Masters 1000 Bercy - Finale : Novak Djokovic et son "double" Holger Rune

ROLEX PARIS MASTERS – Le monument du tennis contre un fleuron de la nouvelle génération. 16 années et 88 titres séparent Novak Djokovic et Holger Rune. L'affiche de la finale de Bercy a tout pour être déséquilibrée. Pour qu'elle ne le soit pas, le jeune Danois devra au minimum se montrer à la hauteur de ce qu'il a produit ces derniers jours. Le duel intrigue, en tout cas. A commencer par Djokovic.

Mouratoglou : Rune devra "livrer le match parfait pour gagner"

Video credit: Eurosport

Une statistique suffit parfois à énoncer le sujet d'une finale. En la matière, le mieux est comme toujours de se tourner vers Jeu, Set et Maths :
Tout est dit. Entre la légende de 35 ans et le "teenager" de 19 piges, un océan d'histoire. Heureusement pour le Danois, ceci est le résumé de l'avant-match, pas nécessairement du match lui-même. Mais c'est une façon de souligner la hauteur du mur au pied duquel se retrouve Rune. C'est une équation à deux inconnues : il devra se montrer aussi brillant que samedi en demi-finale contre Félix Auger-Aliassime tout en espérant ne pas avoir face à lui la toute meilleure version de Djokovic.
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Le résumé d'une folle demie : Tsitsipas a tout tenté, mais Djoko a encore eu le dernier mot

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"Battre Novak, c'est ce qu'il y a de plus difficile dans le tennis, rappelle Patrick Mouratoglou, l'entraîneur du Scandinave. J'allais dire surtout en indoor, mais c'est vrai sur dur outdoor, sur gazon et presque aussi sur terre battue. C'est à mon sens le joueur le plus fort de l'Histoire du tennis, parce qu'il est fort sur toutes les surfaces. Et le battre en finale de Masters 1000... Ce n'est pas une finale de Grand Chelem, mais c'est presque pareil."
Presque pareil, oui. Surtout à 19 ans. L'écart est immense entre ce qu'a vécu Holger Rune jusqu'ici dans sa carrière et ce qu'il va devoir gérer dimanche. Heureusement, le gamin n'a pas peur de grand-chose. Après tout, c'était aussi la première fois samedi qu'il jouait pour une grande finale et l'enjeu ne l'a pas perturbé une seconde. Mais une finale, c'est autre chose, non ? "On est toujours un peu plus tendu quand c'est une finale parce que c'est la cerise sur le gâteau de remporter un tournoi, admet-il. Tout dépend de la manière dont on perçoit les choses. Cela peut être un match de plus, comme les autres, mais c'est plus facile à dire qu'à faire."
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Rune impérial, Auger-Aliassime méconnaissable : retour sur leur demi-finale

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Une première finale de cette envergure, c'est souvent tout l'un ou tout l'autre : le débutant joue le feu ou passe totalement au travers. Et c'est plus souvent l'autre que l'un. Surtout quand, facteur aggravant, se dresse en face un monument aussi imposant. "Il va y croire à 100 %, promet Mouratoglou. Ce serait une première pour lui de gagner un Masters 1000, mais il en a réalisé quelques-unes depuis un mois. Il a pour lui sa jeunesse et son insouciance, il va jouer crânement sa chance."
Novak Djokovic n'attend pas autre chose. Le père "Nole", qui ne perd pas une miette de ce que cette nouvelle génération a à offrir, connaît bien l'animal : "Je le connais bien, car on s'est beaucoup entraînés ensemble sur différentes surfaces. Je l'apprécie vraiment beaucoup. Un mec sympa, une famille géniale, une équipe super autour de lui, une éthique de travail fantastique. Il mérite ses succès. Je l'ai suivi ces trois ou quatre dernières années, son ascension depuis les Challengers jusqu'au top 15 mondial. Il ne fait aucun doute qu'il est le futur de ce sport, avec Alcaraz et d'autres. J'espère juste être capable de repousser son premier titre en Masters 1000 (rires)."
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Novak Djokovic

Crédit: AFP

L'appétit et l'estomac

L'homme aux 21 Grands Chelems va même un peu plus loin. Il se retrouve en bonne partie dans le joueur et le personnage Rune. "Il me rappelle moi plus jeune, avoue le Serbe. Revers solide, grosse défense, qui ne lâche pas un point et laisse son cœur et ses jambes sur le court. C'est beau à voir et c'est bien pour notre sport en général."
Ce ne sera pas une première entre les deux hommes. Il y a quatorze mois, alors qu'il était en quête du Grand Chelem, Djokovic avait croisé le Danois en première semaine à l'US Open. "Une belle bataille en quatre sets", se souvient Djoko. Mais tout cela est loin, convient-il : "Il a beaucoup progressé depuis, ça ne fait aucun doute. Il est fit, il est jeune, il n'a pas grand-chose à perdre, il rentre dans la balle... Je l'ai vu aujourd'hui (samedi) et hier (dimanche) et c'était très impressionnant."
C'est fort, très fort ce qu'a accompli Holger Rune ces six dernières semaines et plus encore ces six derniers jours. Lui qui aurait pu, presque dû disparaître dès le premier tour contre Stan Wawrinka, face auquel il a sauvé trois balles de match ("J'ai même dit à mon coach que j'étais à 2 ou 3 centimètres de perdre au premier tour ici", a-t-il souri samedi) et battu quatre membres du Top 10 à la suite à Bercy (Hurkacz, Rublev, Alcaraz et Auger-Aliassime), est à un match d'un exploit retentissant. Mais ce sont de simples amuse-gueules en comparaison du festin gargantuesque qui l'attend dimanche. Il aura assez d'appétit pour finir son assiette, on ne s'en fait pas. Mais aura-t-il assez d'estomac ?
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3 balles de match sauvées par Rune : les temps forts de sa victoire sur Wawrinka

Video credit: Eurosport

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