Rolex Paris Masters - L'antisèche : Novak Djokovic, un sang-froid à toute épreuve

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ROLEX PARIS MASTERS - Bousculé comme rarement depuis sa reprise de la compétition à l'automne, Novak Djokovic a passé avec succès le premier vrai test de sa semaine parisienne en demi-finale contre Stefanos Tsitsipas (6-2, 3-6, 7-6). Malgré un match dont le scénario aurait pu le frustrer, il a encore ébahi par son calme dans une salle parisienne que son adversaire a pourtant embrasée.

Le résumé d'une folle demie : Tsitsipas a tout tenté, mais Djoko a encore eu le dernier mot

Video credit: Eurosport

Le pourquoi du comment

Il y a des matches dont l'analyse est moins évidente que d'autres. Et cette demi-finale du Rolex Paris Masters en fait indubitablement partie. A sens unique pendant un peu plus d'un set, elle semblait limpide de prime abord, tant Novak Djokovic imposait sa loi, à l'image de ses tours précédents. Et puis, Stefanos Tsitsipas s'est révolté et la bataille que l'affiche promettait a démarré, pour le plus grand plaisir d'un public d'autant plus ravi qu'il avait été aussi frustré qu'impressionné par la démonstration de Holger Rune face à Félix Auger-Aliassime en ouverture de programme.
Mais s'il y a eu match, si la qualité de jeu a indéniablement été au rendez-vous, le dénouement a pris presque la forme d'une évidence. Certes, un tie-break, décisif qui plus est, comporte toujours une part d'incertitude. Oui, Tsitsipas est celui qui a pris la première option dans cet ultime jeu en faisant le mini-break à 3 points partout. Oui encore, Djokovic a montré quelques signes de lassitude à l'échange, notamment côté coup droit. Et pourtant, le voir s'en sortir n'avait pas grand-chose de surprenant. Là est tout le paradoxe.
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Djokovic vient à bout de Tsitsipas : "fatigué mais heureux"

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Le sextuple vainqueur et tenant du titre avait pourtant toutes les raisons de s'agacer de la tournure des événements. Non seulement à cause de son léger relâchement en milieu de deuxième set alors qu'il maîtrisait totalement les événements, mais aussi et surtout par son incapacité à convertir ses occasions dans ce troisième set à suspense. A 1-1 comme à 4-4, il a mené par deux fois 15/40 sur le service adverse, mais a vu ces quatre balles de break lui filer sous le nez.
Mais le Serbe n'a pas montré de signe d'agacement, comme persuadé que son heure viendrait. Jamais il n'a d'ailleurs été mis en danger sur son service dans ce troisième set de tous les dangers, alors que Tsitsipas allait chercher à merveille le public. Et c'est sans doute sa plus grande force : cette faculté à rester "cool" sous pression pour surgir au moment propice. Plus c'est chaud sur le court, plus il a la tête froide. On a beau le savoir, cela reste bluffant.

Le moment-clé

Il y en a eu plusieurs, forcément dans un match qui se termine au tie-break décisif. A commencer par la révolte de Tsitsipas quand le Grec, mené 6-2, 1-0, 0/30, qui restait sur cinq jeux perdus, a enchaîné quatre points pour chauffer à blanc pour la première fois le public parisien.
Mais le dernier tournant de la partie est évidemment à mettre au crédit de Djokovic. Alors qu'il mène 5 points à 4 dans le tie-break, le Serbe est poussé dans ses retranchements, dominé à l'échange. A l'instinct, il reste alors du bon côté sur l'ultime offensive en coup droit décroisé de Tsitsipas (ou celui-ci se trompe, selon le point de vue) et décoche un passing plongeant qui fait rater son rival et lui offre deux balles de match. Il conclura sur le point suivant les débats d'un smash autoritaire.
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L'incroyable défense de Djokovic pour s'offrir deux balles de match

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La stat : 4

Si Tsitsipas a tenu la dragée haute à Djokovic dans cette demi-finale, il a pourtant eu bien des difficultés à représenter une réelle menace à la relance. Dans les deux sets qu'il a gagnés, le Serbe n'a ainsi perdu que quatre minuscules points en tout sur son service (1 dans le premier et 3 dans le troisième). Avant le tie-break décisif, il n'en avait même perdu que 2 dans ce fameux dernier acte. Cette aisance au service est un des éléments-clés pour expliquer le calme remarquable dont il a su faire preuve jusqu'au bout.

La décla : Novak Djokovic

"J'ai très bien commencé ce match. Après, il a trouvé des solutions, il a élevé son niveau de jeu et, à un moment, c'est devenu difficile pour moi de trouver le coup juste. Mais c'était bien que le match se joue comme ça au dernier moment, sur le dernier coup. L'ambiance était fantastique."
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Revers gagnant et regard déterminé : Djokovic ne laisse rien passer

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La question : Djokovic a-t-il passé le test dont il avait besoin ?

Jusqu'ici, c'était presque trop facile. Novak Djokovic déroulait son tennis, avec une marge presque écœurante pour ses adversaires. Parlez-en à Lorenzo Musetti, écrasé sans ménagement en quart de finale (6-0, 6-3), qui était sans doute reparti du court central de Bercy terriblement frustré vendredi soir car totalement empêché d'exprimer son tennis. Et ce samedi, le Serbe a d'ailleurs commencé sur la même cadence infernale sa demie avec notamment une minuscule faute directe commise dans le premier set.
Mais sa capacité de réaction dans la difficulté n'avait donc pas été testée jusqu'ici. C'est donc désormais chose faite. Confronté à un rival qui a su se défaire de la pression constante qu'il imposait, le "Djoker" a souffert, contrarié aussi bien dans la lutte psychologique que physique sur le court. A plusieurs reprises, on l'a vu reprendre son souffle avec difficulté, lui qui affichait une fraîcheur remarquable depuis le début du tournoi.
Djokovic a donc plié, mais il n'a jamais rompu. Un grand classique quand on connaît l'animal certes, mais dont l'efficacité n'est jamais (ou quasiment) démentie. Ce genre d'épreuve est de nature à renforcer sa confiance et à lui apporter les dernières informations dont il avait besoin avant la finale dont il sera forcément le favori.
Pour Holger Rune, il s'agira sans doute de prendre le problème dans l'autre sens : Djokovic a eu le dernier mot mais il a montré quelques petites failles, dont une baisse d'intensité dans le deuxième set, qu'il pourrait éventuellement exploiter... si le Serbe lui en donne l'occasion dimanche.
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