ATP Queen's : Roi des Challengers, Murray joue la prudence : "Les Top 10 exposent plus vos faiblesses"

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Vainqueur de deux Challengers sur gazon d'affilée, Andy Murray se présente au Queen's en confiance et avec l'objectif d'arracher le statut de tête de série à Wimbledon. Un quart de finale lui suffirait dans cette perspective, mais il sait que ce retour sur le circuit principal constituera un moment de vérité quant à son véritable niveau. L'heure n'est donc pas à l'euphorie.

Andy Murray

Crédit: Getty Images

Son retrait de dernière minute à Roland-Garros avait interpellé. D'autant plus qu'Andy Murray avait répété les semaines précédant le Majeur parisien son désir de le jouer à nouveau, un titre glané de haute lutte en Challenger à Aix-en-Provence en disant aussi long sur sa motivation. Mais l'ex-numéro 1 mondial, conscient de ses limites actuelles sur terre battue, savait très bien ce qu'il faisait et est peut-être en train d'en récolter les fruits. Depuis qu'il a mis les pieds sur gazon, il n'a pas perdu : deux tournois, deux titres, 10 victoires en 10 matches et des repères très vite retrouvés sur la surface.
Certes, cette série est à relativiser pour la bonne et simple raison que l'Ecossais l'a réalisée sur le circuit secondaire, dans les Challengers de Surbiton et de Nottingham. Alors il serait bien hasardeux d'estimer que le grand Murray, vainqueur de Wimbledon en 2013 et 2016, est de retour. "C'est vraiment dur à dire si je joue actuellement mon meilleur niveau. Je ne sais pas, parce que, sans manquer de respect aux joueurs que j'ai affrontés – je suis conscient qu'ils sont très bons –, quand vous jouez contre des Top 10, eux sont capables d'exposer un petit peu plus certaines faiblesses de votre jeu", en a-t-il convenu lui-même à Nottingham.

Les Challengers, un choix stratégique payant pour le moment

Il n'en reste pas moins que la manière est aussi intéressante. S'il avait dû batailler sur l'ocre d'Aix, Murray n'a laissé qu'un set en route lors de ses deux dernières semaines de compétition, faisant preuve d'une marge intéressante sur une surface qui ne pardonne pas la moindre déconcentration. Certes, "Sir Andy" n'a eu que trois membres du Top 100 à vaincre lors de cette série (dont une à Surbiton en deux sets contre Jordan Thompson, finaliste à 's-Hertogenbosch), mais il s'y présentait avec une certaine pression. Car il savait qu'il n'avait pas d'autre choix que d'assumer pour rester dans la course à la tête de série à Wimbledon. Un statut qui pourrait grandement lui faciliter son début de quinzaine, du moins lors des deux premiers tours.
"Quand j'ai pris la décision de jouer à Nottingham plutôt qu'en ATP250, je savais que je devais au moins gagner le tournoi et peut-être aller jusqu'en demies au Queen's pour être tête de série, parce que j'avais fait une finale à Stuttgart l'an passé. Et je me suis donné une chance. Je sais à peu près ce que j'ai à faire, peut-être même qu'un quart de finale sera suffisant (actuellement 38e mondial, deux victoires cette semaines lui assureront en effet le sésame, NDLR)", a-t-il justement observé.
Murray a donc fait le calcul suivant : pour accumuler de la confiance, il lui fallait des victoires et il lui était plus aisé de les acquérir en Challengers, même s'il n'avait pas le droit à l'erreur. Pour le moment, force est de constater qu'il a eu tout bon. Il ne pouvait pas aborder le Queen's, qu'il jouera pour la 15e fois (5 titres), dans un cercle plus vertueux. Si le niveau sera d'entrée plus relevé – il défie d'entrée Alex de Minaur qu'il n'a jamais battu en trois confrontations –, il pense avoir les armes pour relever le défi y compris physiquement, là où le bât blesse depuis sa lourde opération à la hanche en 2019.
"En termes de niveau physique, les six à neuf derniers mois ont été vraiment bons et je ne me suis jamais senti aussi bien depuis mon opération. C'est vraiment positif. Je vais m'assurer de soigner au maximum ma récupération. J'aborderai lundi comme un jour off pour me préparer pour mardi", a-t-il encore annoncé. En cas de belle semaine au Queen's, Murray pourrait envisager Wimbledon avec une ambition jamais vue depuis 2017. A 36 ans et avec une hanche en métal, l'exploit ne serait pas mince.
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