Masters 1000 Miami - Quand vous arrivez au tie-break contre Jannik Sinner… vous êtes dans la panade
Par Laurent Vergne
Publié 25/03/2026 à 23:29 GMT+1
Dans l'exceptionnelle constance qui est la sienne au plus haut niveau, Jannik Sinner peut s'appuyer sur un atout majeur : les tie-breaks. Il est un maître de cet exercice aussi particulier que déterminant. Il n'y est pas injouable, mais pas loin. Le fruit de la qualité de son engagement, bien sûr. Mais pas seulement.
Sinner, un boulevard devant lui ?
Video credit: Eurosport
Dans la galaxie de ses statistiques plus ou moins folles, celle-ci est peut-être passée un peu plus inaperçue. Mais elle n'en témoigne pas moins de l'extrême efficacité de Jannik Sinner. Surtout dans les moments où cela compte le plus. Un tie-break demeure un exercice particulier. La qualité du service et la lucidité dans la prise de décisions constituent les deux mamelles d'un jeu décisif réussi. Et dans ce domaine, l'Italien excelle.
Il y a pourtant connu quelques moments douloureux. Un, surtout. Le 8 juin 2025, lors de l'inoubliable finale de Roland-Garros, Sinner a perdu les quatrième et cinquième sets contre Carlos Alcaraz sur le même score, 7-6. Un tie-break et un super tie-break. Rarissime pour lui. Mais depuis, il n'a quasiment plus rien laissé. Lors des neufs mois suivants, l'actuel numéro 2 mondial a disputé 16 tie-breaks. Il n'en a perdu… qu'un seul, en février, contre Jakub Mensik, à Doha. Pour le reste, il s'est montré impérial.
Après cette anicroche au Qatar, le Trentinois est reparti de plus belle. Dans cette tournée américaine, sa capacité à serrer le jeu dans ces fins de manches a pesé de tout son poids. Comme contre Joao Fonseca en quarts de finale d'Indian Wells et face à Daniil Medvedev en finale du tournoi californien. Dans les deux cas, Jannik Sinner s'est imposé 7-6, 7-6. À Miami, mardi, face à un Alex Michelsen accrocheur et menaçant, c'est encore de cette manière qu'il a écarté le danger.
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Deux jeux décisifs pour régner sur un nouveau Masters : comment Sinner a maîtrisé Medvedev
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Alcaraz moins en réussite
Un tel taux de réussite ne relève évidemment pas du hasard. De son propre aveu, il a toujours affectionné l'exercice. Mais ses progrès considérables au service depuis son retour de suspension jouent également un rôle significatif. Fin 2025, Sinner était même quasiment devenu un "serve-bot", presque impossible à breaker. Conséquence, quand il arrivait à six partout dans un set, il ne se sentait pas spécialement sous pression. C'est particulièrement proéminent dans les finales. A Indian Wells, à Turin lors des ATP Finals, au Rolex Paris Masters, il avait fait la différence.
Mais tout ceci est avant tout une question de feeling. Plus on avance dans le set, plus il se sent à l'aise. "Je suis quelqu'un qui aime jouer les tie-breaks, ou qui aime se retrouver à 4-4, 5-5, a-t-il confirmé mardi à Miami. J'essaie de hisser mon niveau de jeu dans les moments importants et souvent, ça m'aide, comme aujourd'hui (mardi, DLR). Bien servir dans une fin de set, c'est quelque chose de particulier. Mais je me sens bien sous cette forme de pression."
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Sinner solide contre Michelsen : le résumé du match
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La finale de Roland-Garros relevait donc quasiment de l'anomalie. Son 15-1 depuis a quelque chose d'extrême et il finira bien par perdre d'autres tie-breaks pour donner des petits frères d'infortune à celui de Doha contre Mensik. Mais si l'on prend comme point de départ le début de la saison 2024, année de sa véritable et définitive mue en grand champion, son bilan reste très impressionnant : 47 tie-breaks gagnés, 12 perdus, soit quasiment 80% de réussite. Des stats dignes d'un monstre au service, ce qu'il est aussi, même si, comme évoqué, il ne peut s'agir de l'unique argument.
À titre de comparaison, si l'on prend le cas de Carlos Alcaraz en partant pour lui aussi de l'après Roland-Garros 2025, l'Espagnol a joué 21 tie-breaks. Cinq de plus que Jannik Sinner sur la même période. L'Espagnol, pourtant exceptionnel sur cette longue période, présente un bilan juste au-dessus de l'équilibre. Il en a gagné 12 et perdu 11. Correct, mais pas extraordinaire. Plus qu'une critique envers Alcaraz, ce comparatif permet surtout de mettre en lumière les exceptionnelles dispositions de Sinner dans ce domaine. Un atout non négligeable, tout particulièrement sur surface rapide.
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