C’est un petit tremblement de terre. Le numéro 1 mondial Novak Djokovic a vu jeudi son invincibilité en 2021 prendre fin contre l’inattendu Daniel Evans en huitième de finale du Masters 1000 de Monte-Carlo. Pourtant très convaincant lors de son entrée en lice la veille face à Jannik Sinner, le Serbe n’a jamais véritablement su trouver son rythme face au jeu en variations du Britannique, finalement vainqueur en deux sets (6-4, 7-5) et 2h06 de jeu. Après 10 victoires d’affilée pour ouvrir la saison, le Djoker connaît donc son premier accroc. Quant à Evans, il défiera David Goffin pour une place dans le dernier carré.
Pour le voir venir, il fallait un sacré flair. Alors que beaucoup s’attendaient à ce qu'il passe potentiellement un nouveau test en quart contre Alexander Zverev, Novak Djokovic s'est arrêté brutalement (comme l’Allemand d’ailleurs) un tour plus tôt. Une sortie de route d’autant plus surprenante que son adversaire du jour n’était pas vraiment connu pour être un spécialiste de l’ocre et qu’il ne semblait pas avoir la puissance pour déborder le numéro 1 mondial sur une surface si propice aux échanges à rallonge. Mais Daniel Evans avait plus d'un tour dans son sac, et son prestigieux adversaire l'a appris à ses dépens.
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Evans a torturé Djokovic avec son slice

Même si le numéro 1 mondial n’était clairement pas dans un bon jour, il faut d’abord saluer la performance du Britannique. Car quand il a vu revenir Djokovic à 4 jeux partout dans le premier set, alors qu’il avait fait le double break d’entrée, il aurait pu s’effondrer. Beaucoup auraient d’ailleurs cédé à un certain désarroi, pas lui. Même topo quand il a cédé son engagement dès le début du second (6-4, 0-3) : sans jamais paniquer, il a suivi méthodiquement un plan de jeu qui a neutralisé avec une efficacité bluffante les velléités adverses.
Sur un court central balayé par le vent, les slices à répétition d’Evans côté revers ont empêché le Djoker d’imposer sa cadence infernale à l’échange. Mieux, le 33e joueur mondial a réussi à entrer dans la tête de son adversaire en lui offrant rarement la même balle à jouer : un coup droit décroisé par-ci, un revers recouvert long de ligne par là, quelques amorties et des services-volées pour saupoudrer le tout. Il a su totalement priver de repères son rival qui a commis un nombre incalculable de fautes à la relance côté revers (pourtant son point fort) et à l’échange (45 en tout pour 28 coups gagnants).
Djokovic a bien obtenu une balle d’égalisation à un set partout à 5-4 sur le service adverse, mais comme un symbole, son revers a encore coincé, avant que sa fébrilité et le talent de Evans ne lui fassent perdre les trois derniers jeux. Alors qu’il s’était bien préparé sur terre ces dernières semaines sur le site de Monte-Carlo (il réside à Monaco), le numéro 1 mondial ne s’attendait sûrement pas à quitter la compétition si tôt. Si ce contretemps n’a rien de rédhibitoire à un mois et demi de Roland-Garros, c’est une piqûre de rappel : rien ne remplace le rythme et la compétition, même pour le meilleur joueur du monde.

Malmené, Djokovic conserve son toucher : une amortie pour conclure un rallye et Evans applaudit

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