Masters 1000 Miami - "La peur a disparu" : la double libération de Jiri Lehecka

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Un an après Jakub Mensik, un Tchèque va-t-il à nouveau triompher à Miami ? Dimanche, Jiri Lehecka défie Jannik Sinner en finale en Floride. Il aura été la divine surprise de cette édition 2026, qu'il avait pourtant abordée sur la pointe des pieds. Mais il semble enfin libéré des problèmes physiques qui l'ont freiné depuis deux ans. Libéré dans son corps et dans sa tête.

Sinner, un boulevard devant lui ?

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C'est une renaissance, doublée d'une revanche et d'une belle histoire. Après une fracture de fatigue au dos qui a stoppé net sa carrière et l'a tenu éloigné des terrains pendant de longs mois, le voir en finale d'un Masters 1000 pour la première fois de sa carrière est sans doute la plus belle des manières de tourner définitivement la page. Non, on ne parle pas d'Arthur Fils. Un tel narratif aurait collé idéalement au Français, frappé par cette blessure l'an dernier à Roland-Garros. Mais il s'agit bien de son bourreau des demi-finales, Jiri Lehecka. Le Tchèque a subi la même mésaventure que Fils, une année plus tôt. Niveau pépins physiques, il a donné, mais celui-ci a été le plus sévère de tous.
Madrid, printemps 2024. Jiri Lehecka atteint les demi-finales, après avoir notamment battu un Rafael Nadal en fin de course et au bout du rouleau. Mais aux portes de la finale, contre Félix Auger-Aliassime, crac. Son dos dit stop. Abandon et début du tunnel. "J'ai eu une fracture de fatigue à une vertèbre, et ce n'était vraiment pas une partie de plaisir, témoigne-t-il aujourd'hui. J'ai été immobilisé pendant trois mois. En gros, je ne pouvais plus faire aucun mouvement. C'était une période difficile, car je suis quelqu'un de très actif, même quand je ne joue pas au tennis, j'aime bouger. Là, je ne pouvais pas."
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Sinner : "Lehecka est un joueur très très agressif"

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Nouveau visage

Il n'y a jamais de bon moment pour se blesser, mais celui-ci a été particulièrement mal "choisi". "J'ai dû déclarer forfait pour les Jeux Olympiques à Paris, ce qui a été très difficile à vivre pour moi, évoque le natif de Mlada Boleslav. Je n'ai pas joué non plus Roland-Garros ni Wimbledon et c'est arrivé juste après mon entrée dans le top 30, alors que je venais d'atteindre ma première demi-finale de Masters 1000 à Madrid. Donc ce n'était pas facile à vivre." On l'a revu à Cincinnati, en août, mais il lui a fallu du temps pour retrouver le bon tempo.
Depuis un an et demi, Jiri Lehecka n'a pas connu de rechute. Son dos l'a laissé tranquille, au contraire d'autres parties de son corps. Notamment au carrefour des saisons 2025 et 2026. En début d'année, c'est sa cheville qui a coincé. "Un truc malchanceux, plaide-t-il. Je me suis tordu la cheville. J'ai eu une petite entorse au ligament de la cheville droite, ce qui m'a gêné pendant quelques semaines. Je n'étais pas vraiment à l'aise pour glisser sur dur. J'avais un peu peur. Je n'arrivais pas à me concentrer pleinement sur mes déplacements."
Heureusement pour lui, il a également mis ce coup d'arrêt-ci derrière lui. "Je savais que ça allait venir, confie le finaliste de Miami. Mon kiné a fait du bon travail. On a amélioré ma mobilité, on a beaucoup travaillé dessus, et on continue à le faire. Et ces trois dernières semaines, je me suis senti très bien. La peur a disparu. C'est clairement quelque chose qui m'a aidé à très bien jouer ici : je n'ai plus de blocage mental." Transfiguré, il l'est en effet. Un nouveau visage. Si quelconque depuis début janvier (éliminations au premier tour à l'Open d'Australie ou encore Indian Wells, notamment), il a été impérial en Floride. On ne l'avait plus vu comme ça depuis très longtemps.
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Fils passe au travers face à Lehecka

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Objectif constance

Comme Jannik Sinner, qu'il défiera dimanche au Hard Rock Stadium, il n'a pas d’ailleurs perdu le moindre set à Miami. Mieux, il n'a même pas concédé une seule fois son service. Une vraie métamorphose. "Je me concentre simplement sur le fait de prendre jour après jour, match après match, point après point", dit-il. L'explication peut sembler basique, d'un commun éculé, mais il s'y accroche : "Je pense vraiment que c'est l'attitude qui m'aide le plus." La formule l'a en tout cas propulsé vers le meilleur résultat de sa carrière. Lundi, il sera pour la première fois dans le Top 15 au classement ATP.
Il nourrit désormais deux ambitions. La première à très court terme : succéder à Jakub Mensik, son compatriote, (avec qui il jouera d'ailleurs en double à Monte-Carlo), histoire que Miami reste une terre tchèque. Entrer dans le cercle des vainqueurs en Masters 1000 constituerait un immense bond en avant. A plus longue échéance, il aimerait surtout gagner en constance. Il en avait fait avec son staff son principal objectif pour 2026.
"Être plus régulier, insiste-t-il. D'un tournoi à l'autre, en match, mais aussi à l'entraînement. On peut avoir une mauvaise journée. Un jour où l'on ne se sent pas à 100 %, mais il faut juste se surpasser, toujours, pour avoir le sentiment d'avoir tout donné. C'est le genre d'état d'esprit que j'ai essayé d'intégrer à ma routine quotidienne, sur et en dehors du terrain. La régularité dans les résultats viendra ensuite, si j'arrive à me comporter comme ça." En attendant la constance, place au coup d'éclat. À Miami, c'est le package complet pour lui. Non seulement il se donne à fond, mais il n'a pas eu une seule mauvaise journée.
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Fils, le retour sur terre (battue)

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