ATP 500 Munich - Finale - Pour Alexander Zverev, ce titre à la maison n'est qu'un petit pas, mais il était vital
Par Laurent Vergne
Mis à jour 20/04/2025 à 17:49 GMT+2
Son échec en finale de l'Open d'Australie contre Jannik Sinner fin janvier a marqué Alexander Zverev au fer rouge. Il lui aura fallu près de trois mois pour sortir de ce cercle vicieux. Sacré à Munich le jour de son anniversaire face à Ben Shelton (6-2, 6-4), l'Allemand a encore beaucoup de boulot avant de rêver à nouveau à un titre du Grand Chelem, mais il avait besoin de passer à autre chose.
Alexander Zverev titré à Munich.
Crédit: Getty Images
Mine de rien, Alexander Zverev a refermé un chapitre. Celui de la crise qu'il traversait depuis maintenant presque trois mois. Dimanche 26 janvier, Melbourne : l'Allemand entre sur la Rod Laver Arena avec l'espoir d'intégrer la caste des vainqueurs en Grand Chelem, histoire de changer de dimension et donner définitivement à sa carrière l'envergure que seul un titre majeur pouvait lui garantir. Deux heures, trois sets et une désillusion plus tard, une gifle reçue des mains de Jannik Sinner (6-3, 7-6, 6-3), il entrait dans un tunnel dont il commence peut-être enfin à entrevoir la sortie ce 20 avril.
En comptant cette finale traumatisante de l'Open d'Australie, il affichait un bilan de 6 victoires pour 7 défaites sur ses 13 derniers matches en arrivant à Munich. Deux mois de galère, de sorties de route diverses et variées, d'entrée de jeu ou très précoces, de la terre battue sud-américaine à celle de Monte-Carlo en passant par le dur mexicain ou américain. Plus rien n'allait pour Zverev, clairement touché, meurtri même, par ce troisième échec en autant de tentatives en finale de Grand Chelem.
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L'image de la finale : Quand Sinner réconforte un Zverev déconfit
Video credit: Eurosport
On a connu des mois difficiles, on n'a pas beaucoup gagné, mais on a affronté les hauts et les bas ensemble
C'est donc peu dire que cette semaine munichoise va lui faire du bien. Un titre, ça ne fait jamais de mal, mais c'est encore plus vrai à la maison, devant son public, après une période délicate. Avec, en guise de cerise sur le gâteau, cette victoire en finale face à Ben Shelton (6-2, 6-4) le jour de son 28e anniversaire. C'est son premier titre de la saison, le premier depuis son sacre autoritaire à Bercy il y a cinq mois et demi, et sa première occasion de sourire depuis un bon moment.
"On a connu des mois difficiles, on n'a pas beaucoup gagné, mais on a affronté les hauts et les bas ensemble. On a encore dix ans de travail ensemble, je l'espère", a glissé à l'attention de son staff un Zverev conscient du soulagement que constitue ce titre. Ce n'est peut-être qu'un ATP 500, mais c'eut été un challenger que l'affaire aurait été la même. Il lui fallait absolument enclencher à nouveau un cycle positif. On exagère, bien sûr, en parlant de challenger, mais le retour à la victoire, à un nouvel élan, tel était l'enjeu primordial pour le Hambourgeois.
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Sorti dès son entrée en lice, rien ne va plus pour Zverev : le résumé de sa défaite
Video credit: Eurosport
Evidemment, ce 24e trophée depuis le début de sa carrière ne règle en rien le problème de fond qui est le sien dans sa quête, vaine jusqu'ici, d'un titre du Grand Chelem. Mais Zverev avait besoin d'un nouveau départ et il fallait bien repartir de quelque part, avec quelque chose. A défaut d'être suffisant, c'était un préalable indispensable. "C'est spécial, vraiment, de gagner à la maison. Peut-être le truc le plus spécial qui existe pour moi. J'adore gagner en Allemagne", a avoué le numéro 3 mondial, sacré pour la troisième fois à Munich.
Le tournant contre Griekspoor
Qui sait, si un jour prochain Alexander Zverev parvient à ses fins en Grand Chelem, et si cet avènement devait se produire prochainement, par exemple à Roland-Garros (et c'est peut-être bien à Paris qu'il dispose des chances les plus sérieuses d'y parvenir), peut-être faudra-t-il alors se souvenir que ce sacre munichois, à l'apparence presque anodine, a joué un rôle capital. Un match, en particulier : le quart de finale contre Tallon Griekspoor, au cours duquel l'Allemand a été mené un set et un break avant de renverser la vapeur après une lutte de plus de trois heures.
C'est exactement le type de combat dont il avait besoin pour chasser de son esprit les affres de sa finale de Melbourne. Il ne songeait plus qu'à ça ces douze dernières semaines. Si Zverev était incapable de gagner ces derniers temps, c'est parce qu'il était inapte à penser et à passer à autre chose. Peut-être que c'est enfin derrière lui. "Sans vous, je serais déjà à Madrid à m'entraîner depuis deux ou trois jours. Vendredi, vous m'avez remis dans le match", a-t-il lancé dimanche au public bavarois, conscient de l'importance du moment.
"J'ai perdu beaucoup de matches comme ça ces dernières semaines, alors j'espère que ça pourra être un tournant dans ma saison", a-t-il confié. Il lui faudra bien plus qu'une victoire finale à Munich, face à des adversaires comme Tallon Griekspoor, Fabian Maroszan ou Ben Shelton pour envisager sérieusement de briguer la coupe des Mousquetaires ou un trophée du même tonneau ailleurs. Mais il lui fallait à tout prix de premier pas. C'est donc une bonne chose de faite. Le jour de son 28e anniversaire, ça ne mange pas de pain. Une page se tourne. En attendant, peut-être, décrire vraiment un nouveau chapitre.
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