Masters 1000 Miami | Alexander Zverev retente sa chance contre Jannik Sinner et il a tellement besoin d'une victoire
Par Laurent Vergne
Mis à jour 27/03/2026 à 21:41 GMT+1
Super choc en perspective dans la seconde demi-finale du Masters 1000 de Miami : Jannik Sinner, numéro 2 mondial, affronte Alexander Zverev, qui remontera sur le podium lundi. Pour l'Allemand, la mission s'annonce complexe. Il reste sur six défaites consécutives contre l'Italien qui, plus encore que Carlos Alcaraz, lui pose un problème insurmontable.
Alexander Zverev et Jannik Sinner à Indian Wells, en mars 2026.
Crédit: Getty Images
La chose est bien documentée, ce après quoi Alexander Zverev court, c'est toujours, et même plus que jamais, un premier titre en Grand Chelem. Histoire de pouvoir sortir de ce si peu enviable débat : ne serait-il pas le joueur le plus fort de l'histoire à ne jamais avoir remporté le moindre titre majeur ? Néanmoins, cela ne l'empêche pas d'aspirer à d'autres choses. Comme, par exemple, claquer une grande victoire dans un grand match, quand bien même celui-ci ne serait pas une finale de Grand Chelem. Mieux, ce pourrait être un préalable lui donnant plus de chances d'accéder à son rêve ultime.
Car si Alexander Zverev cale Grand Chelem après Grand Chelem, s'il a coincé au moment de servir pour le match en demi-finale à Melbourne contre Carlos Alcaraz en janvier dernier, c'est peut-être aussi, et même sûrement, parce qu'il n'a plus l'habitude de s'imposer dans ce genre de circonstances. Il n'a plus cette force de l'habitude qui, le moment venu, aide à se mettre en pilote automatique, mû que vous êtes par une conviction presque naturelle de parvenir à vos fins.
Sinner… deux ans et demi après ?
Que ce soit en Grand Chelem ou ailleurs, l'Allemand perd toujours ces manches-là désormais, et c'est un problème. Prenons les deux références actuelles, celles qui l'ont tenu à l'écart de la première place mondiale et des plus grands honneurs. Quand le duo hispano-italien a changé de braquet l'an dernier, le grand Sascha a cessé de suivre. Comme s'il était lâché à vélo sur les pentes les plus raides d'un grand col sans pouvoir assumer le rythme des deux autres. En novembre 2024, lors du Masters, il avait battu un Alcaraz certes diminué physiquement, car malade, mais il l'avait battu. Ce fut la dernière fois.
Depuis, le bilan est implacable. Il n'a certes joué l'Espagnol qu'à deux reprises ces 16 derniers mois, mais il a perdu les deux fois, dans deux demi-finales, à Cincinnati en août dernier et, donc, à l'Open d'Australie en début d'année. Jusqu'alors, il menait pourtant dans leurs confrontations directes (6-5). Mais sa vraie bête noire, son plus gros problème, c'est Jannik Sinner. Il n'a plus battu l'Italien depuis… l'US Open 2023 ! Depuis, Sinner reste sur un 6-0 contre le Hambourgeois. En 2025 et 2026, en dehors de la finale de Vienne, très accrochée (7-5 au troisième set), il a même bu la tasse à chaque fois, y compris à Indian Wells il y a deux semaines (6-2, 6-4).
Le voilà donc qui retente sa chance la nuit prochaine, toujours en demie, à Miami. "Pour moi, c'est le test le plus difficile", a-t-il admis à propos de la problématique Sinner, après sa qualification contre Francisco Cerundolo, jeudi. Pourtant, il veut y croire. "Depuis un moment, ça a toujours tourné de son côté, donc j'espère un résultat différent cette fois. Je me sens bien ici, et je vais faire ce que j'ai à faire", dit-il.
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Trop puissant, Sinner plie Tiafoe en file en demi-finale
Video credit: Eurosport
Je veux être celui qui domine les échanges
On peut tout de même légitimement se demander comment et pourquoi ce duel-ci tournerait différemment des six précédents. Mais il refuse de s'appuyer sur Indian Wells où, selon lui, il avait joué "un très mauvais match". OK. Mais il ne faut pas non plus se référer au match du Rolex Paris Masters où, malade, il avait salement dérouillé (6-0, 6-1). Nous ne sommes plus très loin du déni de réalité. Il va en tout cas devoir trouver des solutions qui lui ont systématiquement manqué depuis deux ans et demi maintenant contre le Trentinois.
Il connait la recette. Celle qui, sans être forcément suffisante, constituera un indispensable préalable : l'agressivité. Il devra lui rentrer dedans, si possible dès le début, puis au milieu et jusqu'à la fin. "Je n'ai pas arrêté de dire depuis des mois que j'essayais de jouer de manière plus agressive et je crois que ça a parfaitement marché aujourd'hui", a-t-il soufflé après son quart de finale contre Cerundolo. C'est vrai. Reste à le faire contre Jannik Sinner, dans un autre contexte. "Je veux être celui qui domine les échanges", promet-il.
Alexander Zverev est plein de bonnes intentions. C'est déjà ça. Puis, si lui-même n'est pas convaincu de pouvoir y arriver, personne ne peut l'être à sa place. Là aussi, c'est une condition sine qua non. Le reste, il le sait. Les six défaites d'affilée. Ou les 30 sets gagnés consécutivement en Masters 1000 par Jannik Sinner, de Paris à Miami en passant par Indian Wells. Le défi est immense pour l'Allemand. Mais une victoire de ce type lui ferait un bien fou. Elle ne lui apporterait certes pas de titre du Grand Chelem, pas même encore de Masters 1000, mais il a besoin de cimenter sa conviction d'atteindre un jour son Graal. Surmonter son plus gros obstacle sur son chemin, ici, à Miami, ce serait un bon début.
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Sinner était intraitable : le résumé de sa victoire face à Zverev
Video credit: Eurosport
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