Masters 1000 Monte-Carlo - Finale Carlos Alcaraz - Lorenzo Musetti - L'antisèche : Et pourtant, "Carlitos" peut faire mieux

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Ce ne fut pas toujours du grand Carlos Alcaraz à Monte-Carlo. Il a parfois souffert et lutté contre lui-même à plusieurs reprises. Mais en s'appuyant sur sa volonté et son physique de fer, c'est lui qui a raflé la mise. En ce sens, sa finale contre Lorenzo Musetti dimanche (3-6,6-1, 6-0) aura constitué le parfait résumé de son tournoi. Le meilleur est peut-être à venir pour lui.

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Le pourquoi du comment

Certains rêvent de changer le tennis pour en faire ce que le blitz est aux échecs : un format court, ultra-rapide. Si ce sport se jouait en un set gagnant, Lorenzo Musetti aurait soulevé dimanche le premier trophée de sa carrière dans un Masters 1000. Malheureusement pour lui, il s'agit encore d'une discipline où il faut savoir durer. Sur un match, bien sûr, mais plus encore sur l'ensemble d'un tournoi.
Ce fut l'énorme différence entre les deux finalistes. Carlos Alcaraz avait encore de la gomme. Musetti s'est retrouvé trop rapidement sur la jante. Magnifique pendant une manche, il a ensuite disparu de la circulation, sans une goutte d'essence dans le réservoir au-delà de la première heure de jeu. Et si l'Italien est allé jusqu'au bout par politesse, la finale, elle, s'est achevée une fois qu'Alcaraz a remporté le deuxième set. Dommage pour l'intérêt de ce duel qui promettait beaucoup et dont l'esquisse était belle, mais la dimension physique demeure primordiale, plus encore sur terre battue, qui plus est en fin de semaine.
Pour sa première finale de Masters 1000, le protégé de Simone Tartarini pourra au moins se féliciter de ne pas être passé au travers. Il a été à la hauteur de l'évènement tant que son corps lui a permis de le faire. En dehors de ce break concédé dès le premier jeu du match, il a été nettement au-dessus d'Alcaraz pendant ce premier acte, déployant un tennis d'une qualité assez formidable. Quand il est à ce niveau, l'Italien de 23 est un des meilleurs joueurs du monde, aucun doute.
On ne saura jamais quel aurait été le scénario de cette finale s'il ne s'était pas retrouvé en panne sèche au milieu du chemin. Mais il n'y a pas de "si" en tennis. Il n'y a que la réalité du terrain. C'est une fois de plus la preuve du phénomène qu'est Carlos Alcaraz. Il possède vraiment le package complet, tennistiquement, mentalement et physiquement. La façon dont il a appuyé sur l'accélérateur après son entame de match difficile pour mettre son adversaire dans les cordes puis franchement K.O., c'est tout lui. Cette capacité à trouver des solutions, encore et toujours, voilà peut-être sa plus grande force.
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Alcaraz achève un Musetti sur une jambe : la balle de titre en vidéo

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Le moment-clé

Clairement, le début du deuxième set. L'agressivité et les variations de Carlos Alcaraz pour aller chercher le break à ce moment-là ont tout changé. Il avait besoin de cette réaction car, jusqu'ici, il n'était pas dans son tennis. Trop approximatif, trop passif, inoffensif au service, il lui en manquait beaucoup. A partir de là, les points et les jeux ont commencé à défiler et il y a très vite eu un côté inéluctable à ce qui se tramait, en dépit d'une tentative de réaction de Musetti en toute fin de deuxième set.
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Demi-volée et passing de revers pour le double break : Alcaraz se réveille

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La stat : 78%

Le taux de réussite de Carlos Alcaraz en finale sur le circuit principal depuis le début de sa carrière. Le Murcien a décroché dimanche son 18e titre en 23 finales. Un ratio exceptionnel alors qu'il n'a pas encore 22 ans. A noter que sa seule petite "faiblesse" dans ce domaine tient à la terre battue : En dehors de Cincinnati il y a deux ans, il a subi toutes ses défaites en finale sur ocre, dont la toute première à Hambourg en 2022 face à… Lorenzo Musetti.

La décla : Carlos Alcaraz (sur Eurosport)

"Je ne jouais pas assez bien en début de match, ce n'était pas terrible. J'étais nerveux, j'aurais dû mieux gérer ma nervosité. Il a mieux géré la tension au début, il jouait vraiment super bien, moi, je n'étais pas dans mon assiette. Je me suis dit 'peu importe que tu gagnes ou que tu perdes, mais réagis, reste positif, continue à aller de l'avant, et ça a fini par payer."
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Alcaraz : "J'ai vu au milieu de deuxième manche que le match basculait"

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La question : A-t-on vu le meilleur Alcaraz sur le Rocher ?

Assurément, non. Ni sur cette finale ni sur ce tournoi. Arrivé à Monte-Carlo sans jamais avoir gagné un seul match ici et dans le sillage d'une sortie de route précoce à Miami, Carlos Alcaraz n'avait aucune raison d'être en confiance, qu'il s'agisse de son passé récent cette saison ou de son passif sur le Rocher. Il a commencé en perdant le premier set contre Francisco Cerundolo et a fini de la même manière contre Lorenzo Musetti. Les scores de son premier tour et de sa finale sont d'ailleurs presque identiques (3-6, 6-0, 6-1 puis 3-6, 6-1, 6-0).
Entre les deux, il est passé tout près de plier face à Arthur Fils en quarts de finale. Même contre Alejandro Davidovich Fokina samedi en demie, il a parfois alterné l'excellence et le moyen. Rien d'illogique pour un premier tournoi sur terre battue. Ce fut donc globalement plutôt du bon que du grand Alcaraz tout au long de la semaine. C'est sans doute encore meilleur pour lui de repartir avec le trophée sous le bras que s'il avait marché sur l'eau et ses adversaires du début à la fin du tournoi.

Une chose est sûre, pour le faire plier sur cette surface, il faudra être très fort, y compris et peut-être même surtout physiquement. C'est sans doute la principale satisfaction pour lui à l'heure de dresser le bilan. Puis la force de l'habitude qui est la sienne dans les moments clés d'une rencontre importante lui permet souvent de s'en tirer, même quand il n'est pas aussi dominateur qu'il le souhaiterait. Il peut et devra faire mieux. Mais quel client !
S'il n'est pas un immense terrien, son bilan dans les trois derniers tournois joués sur cette surface laisse pantois : titre (Roland-Garros), finale (Jeux Olympiques), titre (Monte-Carlo). Il envoie un message à une concurrence à la peine. Zverev est à la dérive, Djokovic s'est excusé de son piètre niveau à Monte-Carlo, Tsitsipas n'arrive plus à rien, même ici où il était devenu le roi, Ruud ne fait plus peur, même sur terre, et les autres ne sont pas des terriens. Reste le grand absent : Jannik Sinner. Le numéro un mondial doit fulminer et ruminer. En son absence, on guettait un Alcaraz triomphant. On ne l'a pas eu. Mais un Alcaraz gagnant, c'était tout aussi important pour lui à ce stade de la saison.
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Alcaraz pris à son propre jeu sur une belle amortie de Musetti : le point du 1er set en vidéo

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