent une victoire pour une défaite. Et c'est quelque chose qui est assez perturbant quand on arrive, quand on est jeune, qu'on est habitué à gagner, on se dit « ah, c'est quelque chose qui va pas, quelque chose qu'on fait moins bien, peut-être qu'il faut changer quelque chose, etc. » Donc, je m'étais remis un peu en question sur certaines choses. En fait je n'aurais pas dû, parce que mon niveau était déjà satisfaisant, résultat tu gagnes un peu moins de matches, tu perds un peu confiance.
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Luca Van Assche à Estoril.

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Qu'est-ce qui a fait dérailler la machine ?
LVA : Ensuite j'ai eu quelques petites blessures où j'ai pas pu jouer pendant quelques semaines, où j'ai moins bien performé. Puis j'ai commencé à descendre, après quand je suis ressorti du top 100, je suis reparti en challenger et après j'ai commencé à me dire : "ah ben en challenger c'est imperdable j'étais 60e, donc j'ai pas le droit de perdre contre un mec qui est 150", tu te mets une pression de dingue, tu joues moins bien forcément, c'est compliqué et après j'étais rentré dans une spirale un peu plus négative où je jouais moins pour aller gagner et pour aller performer mais plus pour ne pas perdre ou pour garder mes points pour revenir dans le top 100 et pas comme ambition de vouloir gagner les tournois, monter plus haut, voire aussi la progression de mon jeu.
J'étais plus concentré sur la semaine suivante, j'ai tant de points à défendre, etc. Donc période assez compliquée. Ça m'a quand même remis en question aussi sur beaucoup de choses. Forcément, quand tu redescends, tu perds beaucoup. Alors que t'es habitué à beaucoup gagner, tu le vis mal. En tout cas, je ne le vivais pas très bien. Donc, il y a des moments où je me demandais est-ce que c'est vraiment cette vie-là que j'ai envie de vivre parce que tu sacrifies quand même beaucoup de choses et je ne le vivais pas très bien.
C'est quoi le plus difficile dans cette période ?
LVA : Il y a des moments quand même où je me suis dit c'est dur quand même, t'es jamais chez toi et puis en tournoi, je fais un match le lundi et ensuite une semaine de travail, parce que je perdais tout le temps. Au final, je ne vivais pas la vie telle que je la vis maintenant. Après, j'ai eu pas mal de périodes aussi de remise en question et après, vers la deuxième partie de saison de l'année dernière, j'ai eu une petite blessure au genou qui m'a un peu empêché de jouer pendant quelques mois. Tout ça fait que je me suis dit, qu'est-ce que t'as envie de faire ? Tu veux te remettre à fond dans le tennis ? Il faut vraiment accepter que pendant quelques mois ça va être dur, je peux pas remonter top 100 en un tournoi.
Comment avez-vous réussi à switcher après cette période compliquée ?
LVA : Il fallait accepter que ça prenne quelques mois et quelques temps, et je suis reparti un peu de zéro, avec une mentalité différente, vraiment aller chercher les matches, les tournois, jouer avec de la confiance, et c'est ce que j'ai réussi à bien faire. En fin d'année dernière déjà, parce que j'étais 240e avant le challenger d'Olbia, j'ai réussi à gagner le tournoi, j'ai fait vraiment une belle semaine avec des belles performances, ça m'avait relancé un peu, ça m'a fait du bien et ensuite pour l'intersaison je commence à travailler avec Sébastien Villette, on a fait une bonne préparation à Dubaï, vraiment très dure. J'étais plutôt confiant pour cette année, j'ai commencé l'année avec cette mentalité là, de vouloir performer et ça a bien payé tout de suite, ça m'a permis de revenir dans le top 100 rapidement et de me retrouver à ma place.
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Shelton, l’heure des comptes

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Et vous sentez que vous avez vraiment trouvé votre identité de jeu ? Est-ce que vous vous sentez vraiment dans la peau d'un joueur agressif où il y a toujours votre ADN peut-être de joueur plus régulier qui transparaît ?
