M1000 Bercy - Novak Djokovic veut "botter les fesses" des jeunes "aussi longtemps que possible"
Par Laurent Vergne
Publié 03/11/2022 à 00:46 GMT+1
ROLEX PARIS MASTERS - Mine de rien, Novak Djokovic reste sur une série de 17 victoires sur le circuit. Si sa présence a été sporadique sur les courts en 2022 pour les raisons que l'on sait, le Serbe demeure la référence du tennis masculin. Et l'émergence d'une nouvelle génération incarnée et menée par Carlos Alcaraz ne fait que renforcer son envie de prouver que le patron, c'est toujours lui.
Novak Djokovic
Crédit: Getty Images
Même si elle n'est pas encore tout à fait achevée, comment résumer d'une formule lapidaire cette saison 2022 chez les hommes ? Peut-être comme ceci : Carlos Alcaraz est le numéro un mondial. Rafael Nadal est l'homme de l'année avec ses deux titres majeurs synonymes de record. Mais Novak Djokovic reste le meilleur joueur du monde.
On peut bien sûr toujours affirmer le contraire, et s'appuyer pour cela par exemple sur sa défaite en quarts de finale à Roland-Garros contre Nadal, mais c'est un peu le sentiment que laisse cette drôle de cuvée au cours de laquelle le champion serbe aura manqué deux tournois du Grand Chelem et deux fois plus de Masters 1000.
Pourtant, malgré son calendrier anémique (Bercy n'est que son 10e tournoi en 2022) et en dépit de l'absence de points pour son titre à Wimbledon cet été, il a réussi le tour de force de figurer parmi les dix premiers du classement à la Race. D'où ce qui relève peut-être plus de la sensation que de la vérité absolue mais qui demeure prégnante : oui, Novak Djokovic demeure la référence du circuit.
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C'était du très bon Djokovic : le résumé de la victoire du Serbe contre Cressy
Video credit: Eurosport
Face à Maxime Cressy, mardi, il a signé sa 26e victoire sur ses 27 derniers matches sur le circuit en compétition "officielle", soit en laissant la Laver Cup de côté. Seule exception, le quart à Roland sur la terre battue parisienne. Si sa reprise a été laborieuse après ses péripéties australiennes, Djokovic est depuis redevenu Djokovic. "Ce n'est pas un calendrier idéal mais ce sont les circonstances auxquelles j'ai dû faire face. Je devais les accepter", a-t-il confié dans un entretien qu'il a accordé à Eurosport à Bercy.
Mais à toute chose malheur est bon, même s'il aurait sans aucun doute préféré que les choses se passent différemment. "En tennis, on n'a jamais le temps parce que la saison est tellement longue qu'on joue semaine après semaine de janvier à fin novembre et cette année, j'en ai eu, relève l'ex-numéro un mondial. J'ai essayé d'utiliser le temps dont je disposais pour me reposer et passer du temps de qualité avec ma famille et travailler sur mon jeu. J'ai aimé le temps que j'avais à travailler sur des points précis en termes de tactique, et de technique, quoi qu'il en soit, il y a toujours quelque chose à travailler."
L'autre bénéfice de ces absences forcées tient à l'envie qui est la sienne. A chacune de ses apparitions, Djokovic a besoin de rappeler qu'il est toujours là. Même s'il n'avait montré aucune forme d'usure mentale, les circonstances ne manquent pas de le titiller. Surtout quand il voit un "gamin" de 19 ans sauter sur l'occasion pour s'installer sur le trône et devenir le plus jeune vainqueur en Grand Chelem depuis dix-sept ans.
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Un combat titanesque, Alcaraz survolté : revivez la fantastique demi-finale
Video credit: Eurosport
Avant la finale de l'Open d'Australie 2021 contre Daniil Medvedev, le "Djoker" avait, sur Eurosport, adressé un gentil petit tacle à la relève du tennis masculin. "On peut parler de ça toute la journée si vous voulez mais, avec tout le respect du monde, ils ont encore beaucoup de travail", avait-il asséné. Deux jours plus tard, le Serbe laminait Daniil Medvedev en finale. Depuis, l'eau a coulé, Medvedev a intégré la caste des vainqueurs en Grand Chelem et, plus près de nous, Alcaraz en a fait de même. Mais au fond, le passage de relais est encore en cours et le duo Djokovic-Nadal continue de courir devant plus qu'il ne s'accroche derrière.
Mais là encore, le "Djoker" accueille plutôt d'un bon œil l'émergence de la "Next Next Gen", menée par le jeune Espagnol. "D'abord, j'ai une très bonne relation avec eux, nous explique-t-il. J'ai du respect pour tous les joueurs de tennis et particulièrement pour ceux qui atteignent les sommets de notre sport parce que je sais ce que ça implique en termes de sacrifices, de dévouement. C'est inévitable après 15 ans de domination de Federer, Nadal, moi-même, Murray... Je pense que c'est très bon pour le tennis de voir quelqu'un comme Alcaraz devenir numéro un mondial et gagner l'US Open. De voir Rune, Sinner, etc..."
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Novak Djokovic après son nouveau titre à Wimbledon cet été.
Crédit: Getty Images
Confiant pour l'avenir du tennis
"Beaucoup de gens sont inquiets pour l'avenir du tennis après notre génération, ajoute-t-il. Est-ce que les gens continueront à regarder ? On a parlé d'âge d'or pour nous (le Big 3, NDLR), mais Borg-McEnroe, c'était aussi un âge d'or. Sampras-Agassi également. D'autres vont arriver et, aussi difficile que cela puisse paraître, je pense que c'est possible que nos records soient battus à l'avenir. Alcaraz est clairement quelqu'un qui peut dominer le tennis dans les années à venir. Donc tout ça, c'est très bon. Mais nous, les vieux, sommes toujours là."
Ce n'est plus vrai pour Roger Federer mais, dans son cas, cette concurrence nouvelle est une bénédiction pour la dernière ligne droite de sa carrière. "Je ne vais pas abandonner, promet Djokovic. Je vais faire en sorte de botter leurs fesses aussi longtemps que possible. Ils me botteront les fesses de temps en temps mais, je l'espère moins souvent que je ne botterais les leurs."
S'il peut le faire dès cet automne 2022, il ne s'en privera pas. Frais comme un gardon physiquement et psychologiquement après son année saucissonnée, il a plus faim encore que les années précédentes à cette époque de la saison. "J'ai beaucoup de bons souvenirs à Bercy et j'avais très envie de jouer ici alors j'espère pouvoir passer une excellente semaine et terminer la saison de la meilleure façon possible", conclut Djoko. Histoire de botter encore quelques derrières, plus ou moins roses. Et de confirmer cette impression : quand il est là, il est toujours le patron.
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