Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Enfin, les chats en l’occurrence. En Floride, ils sont nombreux à espérer profiter de l’absence du "Big 3" et de Dominic Thiem, mais peu ont les références d’Andrey Rublev ces derniers mois. A l’orée de la saison 2020, Roger Federer avait fait de lui le joueur à suivre, force est de constater que l’homme aux 103 titres a eu du nez : depuis, le Russe a gagné 57 de ses 70 matches (plus de 81 % de réussite), raflant pas moins de six trophées sur cette période, et est devenu un solide membre du Top 10. De quoi désormais rêver plus grand.
Pour la première fois de sa jeune carrière, il fait partie des quatre premières têtes de série dans un Masters 1000, un statut qui, logiquement, lui permet d’envisager le dernier carré voire davantage. Oui mais voilà : si Rublev a imposé sa loi sur les ATP 500 – 4 titres à Hambourg, Saint-Pétersbourg, Vienne et Rotterdam et une demie à Dubaï dernièrement – il n’a pas vraiment brillé dans la catégorie supérieure. C’est même le moins que l’on puisse dire. En 21 tentatives, il n’a atteint qu’un seul quart de finale, c’était à Cincinnati en 2019 où il était sorti des qualifications et s’était offert le scalp… de Federer justement.
ATP Miami
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J'ai peur d'avoir peut-être de la chance ou de ne pas être assez bon
Pire, il n’a pas réussi à gagner deux matches d’affilée lors de ces quatre derniers Masters 1000. Il y a donc bien un plafond de verre à éclater pour le Russe, un verrou psychologique à faire sauter. Comment l’expliquer ? Peut-être – ce qui peut paraître paradoxal pour un joueur d’une telle qualité – à cause d’un manque de confiance en soi. "J’ai peur d’avoir peut-être de la chance, ou de ne pas être assez bon. C’est pour ça que je veux continuer à travailler pour voir si je peux rester à ce niveau pendant longtemps", a-t-il confessé à son arrivée à Miami.
Bien que très jeune encore – il n’a que 23 ans –, Rublev a déjà connu suffisamment de galères sur le plan physique pour ne pas s’enflammer. Quitte à se sous-estimer. C’est d’ailleurs à Miami que son émergence avait été retardée il y a trois ans par un coup du sort. "En 2018, je me disais ‘Oh, si tout va bien, peut-être que je serai bientôt dans le Top 20, ou même encore plus haut.’ En fin de compte, non, je me suis blessé (fracture de stress dans le bas du dos, NDLR) et je suis sorti du Top 100. Depuis ce moment, j’ai arrêté de me projeter sur le classement… Maintenant, je ne pense qu’à ce que je peux faire pour m’améliorer et c’est tout", s’est-il remémoré.

Un set pour se chauffer et Rublev a foncé vers un nouveau trophée

Une éthique nadalienne et la conviction que le travail paiera, tôt ou tard

Il n’a pourtant pas que de mauvais souvenirs en Floride. A partir de ses 11 ans, le Russe a eu l’habitude de s’y entraîner deux mois à la fin de chaque année. C’est là qu’il a développé une éthique de travail qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Rafael Nadal. Un modèle d’humilité pour lequel le doute est aussi un outil à l’origine d’une remise en cause permanente et donc de la volonté perpétuelle de progresser. En suivant cette logique, c’est-à-dire toujours tout donner et ne pas se contenter de ce qu’il a déjà accompli, Rublev sait que de plus grands succès encore l’attendent.
Sa constance l’autorise plus que jamais à croire en lui, de même que son tableau à Miami. S’il passe l’obstacle Tennys Sandgren pour son entrée en lice au 2e tour, il pourrait retrouver Marton Fucsovics au 3e, une de ses victimes préférées ces derniers temps (en finale à Rotterdam et en quart à Dubaï). A tel point que le Hongrois avait quitté le court aux Emirats en disant, non sans un certain humour, espérer ne plus recroiser la route du Russe de l’année. De quoi potentiellement emmagasiner du rythme pour la suite du tournoi.

Medvedev trop fort pour Rublev : le résumé de sa victoire

Passer un cap pour se rapprocher des Medvedev, Tsitsipas et Zverev

"Je joue toujours pour gagner, quel que soit le tournoi. Si je suis à mon meilleur niveau, j’ai de bonnes chances d’aller loin. Mais même si je ne vais pas loin ici, il y aura Monte-Carlo dans deux semaines. Et après Monte-Carlo, il y aura Madrid, Rome et Roland-Garros. J’aurai des opportunités de bien faire et nous verrons. Et au pire, si je n’y arrive pas, il y aura la fin de saison ou l’année prochaine. Nous avons tous de la pression, nous la ressentons. Et c’est intéressant de voir comment on arrive à la gérer", a-t-il encore affirmé entre ambition et volonté de dédramatiser l’enjeu du rendez-vous.
Si Rublev n’ignore pas que l’opportunité qui se présente à lui à Miami ne se renouvellera sûrement pas à court terme, il a aussi conscience de n’être pas le seul à vouloir en profiter. Battu par Roberto Bautista Agut à Doha et Aslan Karatsev à Dubaï, il n’aborde pas non plus le tournoi en ultra-favori mais en valeur sûre. C’est peut-être la position qui lui convient le mieux pour franchir un nouveau palier et découvrir le dernier carré d’un Masters 1000, voire une finale. Un stade que les trois premières têtes de série qui le devancent – Daniil Medvedev, Stefanos Tsitsipas et Alexander Zverev, les trois derniers lauréats du Masters de Londres – ont tous déjà expérimenté.
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