LVA : C'est sûr que sur ça je suis beaucoup plus clair par rapport à ça, j'ai beaucoup confiance. Souvent, avant, je me posais de questions. Quand j'étais jeune, je pense que c'était très normal parce que quand tu arrives, tout est nouveau. Et parfois, sur certains matches, ça a marché moins bien. Je me demandais s'il fallait changer. Alors que, non, ma base doit rester la même. Maintenant, j'ai aussi pris en maturité, j'ai pris beaucoup plus d'expérience aussi grâce à tous les tournois que j'ai pu jouer. Et j'ai pu connaître beaucoup mieux mon jeu et me rendre compte que quand je joue d'une certaine façon c'est comme ça que je vais être performant et que je vais pouvoir monter très haut et pour le moment ça confirme bien cette année et je continue comme ça.
Sur ce tournoi d'Estoril, tout n'a pas été facile, vous avez beaucoup joué. J'ai été impressionné par votre capacité à enchaîner physiquement, vous qui aviez déjà montré cette forme en Challenger cette année, notamment en battant Blockx en finale de Lille. Est-ce une découverte pour vous de pouvoir tenir des matches aussi durs sur une semaine entière ?
LVA : Des matches à ce niveau-là, enfin cinq de suite comme ça, ça ne m'était jamais arrivé encore sur le circuit ATP, autre que Challenger, donc forcément ça fait plaisir. Après, le physique, je sais que c'est un point important quand même dans mon jeu. Je sais que c'est quand même une grande force, on a beaucoup, beaucoup travaillé aussi avec mon équipe sur la partie physique pour pouvoir garder une intensité très élevée sur la durée. Donc, j'ai aussi envie de féliciter mon équipe pour ça, parce que c'est aussi grâce à eux que j'arrive à être performant pendant des matches longs et aussi pendant une semaine complète.
C'était un peu le but de pouvoir maintenir une intensité très élevée tout au long d'un match. Et ça vient confirmer un peu tout le travail qu'on a mis en place avec l'équipe ces derniers mois, ces dernières années aussi, parce que le physique, ça a toujours été quelque chose d'important dans mon jeu. Et maintenant, il faut juste continuer dans cette direction-là pour le garder et le renforcer aussi, parce qu'il y a encore beaucoup de choses où je peux être bien meilleur.
Vous pouvez les citer d'ailleurs, autour de Sébastien Villette, votre coach, il y a qui ?
LVA : Donc là, Sébastien Villette, c'est mon coach principal. Je fais aussi quelques semaines avec Maxime Teixeira. Et sur la partie physique, je m'entraîne avec Laurent Laffitte et Roberto Vavassori, deux prépas physiques qui travaillent à la Fédération. Ça fait longtemps que je les connais, surtout Laurent, ça fait une dizaine d'années que je travaille avec lui. Roberto ça va faire 3-4 ans. Ils sont en duo et c'est eux qui m'accompagnent tout le long de l'année.
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Sur ce tournoi, il y a un moment où vous sentez que tout est bon, jambes comprises, où vous vous dites "je peux faire péter un truc". Avant Rublev par exemple, sentiez-vous une vraie chance de le gêner, ou restiez-vous incertain ?
LVA : Non, en fait, je l'ai vraiment pris match par match, donc déjà, dès le premier tour, c'était compliqué : j'ai joué trois heures et demie, donc c'était pas facile. Après, c'était des joueurs dont je savais avoir le jeu pour les battre. Carreno Busta, je l'avais déjà battu l'année dernière. Et Rublev, je l'avais déjà joué il y a deux ans, j'avais perdu en 3 sets. Et je sais que mon jeu est assez efficace contre lui. J'ai un style de jeu qui l'embête, en général. Donc je crois en mes chances. Après, forcément, c'était quand même compliqué, parce que ça reste un joueur qui est quatorzième mondial et qui a gagné un 250 la semaine d'avant.
Donc je sais que c'est un match dur, mais je me suis prouvé aussi que sur tout un match entier contre un joueur comme ça, j'ai pu maintenir un niveau très élevé. Et après, une fois que j'ai battu Rublev et qu'on est arrivé en demi, forcément, tout est possible. J'ai joué Hugo Gaston qui était aussi un match très difficile, mais en fait, sur tous les matches, j'avais totalement mes chances et je me sentais vraiment bien. Je savais qu'on dirait que ça allait être des matches compliqués, mais je partais vraiment avec l'intention de gagner et pas juste de jouer et voir comment ça se passe. Donc ça, c'est quelque chose qui m'a plu.
