ATP 250 Marseille - Titré à l'Open 13, Gilles Simon devient le nouveau numéro un du tennis français
Publié 23/02/2015 à 00:06 GMT+1
Auréolé d'un douzième titre en carrière, et du deuxième palmarès du tennis français dans l'ère Open, Gilles Simon est en passe de retrouver un nouveau statut dans la hiérarchie du tennis tricolore. Probable futur numéro un français à l'ATP et en Coupe Davis, le Niçois est en train de devenir le leader que le tennis français n'attendait pas forcément.
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Gilles Simon, c'est le patron du moment. Vainqueur, dimanche à Marseille, de son douzième titre ATP en carrière, le 17e joueur mondial a franchi un nouveau cap dans son parcours. Ce cap, c'est une barre symbolique, même très symbolique: celle des douze titres en carrière. Avec ce CV que beaucoup peuvent lui envier, Gilles Simon dispose désormais du deuxième palmarès du tennis français dans l'ère Open, devant Guy Forget, Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, et derrière Yannick Noah, référence absolue pour le tennis tricolore avec ses 23 titres. S'il n'a pas l'aura de Tsonga, la folie de Monfils et le revers de Gasquet, Gilles Simon ne peut plus laisser indifférent en 2015.
Le nouveau Simon, c'est d'abord l'oeuvre de Jan De Witt. Depuis qu'il a rejoint la colonie de l'entraîneur allemand fin 2013, Simon a changé sa façon d'aborder une saison. Préparation foncière, travail en équipe, l'année 2014 a marqué un vrai tournant chez le Niçois, qui a remis le couvert près de Halle cet hiver. S'il fallait peut-être pointer un défaut chez ce nouveau Simon, complètement rebâti l'été dernier, c'est une résistance physique encore limitée aux efforts répétés.
En huitième de finale du dernier US Open (face à Cilic), en finale du Masters 1000 de Shanghai (face à Federer) et au troisième tour du dernier Open d'Australie face à David Ferrer, Simon a été trahi par son corps. Sa demi-finale à Rotterdam, avec le scalp d'Andy Murray à son actif, et sa victoire à Marseille, avec deux plateaux relevés, ont peut-être marqué un tournant, ne serait-ce que psychologique dans l'enchaînement. Il a souffert toute la semaine mais a tenu jusqu'au bout. L'avenir nous dira si l'Open 13 marquera un tournant ou non.
Depuis ses débuts professionnels, Gilles Simon a donc remporté douze titres sur le circuit ATP. Petit clin d'oeil de l'histoire, c'est à Marseille en 2007 qu'il a remporté le tout premier. Entre ses deux succès à l'Open 13, Simon n'a gagné au mieux qu'un ATP 500 à Hambourg, en 2011. Les onze autres trophées soulevés ne l'ont été que dans des tournois ATP 250, qui bénéficient de plateaux moindres.
Ce qu'il manque à ce palmarès, malgré tout fourni, c'est évidemment un gros titre. Simon a eu sa chance, par deux fois, en finale du Masters Series de Madrid en 2008 et en finale du Masters 1000 de Shanghai l'an dernier, dans ce type d'évènement. Avec sa forme actuelle, il peut viser un bon parcours dans ces rendez-vous. En Grand Chelem, il n'a atteint qu'une seule fois les quarts de finale: à l'Open d 'Australie 2009. Là aussi, c'est le moment idoine pour augmenter le curseur.
Gilles Simon n'a jamais eu dans ses mains le fameux statut "de numéro un français" en fin de saison. Il a pointé une seule fois devant ses compatriotes, à la fin de l'année 2008 qu'il a terminée à la septième place mondiale. Mais la méforme de Richard Gasquet en 2014, les blessures et l'inconstance de Gaël Monfils, et la longue absence de Jo-Wilfried Tsonga, ont changé la donne.
Lundi, Simon, actuellement 17e mondial, va se rapprocher de Tsonga au classement ATP. Il ne va lui manquer que 250 points pour passer numéro un tricolore. Vu ses résultats depuis août 2014, impossible de ne pas le devenir. Au niveau comptable, cela se ressent. Avec 11 succès en 16 matches en 2015, il est le Français le plus habitué à gagner. Depuis le dernier US Open, son ratio est de 22 victoires en 32 matches. De 37e mondial mi-septembre, le voici avec 20 places de mieux cinq mois plus tard.
| Victoires depuis l'US Open 2014 | Défaites depuis l'US Open 2014 | |
| Gilles Simon | 22 | 10 |
| Gaël Monfils | 19 | 7 |
| Richard Gasquet | 14 | 8 |
| Jo-Wilfried Tsonga | 6 | 5 |
Gilles et la Coupe Davis, c'est une histoire de désamour. Mais une vraie. Jamais considéré comme un numéro un, ou un numéro deux, "Gilou" a toujours joué les dépanneurs de service au sein du groupe France. Son bilan dans l'épreuve, très maigre, lui colle à la peau: seulement quatre succès en douze matches. Parmi ces succès, un seul l'a été dans un match à enjeux: en 2011 face à Stefan Koubek lors d'Autriche-France.
Les absences confirmées de Tsonga et Monfils face à l'Allemagne devraient obliger Arnaud Clément à le mettre en première ligne pour la première fois depuis quasiment deux ans. Sauf catastrophe, il sera le leader de l'équipe avec Richard Gasquet. De cinquième homme à Lille, à leader technique, Simon va faire le grand écart. "Il faut que je sois d’aplomb. Je vais essayer de gérer mon temps du mieux possible entre m’entraîner et me reposer. J’ai besoin de me ré-entraîner car il manque pas mal de choses sur le terrain.", a-t-il précisé à L'Equipe.fr au sujet de la "Davis" qu'il semble aborder séreinement. Son prochain objectif : vaincre le signe indien dans cette compétition. Un beau challenge que voilà. Et ce n'est pas Clément qui s'en plaindra.
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