La troisième aura donc été la bonne. Frustré lors de ses finales perdues à Toronto en 2018 contre Rafael Nadal (6-2, 7-6) et à Madrid en 2019 face à Novak Djokovic (6-3, 6-4), Stefanos Tsitsipas affichait dimanche un large sourire, celui du vainqueur d’un Masters 1000, une première dans sa carrière. Cette fois, aucun des deux monstres du circuit ne lui faisait face : Andrey Rublev s’était chargé de faire le sale boulot deux jours plus tôt en sortant du tournoi l’ogre de l’ocre majorquin, 11 fois champion. Et face au Russe, novice à ce stade, le Grec n’a pas laissé passer l’opportunité.
Tout semblait réuni pour que l’heure de Tsitsipas sonne : un tableau clément, un parcours immaculé (aucun set abandonné lors de ses matches précédents) et un état de fraîcheur idéal pour aborder la finale. Mais le Grec savait que Rublev, qui l’avait battu déjà trois fois lors de leurs 6 duels sur le circuit (dont le dernier à Rotterdam), n’était pas un adversaire à sous-estimer, surtout après sa performance contre Nadal. "J’étais très nerveux avant le match. Jouer Andrey, c’est un défi très difficile en ce moment, surtout en finale (le Russe avait gagné les 7 dernières qu’il avait disputées, NDLR). Je suis vraiment fier de la manière dont je me suis comporté sur le court, malgré cette dose additionnelle de stress", a-t-il confié.
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En "grand frère", il a consolé un Rublev fatigué

Fier, il pouvait l’être Tsitsipas, lui qui a semblé tout maîtriser dans cette finale, alors que son adversaire est apparu plus timoré. Rublev l’a concédé, il se sentait très fatigué ce dimanche, après être sorti vainqueur de combats homériques jeudi et vendredi contre Roberto Bautista Agut et Nadal. Mais il a aussi sans doute moins bien géré l’événement émotionnellement, lui qui découvrait une finale de Masters 1000. Et Tsitsipas a beau avoir un an de moins, il s’est mué en grand frère réconfortant pendant la cérémonie de remise des trophées.
"Andrey, je sais que ce n’est pas facile. Je comprends parce j’ai déjà été à ta place (…). Nous allons continuer à jouer des matches comme celui-ci, pour développer encore plus ce sport ensemble. C’est important que nous soyons capables d’être dans la position de gagner ces grands titres, comme nous l’avons été aujourd’hui. Tu vas en gagner plusieurs, j’espère que moi aussi. Nous avons une longue route devant nous. Nous avons commencé l’un contre l’autre en juniors, et maintenant nous nous affrontons sur ces grandes scènes", a-t-il estimé.

Tsitsipas Ier a bien mérité son sacre sur le Rocher : le résumé de sa démonstration

C’est le seul tournoi que je venais voir quand j’étais petit. Je regardais Rafa et Roger jouer à chaque fois, donc c’est incroyable pour moi. Je ne pouvais pas m’imaginer dans cette position à mon tour
Pour le Grec, philosophe à ses heures perdues, ce sacre a une saveur particulière pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il l’a décroché "à la maison", lui le résident monégasque, mais surtout parce qu’en devenant champion à son tour, il s’inscrit dans l’héritage de ses héros et… de sa mère Julia Salnikova, qui avait remporté l’épreuve juniors en 1981 et lui a donné un supplément d’âme. "Je suis submergé par tant d’émotions et de nostalgie. Je considère cette semaine à Monte-Carlo comme la meilleure de ma vie. Je suis venu ici pour la première fois quand j’avais 6 ans. C’est le seul tournoi que je venais voir quand j’étais petit. Je regardais Rafa (Nadal) et Roger (Federer) jouer à chaque fois, donc c’est incroyable pour moi. Je ne pouvais pas m’imaginer dans cette position à mon tour", s’est-il encore ému.
Gagner Monte-Carlo est donc un accomplissement, mais ce n’est pas pour autant le couronnement d’une carrière pour un joueur de son calibre. "La saison sur terre battue ne pouvait pas mieux commencer", s’est-il encore exclamé, comme convaincu de n’être qu’au début d’une épopée. Son petit message à la caméra ne disait pas autre chose, car c’est bien l’étape suivante dont rêve Tsitsipas. L’intéressé ne s’en est jamais caché : il veut triompher en Grand Chelem.
Et si le vainqueur sur le Rocher n’est pas forcément celui de la Porte d’Auteuil, franchir ce cap ne peut que lui donner confiance pour la suite. Place aux jeunes, claironne-t-il depuis quelques jours. Au nouveau prince de Monte-Carlo d’utiliser ce tremplin pour défier le roi Nadal à Paris.
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