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Vous avez vu que c'est un week-end de folie pour le tennis français, avec la victoire de Quentin Halys à Kitzbühel la veille. Son résultat vous a-t-il inspiré, sachant que vous avez une histoire commune sympa : vous vous êtes entraînés ensemble récemment, vous vous connaissez bien malgré la différence de génération, et vous avez été appelés pour la première fois en Coupe Davis pour la même rencontre ?
LVA : Exactement, Quentin c'est quelqu'un que je connais plutôt bien maintenant. Au début de ma carrière, je le connaissais un petit peu, mais pas plus que ça, parce que moi j'étais encore jeune, et je suis assez timide et réservé. Je m'entraînais bien avec tout le monde, mais on s'entraînait quelques fois ensemble à Paris. Et puis, j'ai vraiment appris à le connaître beaucoup plus à Taïwan, parce qu'on a été appelé en même temps, c'est mon unique sélection pour l'instant. J'espère qu'il y en aura d'autres. Mais en tout cas, c'était notre première à tous les deux à Taipei. On était restés en Australie pendant pas mal de temps pour préparer la rencontre.
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On a passé pas mal de temps ensemble, et c'est là-bas où j'ai vraiment appris à le connaître. C'est un super joueur et une super personne, j'ai souvent tapé avec lui. En plus qu'on s'entraînait ensemble juste avant qu'il parte à Gstaad et que moi je parte à Umag, on a fait des sets d'entraînement ensemble. Et c'est assez drôle parce que pendant l'entraînement, on est arrivé à un moment où je lui ai demandé mais t'as fait combien de finales ATP toi ? Et il m'a dit ah j'en ai fait qu'une à Gstaad il y a deux ans ! Donc on parlait un peu de cette période là, où pour lui c'était une période assez compliquée juste avant cette mini-tournée alpine, et d'un coup il a fait le switch, on parlait comme ça en rigolant et voilà, deux semaines après, on gagne tous les 2 ! L'histoire est belle : pendant le tournoi, j'ai suivi ses performances à distance et je l'ai félicité après sa victoire, évidemment.
Quentin a attendu 29 ans pour cocher cette case, vous, c'est fait à 22 ans — un objectif que vous aviez forcément en tête, comme tout joueur de haut niveau, et un bel accélérateur de carrière.
LVA : Ouais, c'est sûr. En fait, on en a longuement parlé avec mon équipe. Parfois, on avait un petit débat. Est-ce que tu préférais, je ne sais pas, gagner un titre ATP ou aller un peu plus loin sur certains tournois ? Et on se disait quand même que de gagner un titre, ça reste quand même le top. Ça on pourra jamais l'enlever, gagner un titre ATP c'est incroyable, je sais pas combien je vais en gagner dans ma carrière j'espère plusieurs évidemment, mais au moins un, ça c'est fait ! Je pourrais dire toute ma carrière que de gagner un titre ATP, moi c'est fait. En plus ici c'était ma première demie, puis ma première finale, c'est quelque chose que je ne suis pas près d'oublier.
Votre classement suit désormais, puisque vous êtes 48e mondial, top 50. Quelle est la suite ? Allez-vous couper un peu, et à quoi ressemble votre calendrier des prochaines semaines ?
LVA : Ouais, là je me repose 2-3 jours quand même parce que j'ai quand même eu une semaine intense. Que ce soit physiquement mais aussi mentalement puisque tous les matchs étaient vraiment des gros combats où j'ai dû aller puiser loin pour aller les chercher. Et puis après, mercredi je partirai à Montréal parce que le tableau ça commence dimanche ou lundi, le premier tour. Et derrière c'est le changement de surface et puis il y a le décalage horaire, le voyage, etc. donc je suis parti mercredi au Canada et je serai à Montréal, Cincinnati, Winston-Salem et l'US.
