Rolex Paris Masters : Un nouveau doublé Bercy-Masters ? Medvedev y croit, et plus si affinités

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ROLEX PARIS MASTERS 2021 - Après avoir pris le temps de souffler, le tenant du titre à Paris Daniil Medvedev se lance mercredi dans le sprint final de sa saison 2021 avec un objectif principal : montrer qu'il reste l'homme à battre en indoor. Une manière d'envoyer un message en vue de 2022, plus que d'espérer conquérir la place de numéro 1 mondial qui serait la cerise sur le gâteau.

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A Indian Wells, Daniil Medvedev avait heurté un mur de plein fouet. Celui d'une fatigue qui avait eu raison de l'éblouissante confiance issue de son triomphe new-yorkais, son premier titre en Grand Chelem. Le Russe était ainsi tombé en huitième de finale sous les coups d'un Grigor Dimitrov, certes très en verve, mais qu'il maîtrisait largement jusqu'à 6-4, 4-1, double break. Tout en reconnaissant les mérites tennistiques et tactiques de son bourreau bulgare, il avait aussi dévoilé avoir souffert physiquement. Le numéro 2 mondial avait besoin de repos, et il a joint les actes aux paroles puisqu'on ne l'a plus revu jusqu'à son grand retour, mercredi à Paris.
Avant de débuter la défense de son titre face au Biélorusse Ilya Ivashka, Medvedev a donc rechargé les batteries. Un choix pas anodin quand on connaît les capacités de l'intéressé, véritable stakhanoviste des courts. "Ce qui fait la différence à la fin d'une longue et difficile saison, c'est le mental et le physique. Physiquement, il faut rester fort, malgré le nombre de tournois que vous avez dans les jambes. Parfois, vous manquez de préparation. Je me sens en bonne forme sur ces deux aspects, si on peut les appeler ainsi, et je pense que c'est le plus important", a-t-il ainsi considéré en conférence de presse d'avant-tournoi.
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Pour finir fort, Medvedev s'est souvenu de sa panne de 2019

Et pour cause, du haut de ses 25 ans, le Russe a déjà une bonne expérience de la gestion des sprints finaux. Et comme tous les cadors, il a appris très vite de ses erreurs. Avant de terminer 2020 en boulet de canon, il avait connu un tout autre scénario en 2019 : un été monstrueux prolongé par un début d'automne tout aussi ébouriffant avec six finales consécutives (dont 3 titres) de Washington à Shanghaï. Mais pas de bouquet final à l'époque, plutôt une panne sèche avec quatre défaites consécutives (d'entrée à Bercy, puis trois en phase de poules du Masters).
Medvedev a donc renoncé à jouer devant son public ces dernières semaines - il ne s'est présenté ni à Moscou, ni à Saint-Pétersbourg -, ce qui a été un crève-cœur de son propre aveu, tant les occasions de jouer dans son pays sont rares. Mais il a défini des priorités pour être à la hauteur du nouveau statut qu'il a acquis cette saison, celui de rival le plus sérieux de Novak Djokovic. D'autant que le terrain lui est très favorable en indoor, comme il l'avait prouvé l'an passé avec cette série de 10 victoires (dont 7 contre des Top 10) qui lui avait offert le doublé Bercy-Masters.
"En indoor, le service et le retour ont une importance prépondérante, parce que dans le reste du jeu, nous avons chacun notre style. En extérieur, ces deux premiers coups restent évidemment fondamentaux, mais peut-être un tout petit peu moins parce qu'il y aura plus d'échanges et vous allez avoir plus de temps pour retourner", a-t-il relevé, conscient que dans ces deux domaines, il n'a rien à envier à personne. Grâce à ses qualités naturelles de contreur et sa taille (1,98 m), il a ainsi de bonnes chances de trouver rapidement son rythme, malgré sa petite pause.
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La place de numéro 1 ? "Il faut aussi que Novak perde"

Et si la perspective de défendre ses titres ne suffit pas à le surmotiver, il y a toujours cette fameuse place de numéro 1 mondial en fin d'année hypothétiquement encore accessible. Medvedev en est conscient, sans pour autant se bercer d'illusions, lui qui accuse 1 900 points de retard sur Djokovic à la Race. "Il y a beaucoup d'excellents joueurs. Zverev est en grande forme, Novak est toujours un favori quand il joue. Je veux jouer bien. Il faut aussi que Novak perde, ça ne dépend pas que de moi. Mais à Turin, s'il y a une petite opportunité, je dois peut-être le garder dans un coin de ma tête."
Entre Bercy et le Masters, il reste 2500 points à conquérir, (2750 si l'on ajoute l'ATP 250 de Stockholm auquel Medvedev ne participera pas). Pour entretenir un mince espoir de coiffer au poteau Djokovic, il faudrait donc que le Russe fasse au moins finale à Bercy et le plein à Turin (2100 points), en espérant que le numéro 1 mondial ne marque pas plus de 200 points dans le même temps. Si Medvedev réussissait le doublé, Djokovic ne devrait pas accumuler plus de 600 unités. Officiellement et mathématiquement (puisqu'il y aura toujours la possibilité de s'aligner à Stockholm), s'il échoue avant les quarts cette semaine, la course sera terminée.
Le trône sera donc difficile à atteindre à court terme. Mais le Russe sait que pour y arriver plus tard, de même que pour étoffer son palmarès en Grand Chelem, entretenir la dynamique de la gagne s'avère fondamental. Il avait d'ailleurs surfé sur la lancée de son doublé Bercy-Masters en décrochant début 2021 l'ATP Cup, puis en ralliant la finale de l'Open d'Australie où Djokovic avait mis fin à sa série de 20 victoires.

Installer la rivalité avec Djokovic

Depuis, Medvedev a pris une revanche éclatante à Flushing Meadows. Le début d'une grande rivalité ? Il a, en tout cas, entretenu le storytelling en se partageant une séance d'entraînement avec le Serbe à l'académie de Patrick Mouratoglou en amont de ce Rolex Paris Masters. "Depuis que je suis entré dans le Top 10, je ne m'étais pas entraîné avec lui. Je ne savais pas s'il s'était beaucoup entraîné ou pas. Je m'attendais à une bonne séance et c'était merveilleux. Nous avons joué pendant deux heures, disputé un set, et c'était super. Ensuite, nous avons parlé 15-20 minutes, j'adore échanger avec lui. Je pense que je peux dire que c'est un ami. En tout cas, je l'espère, c'est à lui de le dire", a-t-il confié.
Après avoir déjà qualifié le Serbe de "plus grand joueur de l'histoire" lors de la remise des trophées de l'US Open, Medvedev entretient l'idylle avec Djokovic dont il partage également l'opinion sur la nécessité de conserver secret le statut vaccinal. Une déférence qui rappelle celle de Rafael Nadal envers Roger Federer voici quelques années. Flatter le roi pour mieux le détrôner sur le court ? Voilà un scénario (une stratégie ?) qui ne lui déplairait sûrement pas.
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