ATP Miami : Battu par Sinner en Australie puis Alcaraz à Indian Wells, Daniil Medvedev touche-t-il ses limites ?

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Battu en finale des deux premiers gros événements tennistiques de l'année à l'Open d'Australie et à Indian Wells, Daniil Medvedev réalise un début de saison aussi excellent que frustrant. Aussi élevé soit son niveau moyen, le Russe touche peut-être ses limites face aux cadors émergents Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. Pourrait-il à force se résigner ou au contraire surprendre à nouveau ?

"C'est quand même mieux que de perdre avant" : Le trait d'humour de Medvedev malgré la claque

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Ces cinq dernières années, il est devenu un personnage incontournable du circuit. Tant par son style improbable, sa capacité à faire déjouer ses adversaires, sa sincérité désarmante et son humour que par ses performances bien entendu. Depuis sa percée en 2019, Daniil Medvedev a rarement quitté le Top 5 mondial. Et ces derniers mois, il a même cimenté sa place dans ce qu'on pourrait qualifier de manière un brin présomptueuse de nouveau "Big 4" du tennis mondial derrière Novak Djokovic, Carlos Alcaraz et Jannik Sinner.
Il a d'ailleurs atteint les deux dernières finales en Grand Chelem à l'US Open et à l'Open d'Australie, ainsi que celle d'Indian Wells voici quelques jours. Cependant, le Russe a un problème : il ne gagne plus à la fin, même sur dur, son terrain de prédilection. Plus préoccupant encore pour lui, les deux cadors de la nouvelle génération, Alcaraz et Sinner, le battent de plus en plus régulièrement. Finaliste à Melbourne et Indian Wells, le protégé de Gilles Cervara réussit dans les faits son début de saison, mais n'est-il pas en train en même temps de toucher son plafond de verre ?
Face à Carlos, je me suis un peu senti à court de solutions
Ses propos en conférence de presse après son revers dans le désert californien ne sont en tout cas pas de nature à évacuer la question. "Je n'ai pas de regrets, je suis heureux. La dernière fois que je suis allé en finale à Indian Wells, j'ai gagné à Miami (l'an passé, NDLR), donc c'est ce que je vais essayer de faire. A mon avis, Carlos a juste réussi à hausser encore son niveau de jeu et j'ai un petit peu fatigué mentalement et physiquement. J'espère que ce n'était que ça. Mais on ne sait jamais, peut-être que j'ai perdu un peu de croyance dans ma capacité à gagner après le premier set. Pour être honnête, dans le second set, je me suis senti un petit peu à court de solutions", a-t-il confessé.
Dans les faits, Medvedev impressionne par sa constance dans l'excellence et s'améliore indéniablement. L'an passé à Indian Wells, il décriait une surface qui ne lui convenait pas car trop proche de la terre battue – dur lent et rebond haut – avant d'atteindre la finale. A l'époque, on pouvait peut-être mettre ce beau parcours sur le compte de la confiance puisqu'il restait sur trois tournois gagnés. Mais en rééditant cette performance cette saison, alors qu'il n'a plus gagné de titre depuis près d'un an (Rome en mai 2023), il a montré qu'il avait encore solidifié son niveau moyen.
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Medvedev était très bon, mais Alcaraz était intouchable : les temps forts d'une finale magistrale

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Et même en finale contre Alcaraz, le Russe a installé un bras de fer pendant un set, ce dont il avait été incapable en 2023. Il n'y a donc pas un monde d'écart. Néanmoins, au summum de leurs capacités, l'Espagnol comme Sinner semblent avoir quelque chose en plus. "Medvedev a eu deux sets d'avance contre Jannik Sinner en finale de l'Open d'Australie en jouant de manière beaucoup plus agressive qu'il en a l'habitude, constate Mats Wilander, consultant pour Eurosport. Et je pense que les tout meilleurs savent désormais comment le jouer en fonction de la surface, sauf si Medvedev essaie de leur faire plus mal. S'il joue à son meilleur niveau dans son style, il ne va pas battre Alcaraz, Sinner et Djokovic à leur meilleur, ça ne suffira plus. Ils le comprennent désormais."

Pour rivaliser, il doit forcer sa nature comme à Melbourne

En d'autres termes, en jouant son tennis, Medvedev ne surprend plus les cadors comme c'était le cas lors de son explosion à l'été 2019. A l'époque, son service de feu allié à son côté métronome, ses trajectoires de balles rasantes et sa couverture de terrain hallucinante pour un grand échalas faisaient de lui un ovni difficile à appréhender. Mais en le pratiquant, les Djokovic, Alcaraz et Sinner ont fini par exploiter quelques failles comme sa position très reculée à la relance, leur talent et leur agressivité faisant le reste. Désormais, au top de leur forme, ils ont en quelque sorte résolu l'énigme. Alors, Medvedev n'a pas le choix : il doit forcer sa nature.
"Dans le second set en finale à Indian Wells, il était un peu abattu, renchérit Wilander. Comme s'il se disait : 'Wow, ces gars progressent plus vite que moi.' Est-ce parce qu'ils ont la vingtaine ou parce que Medvedev se rapproche de la trentaine ? Ou pour une autre raison ? Je suis sûr que c'est dans sa tête et je suis sûr qu'il finira par trouver l'explication. Mais ça va être frustrant pour lui. Ça veut juste dire qu'il doit gagner tous les tournois dans lesquels il ne les affronte pas pour construire une confiance qui lui permette de tenter sa chance, de prendre plus de risques comme il l'a fait contre Sinner à Melbourne."
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Cazaux sur Medvedev "l'atypique" : "Sa qualité de retour m'a impressionné"

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Peut-être pas le meilleur, mais un stratège hors pair

En attendant, Medvedev s'est de lui-même placé en retrait. Comme s'il avait accepté cette position de quatrième homme. "Carlos et Jannik se sont déjà affirmés. Mais vont-ils gagner 9, 10, 12 Grands Chelems chacun, ce qui est fantastique, ou iront-ils chasser Novak à 25, ce qui est encore plus spécial ? On ne sait jamais. Je suis sûr que Carlos et Jannik en gagneront beaucoup, mais tant que je jouerai, j'espère que je pourrai parfois essayer de les battre parce c'est une tâche très difficile", a-t-il estimé avec humilité.
A moins que ce ne soit une manière de s'enlever de la pression ou d'en mettre sur les épaules de ses jeunes rivaux. Car Medvedev est aussi un sacré joueur d'échecs et face à des adversaires aux atouts plus percutants, c'est une qualité précieuse. A défaut de les supplanter, il n'a pas du tout renoncé à jouer les empêcheurs de tourner en rond.
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