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Lucas Van Assche lors du premier tour de Roland-Garros 2026

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En qualifications à chaque fois ? Sur les deux Masters 1000 ?
LVA : Je suis rentré dans le tableau à Montréal, donc ça c'est cool, et à Cincinnati je suis 10 en dehors du tableau, donc ça va être un peu dur je pense, je vais plutôt être en qualif, mais ce qui est bien c'est que la liste de Winston-Salem sort ce soir je crois, là je suis assez tranquille, avec mon nouveau classement.
Pour finir, vous l'avez un peu dit tout à l'heure, mais est-ce qu'il y a un élément déclencheur qui vous aide à évoluer comme joueur ? Quel est le cheminement exact ?
LVA : En fait, souvent, ça part du fait que quand je finis un tournoi, il y a des périodes où, au fond de moi, j'ai l'impression de ne pas faire les choses à 100%, peut-être pas de la bonne manière. Parfois, j'ai un sentiment où je me dis qu'il y a un truc qui ne va pas, il y a un truc que je pourrais faire mieux. Et souvent après j'en parle avec ma famille, mes parents, qui me connaissent quand même de plus près, forcément. Mais après à force d'en parler, il y a des choses que j'arrive à peu près à sentir, mais j'arrive pas forcément à les voir au clair. Et c'est aussi bien d'en parler avec des personnes qui sont proches de moi, qui me veulent du bien mais qui sont un peu détachées, qui ne sont pas dans le centre du projet. Donc, souvent, quand j'ai des petits doutes, où je me dis "Ah, là, j'ai l'impression qu'il manque un truc, ou il y a un truc qui fait que je ne suis pas complètement performant à 100 %". Eh bien j'en parle un petit peu et on essaie de trouver des solutions. En tout cas, la première étape, déjà, c'est de trouver ce qui m'embête. Et une fois qu'on l'a trouvé, après, c'est facile à corriger.
Et pour finir, donnez-moi un exemple de quelque chose que vous avez récemment compris dans votre métier de joueur professionnel et que vous n'aviez pas forcément intégré avant. Un petit truc.
LVA : Je pense que déjà dans mon profil à moi, ce qui est très important, c'est de toujours être hyper rigoureux sur la récup. C'est quelque chose que je pouvais un petit peu bâcler, avant. Et maintenant, je sais que mon physique, ça reste un point fort. Il me permet de jouer à un niveau très élevé. Ce physique me permet de mettre beaucoup d'intensité sur les matchs. Je suis obligé de faire attention à ça pour être en forme et ne pas avoir des blessures, des petits trucs.
Sinon je pense que ce que j'ai compris, c'est vraiment l'identité de mon jeu, et que je dois la maintenir tout le temps, et si je ne fais pas cet effort, c'est ce dont on parle souvent avec Seb mon entraîneur, c'est que j'ai un jeu qui n'est pas facile, parce que je ne suis pas quelqu'un qui mesure 2 mètres, qui sert très fort, qui peut se reposer sur une arme maîtresse. Donc ce qui est bien, c'est que quand je joue d'une certaine manière, je peux être vraiment très performant et battre n'importe qui. Mais si je ne le fais pas, je peux perdre contre n'importe qui aussi. Donc ça m'oblige à être très exigeant sur certains points.
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Van Assche qualifié en demi-finale de l'ATP Next Gen.

Crédit: Getty Images

Et votre récup alors, malgré l'heure tardive hier à Estoril, l'avez-vous faite ?
LVA : Pour le moment, je ne la fais pas.
Ah voilà, des exceptions déjà !
LVA : Là c'est vrai c'était particulier, c'était assez tard, et j'ai eu beaucoup d'obligations avec les médias, les photos, etc. J'ai dû finir après 22h. Et puis on avait faim. On voulait rentrer dîner. Et ce matin, j'avais l'avion à 5h30.
Ah oui, donc vous ne vous êtes pas mis la tête à l'envers non plus, en termes de fête !
LVA : C'était bien. Après c'est dur d'aller dormir avec toute cette excitation, mais non hier surtout il a fallu bien s'alimenter, la nuit a été un peu courte, mais bon, tu te réveilles toujours plus content quand tu gagnes, c'est super !
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