ATP - Le Top 10 des matches de 2025 (2e partie) : Alcaraz-Sinner, le chef-d'oeuvre incontournable de Roland-Garros
Mis à jour 30/12/2025 à 16:18 GMT+1
Et si, afin de bien finir l'année, nous nous replongions dans les meilleurs moments de la saison écoulée sur le circuit ATP. Nous avons sélectionné dix rencontres qui, à nos yeux, ont été le plus marquantes, pour leur qualité pure, leur suspense, leur force émotionnelle ou… un peu de tout ceci réuni. Dans cette seconde partie, les matches classés de la 5e à la 1re place, avec un vainqueur évident.
A ne pas manquer : Alcaraz, Sinner, Monfils... Ils sont tous dans le top 10 des points de l'année
Video credit: Eurosport
5. Alexander Bublik – Jack Draper
Tournoi : Roland-Garros (Grand Chelem)
Tour : Huitième de finale
Date : 2 juin
Vainqueur : Alexander Bublik
Score : 5-7, 6-3, 6-2, 6-4
Tour : Huitième de finale
Date : 2 juin
Vainqueur : Alexander Bublik
Score : 5-7, 6-3, 6-2, 6-4
Tout était beau dans ce match. La manière dont Bublik, formidable de créativité, a désarçonné la puissance d'un des hommes forts du début de saison, vainqueur de son premier Masters 1000 à Indian Wells et encore récemment finaliste à Madrid. La bravoure dont il a fait preuve dans le dernier jeu en sauvant cinq balles de débreak malgré une évidente tension à la conclusion. Et son discours d'après-match, salué par une longue standing-ovation du public de Suzanne-Lenglen qui fera fondre son armure et sa réputation de joueur un peu vénal. "C'est le plus beau moment de ma vie, sans aucun doute", dira-t-il, en larmes.
L'histoire était belle, elle aussi. Quelques semaines plus tôt encore, on croyait Bublik pratiquement perdu pour le tennis. Et ce n'est certainement pas à Roland-Garros qu'on imaginait son talent exquis renaître de ses cendres, lui qui n'avait jamais été plus loin que le deuxième tour à Paris. Au lieu de quoi, il se qualifiait ainsi pour son premier quart de finale en Grand Chelem, et posait les bases d'une magnifique deuxième partie de saison qui allait le mener aux portes du top 10. Un match coup de cœur, donc, mais aussi un match fondateur.
4. Learner Tien - Daniil Medvedev
Tournoi : Open d'Australie (Grand Chelem)
Tour : 2e tour
Date : 16 janvier
Vainqueur : Learner Tien
Score : 6-3, 7-6(4), 6-7(8), 1-6, 7-6(7)
Tour : 2e tour
Date : 16 janvier
Vainqueur : Learner Tien
Score : 6-3, 7-6(4), 6-7(8), 1-6, 7-6(7)
Un inconnu du grand public avant ce match. Un héros après. Learner Tien, l'une des principales révélations de cette année 2025, a fait une entrée fracassante sur la grande scène lors de ce splendide thriller qui a duré 4h49 et qui s'est achevé à 2h54 du matin. Le tout au terme d'un scénario rempli de rebondissements, tout au long duquel le jeune Américain de 19 ans, classé 121e mondial et issu des qualifications, a fait admirer sa belle patte gauche, son sens tactique et sa bravoure pour créer l'exploit face au triple finaliste du tournoi et cinquième joueur mondial.
Tien aurait pu faire plus court puisqu'il a obtenu une balle de match dans le tie-break du troisième set, sauvée d'un ace. Digne héritier de son entraîneur Michael Chang, il a fait preuve de roublardise en laissant ensuite filer le quatrième set pour mieux se reprendre au cinquième, où le match est devenu épique. Medvedev, magnifique de résistance, a eu beau effacer un break de retard dans ce cinquième set, réussir le service-volée de sa vie pour écarter un nouveau gros danger à 5-4, ou encore mener 6 points à 4 dans le super tie-break, ça n'a pas suffi. Tien a tenu bon, pour devenir le deuxième plus jeune joueur américain à atteindre le troisième tour de l'Open d'Australie, après Pete Sampras en 1990.
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Tien élimine Medvedev en 5 sets, à 2h54 du matin : la balle de match
Video credit: Eurosport
3. Jannik Sinner – Novak Djokovic
Tournoi : Roland-Garros (Grand Chelem)
Tour : Demi-finale
Date : 6 juin
Vainqueur : Jannik Sinner
Score : 6-4, 7-5, 7-6(3)
Tour : Demi-finale
Date : 6 juin
Vainqueur : Jannik Sinner
Score : 6-4, 7-5, 7-6(3)
Dans la catégorie "match en trois sets", c'est le duel de l'année, voire plus. Une formidable empoignade de 3h16 durant laquelle Novak Djokovic, longtemps étouffé par son "clone" en version modernisée, a tout fait pour prolonger le spectacle lors d'une demi-finale qui a atteint des sommets de niveau tennistique et de charge émotionnelle, à défaut d'avoir réellement entretenu le suspense.
À 38 ans, le Serbe savait probablement, en son for intérieur, qu'il n'aurait pas les ressources physiques pour gagner, même s'il avait transformé l'une de ses trois balles de troisième set obtenues à 5-4 sur le service adverse. Mais il a formidablement étiré la nuit parisienne, pour faire honneur à sa légende bien sûr, mais aussi pour montrer sa "reconnaissance" envers le public de Roland-Garros qui l'a poussé à l'unisson jusqu'au dernier point. "Je ne crois pas avoir déjà reçu autant de soutien durant toute ma carrière", dira-t-il en conférence de presse, après avoir envoyé un baiser à la terre parisienne et porté la main sur son cœur en sortant du court. L'adieu de l'artiste ? "Je n'en sais rien. Mais si c'était mon dernier match à Roland-Garros, alors ce serait une fin magnifique."
