ATP 500 Munich - Finale - Alexander Zverev sacré le jour de son 28e anniversaire face à Ben Shelton (6-2, 6-4)
Par Rémi Bourrieres
Mis à jour 20/04/2025 à 16:02 GMT+2
On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Le jour de son 28e anniversaire, Alexander Zverev s'est offert un petit cadeau : son premier titre de la saison 2025. Il a nettement dominé Ben Shelton (6-2, 6-4), ce dimanche en finale à Munich. Après quasiment trois mois de vaches maigres, l'Allemand retrouve enfin quelques couleurs à cinq semaines de Roland-Garros.
Alexander Zverev.
Crédit: Getty Images
Cette fois, il n'a ni tergiversé, ni hésité, ni vacillé. Il a juste foncé. Alexander Zverev a fait valoir son statut de favori du tournoi de Munich en dominant assez largement un Ben Shelton qui n'a jamais eu la moindre ouverture (6-2, 6-4 en 1h11), ce dimanche en finale. Après plusieurs semaines de doute sinon de crise, l'Allemand a donc attendu le jour de ses 28 ans pour refaire surface et s'offrir un beau cadeau : un titre qui tombe à pic, son 24ème en carrière, pour le relancer sur le devant de la scène, à quelques semaines de Roland-Garros où il aura, rappelons-le, une finale à défendre.
Entre les deux hommes, le différentiel d'expérience sur terre battue est énorme et cela s'est vu comme le nez au milieu de la figure. Shelton a certes déjà remporté un titre sur ocre, l'an dernier à Houston, mais sur la terre européenne, a fortiori la terre allemande qui est toujours assez lourde, c'est toujours une autre histoire. Pas pour rien qu'Andre Agassi demeure le dernier Américain à avoir remporté un titre sur terre battue dans un tournoi supérieur à un 250, à Rome en 2002. Ce dimanche, Shelton était très loin de lui succéder.
A aucun moment en effet, le jeune Floridien n'a été en mesure d'y croire. Il a été breaké d'entrée dans les deux sets et n'a jamais eu l'ombre d'une occasion de revenir, puisqu'il n'a pas vu la couleur d'une balle de break de tout le match. Il faut dire qu'en face, s'il n'avait pas forcément été impérial durant sa semaine, Zverev avait sorti ses habits du dimanche : costaud au service (77% de premières balles), clinique dans ses frappes, l'Allemand a semblé en gestion pendant toute la durée d'une finale qu'il aurait même peut-être pu conclure sur un score plus sec, s'il n'avait pas donné l'impression de se focaliser surtout sur ses jeux de service dans la deuxième manche.
Pour tenir le choc, avec sa filière à l'opposé de celle que l'on peut voir traditionnellement sur terre battue, Ben Shelton aurait dû sortir un match parfait, un "hourra" tennis façon Henri Leconte dans ses plus belles heures à Roland-Garros. Il aurait dû, déjà, commencer par mieux servir, ce qui n'a pas été le cas dans le premier set surtout, avec notamment ces deux doubles fautes sur ces deux premières balles de break contre lui, dans le premier jeu puis dans le septième.
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Zverev rallie la finale de Munich : sa victoire face à Marozsan en vidéo
Video credit: Eurosport
Car à l'échange, la différence de niveau était trop importante entre les deux hommes. Parfaitement campé sur sa ligne, Zverev distribuait le jeu à sa guise face à un Shelton dont les appuis sur terre s'apparentent encore, à certains moments, à ceux d'un girafon qui fait ses premiers pas à la naissance. L'Allemand l'a parfaitement vu et à su appuyer là où ça faisait mal en trouvant les zones justes et adéquates. Il a ainsi récolté un total de 21 fautes directes adverses (contre seulement sept de son côté), parfois grossières, souvent commises trop vite à l'échange en tout cas.
Pendant un temps, on a même craint à une sévère rouste pour l'Américain, qui a concédé cinq jeux d'affilée en ne sauvant que quatre petits points, entre 3-2 dans le premier set et 2-0 dans le deuxième. Heureusement, il a gardé son sourire et sa foi en lui-même pour finir plus honorablement, au prix de quelques jolis coups de patte. Peut-être aussi avec le concours de Zverev qui, à ce partir de ce moment-là, a semblé se mettre un peu plus en mode gestion.
Mais malgré ses cinq double fautes, seule petite scorie d'une feuille de match par ailleurs quasi-parfaite, l'Allemand n'a jamais été menacé, concluant avec autorité sa victoire en allant chercher le dernier point au filet, tout un symbole pour celui qui est si souvent pris en défaut d'excès de passivité.
Une victoire qui permet donc à Zverev, déjà titré à Munich en 2017 et 2018, de devenir le deuxième joueur à signer un "hat trick" en Bavière après son compatriote Philippe Kohlschreiber (2007, 2012 et 2016). Elle lui permet aussi de reprendre virtuellement la deuxième place mondiale à Carlos Alcaraz, lequel aura l'obligation de s'imposer tout à l'heure à Barcelone face à Holger Rune s'il veut rester le dauphin de Jannik Sinner. Oui, pour Zverev, les affaires reprennent et après avoir soufflé ses bougies, l'Allemand aura bien le droit de s'offrir une part de gâteau ce soir pour fêter comme il se doit ce jour de fête.
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