Masters 1000 Monte-Carlo - Finale - Ce n'est pas toujours facile d'être Carlos Alcaraz

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Sans toujours évoluer à son meilleur niveau, Carlos Alcaraz a décroché à Monte-Carlo son titre le plus important depuis l'été dernier. On ne lui pardonne rien. Il a souffert de cette constante injonction à gagner. L'Espagnol, qui a décidé de faire fi des commentaires en tout genre, a fait l'effort de se recentrer sur lui, sur son clan et de mettre à nouveau la notion de plaisir au cœur de tout.

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Nous ne le saurons que dans plusieurs semaines, au moins. Le temps aidera à mesurer l'impact et l'ampleur de ce titre à Monte-Carlo pour Carlos Alcaraz. Mais il est fort possible que cette victoire reste comme un moment important. Dans sa saison 2025, à coup sûr. Mais peut-être même un peu au-delà. Mine de rien, c'est le titre le plus important de l'Espagnol depuis Wimbledon le 14 juillet dernier. Depuis, il avait décroché deux ATP 500 (Pékin, Rotterdam), mais en Grand Chelem, en Masters 1000 ou au Masters, rien et il traversait une petite période de vaches maigres.
Il y a maldonne avec Alcaraz. Parce qu'il a déboulé avec une précocité et une maturité phénoménale sur le circuit, parce qu'il est un des deux seuls champions au XXIe siècle à avoir gagné un Grand Chelem à moins de 20 ans, parce qu'il compte déjà quatre Majeurs, on a parfois tendance à oublier que le garçon n'a pas encore soufflé ses 22 bougies. Pour un peu, il y aurait eu le déclenchement d'une alerte rouge parce que le jeune homme n'avait pas gagné de titre de premier plan depuis neuf mois. Ce n'est pas toujours facile d'être un prodige. C'est parfois injuste, d'être Carlos Alcaraz.
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Affronter les problèmes, ne pas les fuir
Il a parfois dû serrer les dents et se boucher les oreilles ces derniers temps. Alors, sans aller jusqu'à parler de revanche, cette victoire tombe à pic. "Quand vous ne gagnez pas et que les gens ont des attentes très élevées en ce qui vous concerne, ils parlent beaucoup. Ils parlent trop, même, a-t-il estimé dimanche. J'ai réalisé que je devais essayer de ne pas m'occuper de tout ce qui peut se dire sur moi. Je ne dirais pas que je suis content de leur avoir donné tort, mais je suis juste satisfait d'avoir réussi à me recentrer sur moi-même."
C'est en cela que la fin de cette mini-disette constitue une étape importante pour lui. Son sacre princier vient valider sa méthode. "Une chose que j'ai apprise ces derniers mois, a développé Carlos Alcaraz, c'est que je dois penser à moi, mon équipe, ma famille, mes proches." On l'a vu énormément échanger avec son clan tout au long de la semaine, cherchant son soutien, son appui. Celui de Samuel Lopez, notamment, qui était son entraîneur principal ici à Monte-Carlo.
"C'est le premier tournoi de l'année sur terre battue, je n'avais pas de repères, pas beaucoup de confiance, et je savais que ce serait vraiment difficile ici, que j'allais affronter des moments compliqués et que, dans ces situations, je devrais rester positif, explique celui qui sera à nouveau numéro 2 mondial lundi. Samuel m'a dit d'être toujours positif. Surtout, il a dit la chose la plus importante de la semaine : il faut affronter les difficultés quand elles se présentent. Les affronter, ne pas les éviter. Il faut y faire face, ne pas en avoir peur. Quand on en prend conscience, tout se passe bien."
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Les gens attendent probablement que je gagne presque tous les tournois
Voilà aussi pourquoi ce sacre à Monte-Carlo compte tout particulièrement pour le Murcien. Il est allé le chercher sans se promener, loin de là, mais en luttant à plusieurs reprises, y compris contre ses propres frustrations. A ce titre, sa victoire face à Arthur Fils vendredi en quarts de finale aura peut-être été la plus significative et la plus importante de toutes.
Il semble plus apaisé, au-delà de cette victoire. Presque philosophe. Ne pas être obsédé par le résultat. Ne pas s'affoler si les résultats lui échappent pendant quelque temps. Mettre le plaisir comme préalable à tout. "Quoi qu'il arrive sur le court, que je gagne ou que je perde, je dois simplement en sortir heureux. J'ai réalisé que je devais absolument ne penser qu'à prendre du plaisir, dit-il. Je ne pense plus au classement. Je continue simplement à faire ce que j'aime, ce qui me rend heureux. C'est tout. Je me suis attaché à ça fait cette semaine et que ça a payé."
Il ne voit finalement qu'un mauvais aspect au fait de démarrer en trombe sa campagne terrienne : à nouveau, personne ne lui passera rien : "Je suis presque sûr que les mois à venir seront difficiles, car tout le monde va attendre beaucoup de moi. Les gens attendent probablement que je gagne presque tous les tournois que je vais jouer sur terre battue, donc ça va être difficile à gérer, j'imagine. J'essaierai de continuer à aborder les tournois de la même manière, sans penser aux attentes. J'écouterai simplement ce que mes proches et mon équipe ont à me dire, et c'est tout ce qui compte pour moi." Sage précaution. Non, ce n'est pas toujours simple d'être aussi fort. On n'attend plus de vous que l'excellence. Presque l'anormalité.
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