Dans tout ça, n'oublions pas le vainqueur, Jannik Sinner, encore une fois magistral pour se hisser vers sa première finale à Roland-Garros. Mais le vrai héros de l'histoire se nommait bel et bien Novak Djokovic. Une histoire d'autant plus forte que c'est peut-être aussi ce soir-là qu'on comprit que la quête du 25e Grand Chelem resterait, peut-être, vaine à tout jamais.
2. Novak Djokovic – Lorenzo Musetti
Tournoi : Athènes (ATP 250)
Tour : Finale
Date : 8 novembre
Vainqueur : Novak Djokovic
Score : 4-6, 6-3, 7-5
Tour : Finale
Date : 8 novembre
Vainqueur : Novak Djokovic
Score : 4-6, 6-3, 7-5
Novak Djokovic a très peu joué en dehors des Grands Chelems. Mais lorsqu'il est venu sur des 250, il a fait mouche. A Genève, d'abord, pour décrocher le 100e titre de sa carrière, puis en toute fin de saison, "chez lui", à Athènes. Paradoxal, le tournoi dans la capitale grecque, délocalisée ici depuis Belgrade en raison de la brouille grandissante entre les autorités et le Djoker. Le tableau athénien était extrêmement faible. Heureusement, Djokovic et Musetti étaient là et, heureusement bis, ils ont eu la bonne idée d'atteindre la finale, où ils ont offert rien de moins qu'un des matches de l'année.
Il n'a rien manqué : ni les points extravagants ni les rebondissements improbables. Lorenzo Musetti peut nourrir des regrets, tant il a d'abord été dominateur et autoritaire. Puis la grinta incomparable et immuable de Djokovic a fini par parler et par payer, dans une fin de match réellement grandiose entre les deux hommes. C'est aussi cela, le charme d'une saison de tennis : pouvoir culminer en des lieux et à des moments où on ne l'attend pas. Offrez-vous une dose de "highlights" si vous avez manqué ce match. Cela vaut le détour.
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Djokovic indestructible face à un Musetti pourtant combatif : le résumé
Video credit: Eurosport
1. Carlos Alcaraz – Jannik Sinner
Tournoi : Roland-Garros (Grand Chelem)
Tour : Finale
Date : 8 juin
Vainqueur : Carlos Alcaraz
Score : 4-6, 6-7(4), 6-4, 7-6(3), 7-6(2)
Tour : Finale
Date : 8 juin
Vainqueur : Carlos Alcaraz
Score : 4-6, 6-7(4), 6-4, 7-6(3), 7-6(2)
On dit toujours, à juste titre, de se méfier des impressions à chaud. De fuir la fameuse culture de l'instant. Mais là, plus le temps passe, plus la magie opère. Et plus on a l'impression que les superlatifs qui avaient fleuri à chaud, à l'époque, ne sont toujours pas assez forts. Vous imaginez bien qu'il n'y a pas eu beaucoup de suspense au moment d'élire ici le match masculin de l'année. La finale de Roland-Garros entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner est bien au-dessus de ça : elle est en lice pour le concours du plus grand match de l'histoire. Au minimum top 5, et certainement pas cinquième.
Plusieurs raisons objectives à cela : déjà, bien sûr, l'identité de ses acteurs. Les deux (écrasants) meilleurs joueurs du monde, dignes héritiers du Big Three et d'un tennis tellement parfait, tellement rapide qu'on finit par se demander s'ils n'ont pas touché du doigt une forme d'évolution ultime de ce sport. Ils ont en tout cas joué ici la plus longue finale de l'histoire de Roland-Garros (5h29), dans un état d'esprit parfait, et un scénario à mettre en alerte tous les cardiologues du monde.
Au fond, ce match n'a eu qu'un seul défaut : il a un peu éclipsé tous les autres, et même les autres Grands Chelems, qui ont paru un peu fades à côté de ce Roland de folie. Pour chipoter, on dira qu'il a aussi mis un peu de temps à se lancer – mais c'est un trait commun aux plus grands matches de tennis, parce qu'il est impossible de tutoyer la perfection sur une telle durée. Au fond, il a vraiment basculé dans l'irrationnel à partir du moment où Alcaraz a sauvé trois balles de match (d'affilée) à 5-3, 0-40 dans le quatrième set. Sinner, qui les a moyennement négociées, peut sans doute avoir ici son seul petit regret. Pour le reste, il n'a pas grand-chose à se reprocher. Il a été, lui aussi, héroïque jusqu'au bout, revenant à son tour de l'enfer en effaçant un break de retard à 5-4 au cinquième set, avant de se faire crucifier dans un super tie-break joué à la perfection par l'Espagnol. Une formidable manière de conserver son titre et de parachever, avec maestria, cette symphonie majeure écrite à quatre mains.
L'avenir dira s'il s'agira de leur chef-d'œuvre ultime, ou si les deux hommes pourront pousser encore un peu plus loin les limites de leur (déjà) légendaire rivalité. Mais six mois après, en revoyant les images de leur accolade maculée de terre battue, impossible de ne pas sentir un nouveau frisson vous parcourir l'échine. Voire quelques larmes monter.
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