Masters 1000 Miami | Arthur Fils : "Je me suis simplement dit 'OK, point par point'"

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Arthur Fils avait déjà livré quelques batailles mémorables dans sa jeune carrière, mais celle-ci fera date. Face à un Tommy Paul injouable sur son service et globalement un peu au-dessus, le Français a pu compter sur une sacrée force de caractère. Tout particulièrement au moment de s'en sortir dans le dernier jeu décisif, si mal embarqué, pour sauver ces quatre balles de match.

Arthur Fils vainqueur d'un duel épique : le résumé de sa victoire face à Tommy Paul

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Cette fois, il n'a pas été parfait. Ce ne fut pas la démonstration absolue de son match contre Stefanos Tsitsipas. Ce 6-0, 6-1 surréaliste. "Le meilleur match que j'ai joué de ma vie", avait-il dit. Non, cette fois, ce fut autre chose. Une victoire d'une autre nature. Aux tripes et à la tronche. Ce ne sont pas les moins significatives. Au-delà de sa toute première qualification pour les demi-finales d'un Masters 1000, après son bien documenté quadruple échec en quarts de finale jusqu'ici, Arthur Fils a remporté une victoire importante sur la forme, mercredi.
Les regards trop peu attentifs, ceux qui dormaient, et personne ne les en blâmera, retiendront peut-être que le Francilien a "seulement" battu Tommy Paul. Pas Carlos Alcaraz ou Jannik Sinner. C'est tout à fait exact. Mais l'Américain a joué mercredi soir à Miami à un niveau impressionnant. Il valait largement le Top 10 qu'il fut un temps au cours de l'année 2025, avant de connaître, lui aussi, quelques soucis physiques, même s'ils l'ont tenu moins longtemps éloigné des courts que son adversaire du jour.
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La force intérieure

"Je pense qu'il a joué un très, très bon tennis. Il a été à un niveau incroyable", a souligné Arthur Fils à propos de l'Américain. À tel point qu'il en est convaincu, le meilleur n'a pas gagné mercredi soir. "Il jouait mieux que moi", a concédé celui qui, lundi prochain, retrouvera le Top 30 pour la première fois depuis près de six mois. En attendant mieux. C'est vrai, Paul a évolué sur des hauteurs parfois saisissantes. Il fallait être costaud pour accepter de ne pas avoir une seule balle de break avant le 18e et dernier jeu de service (qui fut d'ailleurs une balle de match, que le Français n'a pu convertir, à 6-5 dans le troisième).
Arthur Fils a rendu une copie remarquable, lui aussi. Mais elle n'a pas été aussi immaculée. Sa fin de première manche, notamment, a viré au bouillon. Il a aligné les fautes directes, laissant filer ce premier tie-break. Mais ces victoires-là font encore plus de bien. Gagner quand vous êtes sur votre nuage, que tout rentre, que tout passe et réussi, c'est "facile". Il suffit presque de se laisser porter. Là, ce fut une autre paire de manches. Arthur Fils a montré du caractère. Un sacré caractère.
Ce n'est pas la première fois qu'il affiche cette force intérieure. Sa finale en terrain hostile à Hambourg contre Alexander Zverev, à l'été 2024, en avait déjà offert une démonstration. Le duel contre Munar à Roland-Garros l'an dernier, aussi. Il a ça en lui. Cette grinta. La "garra", comme disent les Argentins. D'où lui vient ce goût du combat ? "De l'éducation, bien sûr, dit-il. Mais aussi de tout le soutien de mon équipe. Sans mon équipe derrière moi dans le box, j'aurais perdu à coup sûr. Ils m'ont poussé de façon incroyable. Ils m'ont tellement poussé qu'au final, j'ai gagné grâce à eux."
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Comment aura-t-il récupéré ?

Ce ne fut donc jamais aussi vrai que dans ce tie-break du troisième set, qui a œuvré comme un condensé de tout ce qui avait précédé. Remettons-nous deux secondes dans le contexte. Arthur Fils vient donc de voir s'envoler une balle de match, sur sa première et unique occasion de mettre Tommy Paul en danger sur son service. Dur à avaler. Dans la foulée, l'Américain est reparti de plus belle. Dans ce jeu décisif, il a repeint les lignes dans tous les sens, jusqu'à l'écœurement. "Je crois qu'il a fait quatre ou cinq coups gagnants", soupire Arthur Fils.
La suite, c'est le héros qui la raconte : "Je me suis simplement dit : 'OK, point par point, si j'ai de la chance, je m'en sortirai, sinon, ce n'est pas grave, ce n'est pas dramatique. Je devais juste me battre jusqu'au bout et voir ce qui allait se passer." Il a vu, et Tommy Paul plus encore. Sur ces quatre balles de match, il n'y en a qu'une où il est parti à la faute. Sur les trois autres, c'est vraiment Arthur Fils qui a fait la différence. Toujours élégant dans la défaite, Paul s'est cette fois esquivé. Il était tard, le dénouement lui avait été cruel, on peut le comprendre. "Il a su finir le match, pas moi", a-t-il simplement résumé, dans une note transmise à l'ATP. Il n'y avait rien d'autre à dire.
Arthur Fils, lui, peut savourer. Depuis son retour à la compétition, début février, il avait déjà vécu quelques bons moments, mais rien d'approchant. La qualité, les émotions, la propulsion en demi-finale d'un Masters 1000 pour la première fois. "Le meilleur résultat de ma carrière", dit-il. Peut-être pas pour longtemps. Le voilà à un pas d'une finale. Jiri Lehecka l'attend. Comment aura-t-il récupéré ? "C'était dur physiquement. Les jambes font un peu mal, elles sont bien raides, mais vous savez, quand on gagne, on le ressent moins. Si j'avais perdu, je ne pourrais même pas marcher demain, ça, c'est sûr !" Vendredi, il faudra à nouveau galoper.

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